Festival Avignon off 2026, nos recommandations

Festival Avignon off 2026, nos recommandations

Festival Avignon off 2026, nos recommandations

Festival Avignon off 2026, nos recommandations

21 juillet 2026

Le Festival d'Avignon, c'est une promesse aussi vertigineuse qu'intenable : plus de 1700 spectacles, des dizaines de théâtres et l'impression qu'il faudrait plusieurs vies pour tout voir. Voici une sélection (non-exhaustive) de nos cinq jours à arpenter les salles, au hasard ou sur recommandation. Seul-en-scène, cirque, satire sociale, policier, documentaire... voici les spectacles qui nous ont marqués, enthousiasmés ou, parfois, laissés plus sceptiques.

Notre coup de cœur Avignon off 2026 : Panaris

Panaris - photo © Llawen Carbonnell

Panaris – photo © Llawen Carbonnell

Quel rapport entre une bande d’amis, un panaris, un saumon et Pierre Bourdieu? Ou, pari un peu fou, comment faire d’une comédie sur les déterminismes sociaux l’un des spectacles les plus drôle du Off ?

Avec une inventivité et un sens du burlesque impressionnants, la jeune compagnie GR21 nous oblige à regarder autrement ce qui façonne nos goûts, nos choix et nos trajectoires. Sommes nous vraiment libres? Une réflexion sur le déterminisme social menée par une écriture brillante et un sens de l’humour remarquable. L’intelligence du propos ne prend jamais le pas sur le plaisir du jeu. Une prouesse, et notre immense coup de cœur du off.
Panaris, 13h40 au théâtre des Carmes

On a adoré (dans l’ordre) :

Bigre - Festival Avignon off 2026

Bigre – Festival Avignon off 2026

  • Bigre : un gros homme, un maigre et une blonde pulpeuse sont voisins de chambre de bonne et ratent… tout ce qu’ils touchent. On a adoré découvrir ce mélo burlesque et sans parole, qui fait un carton depuis sa création.
  • Zaï zaï : de la BD éponyme, la cavale absurde d’un homme qui a oublié sa carte de fidélité au supermarché. Une satire hilarante de notre société médiatique et consumériste, réinterprétée avec brio par la compagnie Collectif Mensuel autour d’un roman-photo filmé et directement sonorisé au plateau. Pour ceux qui viennent munis d’un poireau, une place achetée, une place offerte.
  • Thelma, Louise et nous : trente-cinq ans après la sortie du mythique Thelma et Louise, deux jeunes femmes prennent la route pour confronter le mythe du film à leur propre époque. On brise le quatrième mur et c’est bien pensé, enlevé et rafraîchissant.
  • Rumba : quel conteur hors-pair que ce David Murgia, qui narre une étourdissante fresque de portraits d’hommes aux destins cabossés. Un hommage émouvant et majeur aux migrants, aux marginalisés et aux invisibles, magnifiquement accompagné par quelques interludes d’accordéon live.

On aurait adoré voir :

  • Pépée, une histoire sans chute : à travers le portrait d’une mère incandescente, une femme remonte le fil de son enfance.
  • Zoom : succès en 2025 pour ce seul en scène qui raconte l’histoire de cette mère prête à tout par amour pour son fils.
  • Chimère : épopée intime et fantastique sur la PMA et la création de la vie.
  • 5 secondes : c’est le temps pour une mère de confier son enfant à un inconnu sur le quai d’un RER et de disparaître. C’est l’histoire d’une nuit d’errance, celle d’un homme et d’un enfant, victimes collatérales de la folie ordinaire.

Et aussi : La nuit du 14 chez Léonie, Le chœur des femmes, Les Glaces, Olympe(s), Mécanique d’une famille, Lost in Vatican, Monstre-moi, Le Projet Barthes, La vie et la mort de Jacques Chirac.

 

On avait vu à Paris et on recommande :

  • Le Chant des lions : la naissance du Chant des partisans à travers une histoire d’amour et un engagement dans la Résistance. Succès du théâtre Tristan Bernard cet hiver, surtout quand c’est la lumineuse Marina Pangos, récompensée du Molière de la révélation féminine 2026, qui interprète Germaine Sablon.
  • Sissi Von Vart : dans la loge d’une drag-queen au crépuscule de sa carrière, surgit une jeune avocate en perte de repères. Un beau et lumineux face à face sur la transmission et l’acceptation de soi.

On valide :

Terces - Festival Avignon off 2026

Terces – Festival Avignon off 2026

  • Terces : quelle bête de scène que ce Johann Le Guilherm et sa galerie de structures crées de toutes pièces pour défier les lois de la physique et nos capacités d’observation.
  • Arcanes : la puissance des textes de Nelly Arcan à l’aune du mythe de Méduse et des figures mythiques de la féminité. Une mise en scène originale autour du corps et des injonctions à la beauté, servie par une lumière magnifique.
  • Après la fin : un huit-clos haletant et bien mené sur l’emprise psychologique dans une atmosphère de fin du monde. Un poil érotique, ce qui (Dieu merci!) ne dessert pas le propos.
  • L’affaire du tueur de l’ombre : l’obsession d’un inspecteur qui traque sur un tueur en série qui a terrorisé l’Oise dans les années 1970. La vraie force : une construction dynamique et haletante du cheminement de l’enquête (plus que la révélation finale).

On n’a pas adhéré :

  • Rouge pute : un témoignage sur les violences conjugales, en musique. Sur une reco de Télérama, on se dit pourquoi pas ? Le texte est pauvre, la batterie et le saxophone rendent la chose absolument dissonante. Seul spectacle où l’on part en cours de route…
  • La Horde du Contrevent : on reconnaît la gageure qu’est l’adaptation théâtrale en 1h20 de la dystopie de Damasio. Mais la performance physique et sonore n’arrive hélas pas à compenser le manque criant de progression dramatique. Résultat : un récit décousu et peu lisible pour les non-initiés. Dommage.
  • Cœur de chien : on s’installe, curieux de cette recommandation de l’Humanité, adaptation du livre éponyme de Mikhaïl Bougakov. Un savant visionnaire et un peu fou repousse les limites en transformant son chien en homme, non sans accrocs. Quel regret que l’interprétation soit trop falote pour emporter l’adhésion, et que l’esthétique n’aille pas au bout de son audace, tant certaines trouvailles, comme ce commissaire coiffé par un abat-jour, pallient le manque de moyens par une véritable inventivité.

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