Exposition Marilyn Monroe, mythe et réalités

Exposition Marilyn Monroe, mythe et réalités

Exposition Marilyn Monroe, mythe et réalités

Exposition Marilyn Monroe, mythe et réalités

6 mai 2026

Jusqu'à la fin du mois de juillet 2026, la Cinémathèque française célèbre Marilyn Monroe à travers une exposition qui part à la recherche de Norma Jean Baker, actrice pétillante et sensible, éclipsée par le mythe inévitablement déformant de Monroe, la pin-up superstar. L'occasion de revenir sur les images iconiques d'une carrière figée prématurément pour l'éternité et de s'interroger sur les mécanismes de fabrication d'un sex-symbol façonné par l'industrie hollywoodienne selon les fantasmes masculins dominants de l'époque.
Entrée de l'exposition Marilyn Monroe
Exposition Marilyn Monroe
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Mise sur pose

Immortalisée dans sa robe blanche au-dessus d’une bouche d’aération de Manhattan, les mains soigneusement positionnées pour éviter une vision que la morale cinématographique – et la morale tout court – de l’époque ne saurait tolérer. Telle est l’image iconique du film Sept ans de réflexion (1955) de Billy Wilder qui vient à l’esprit de beaucoup lorsque le nom de Marilyn Monroe est évoqué.

Un visuel emblématique qui résume parfaitement la contradiction entourant l’actrice. Cette pose suggestive retenue pour faire la promotion du film n’y figure pourtant pas. Cette image façonnée comme beaucoup d’autres participe à la construction d’un mythe autant qu’elle nous éloigne de la femme derrière l’actrice.

Exposition Marilyn Monroe

À l’ombre du mythe

Avec une exposition de près de quatre mois, la Cinémathèque française propose de lever le voile sur le mythe en célébrant la star et en revenant sur les rôles d’une actrice trop souvent éclipsée par sa propre mythologie. « Je peux être intelligente quand c’est important, mais la plupart des hommes n’aiment pas ça. » Cette réplique malicieuse du film Les hommes préfèrent les blondes (1953) de Howard Hawks résume avec un mélange d’humour et de fatalisme la dualité d’une actrice qui n’est pas dupe du rôle qui lui est assigné, réduite à une sympathique idiote terriblement sexy.

Cette image de sex-symbol soigneusement créée par les studios éclipse dans l’esprit collectif la courte carrière de l’actrice à Hollywood qui se dévoile de 1946 à 1962. L’exposition revient sur cette trajectoire furtive à travers des extraits de films, le matériel publicitaire de l’époque et les vêtements incontournables de sa garde-robe. Signe de l’héritage laissée par la star, des portraits d’artistes reconnus (Eve Arnold, Richard Avedon, Andy Warhol…) montrent à quel point Monroe devient une icône de son vivant.

Ces tableaux font écho aux actualités d’époque dans lesquelles les moindres gestes et déclarations de la star sont scrutés. Sa mort prématurée à 36 ans, tragique et pour certains mystérieuse, vient renforcer le mythe. Une salle inspirée de la culture ballroom avec une installation à plusieurs écrans très réussie permet de s’immerger dans les doubles de Marilyn. Des incarnations, hommages et avatars, fruits d’une pop culture qui ne cesse de recycler et célébrer l’héritage culturel de l’actrice.

Exposition Marilyn Monroe

De toutes pièces

En 1945, Monroe s’échappe de sa condition d’ouvrière en devenant modèle. Moins d’un an suffit pour que la Twentieth Century Fox utilise dans un film son aura de femme érotisée sans jamais être vulgaire. Sagement scandaleuse, Monroe est sur le fil des contradictions hypocrites de l’époque. Cette image façonnée dès le départ par les studios continue d’être une matière première pour les nombreux biographes qui se sont penchés sur le cas Monroe.

L’exposition invite à prendre ses distances avec ces visions d’un corps à la blondeur fabriquée qui en disent au final moins sur l’actrice que sur les fantasmes de l’époque. Un siècle après sa naissance, le mystère Monroe reste entier. Au-delà de l’actrice, l’exposition propose de considérer le mythe comme une construction culturelle, composée de témoignages parfois contradictoires.

Ce parcours est autant une redécouverte de l’actrice qu’une exploration des mécanismes de starification qui brouillent les pistes et dépossèdent l’actrice de ce qu’elle choisit de renvoyer au monde. Pin-up ultime, Monroe symbolise et pâtit des contradictions de la société des années 50, à la fois puritaine et obsédée par une sexualité, guidée à l’écran pendant sa courte carrière par les règles du code Hays.

Exposition Marilyn Monroe

Réhabiliter l’actrice ?

Phénomène culturel mondial, le mythe Marilyn se résume parfois à une somme d’images qui a, peu à peu, éclipsé ses rôles. Les différents extraits présentés dans l’exposition, invite à (re)découvrir et à reconsidérer l’actrice derrière l’étendard encombrant de la star. Les extraits choisis tentent de casser l’idée selon laquelle Marilyn Monroe n’était qu’une bonne actrice de comédie ou qu’elle ne jouait que son propre rôle. Une conception injuste relayée par de grands réalisateurs comme Fritz Lang ou encore John Huston quand ce n’est pas l’écrivain Arthur Miller qui a partagé sa vie.

Les extraits proposés invitent à traquer les subtilités de jeu de l’actrice dans ses divers rôles. Car, malgré des apparitions parfois brèves, Marilyn Monroe ne saurait être réduite à des rôles de « blondes idiotes » ou de vamps provocantes et séductrices. L’exposition cherche à détourner un instant le regard d’une sexualisation aveuglante, argument commercial des studios, et à poser un regard neuf sur un travail d’actrice trop facilement snobé. Un mise à distance d’autant plus facile lorsqu’elle joue dans des comédies populaires où la naïveté du rôle colle à la peau de l’actrice.

Exposition Marilyn Monroe

Émancipation impossible ?

Avec le stigmate de la blonde écervelée, Marilyn Monroe aura bien du mal à imposer une autre image. Plus parodique, Sept ans de réflexion lui permet pourtant de se détacher un peu d’une naïveté au premier degré, pour ceux qui veulent le voir. Avec Bus Stop (1956) de Joshua Logan, l’actrice tente un revirement plus radical encore. Une proposition plus dramatique qui lui vaut une nomination aux Golden Globes et un changement de regard sur ses capacités d’actrice. Un début d’émancipation pour la blonde hollywoodienne la plus célèbre au monde ? Malheureusement sa disparition tragique laisse cette question en suspens.

Naïve au QI de génie, victime des studios en quête d’émancipation, sex symbol en avance sur son temps… Marilyn Monroe incarne, souvent à son corps défendant, des contradictions qui font encore d’elle un mythe difficile à déchiffrer. Impossible de dissocier son image publique de ses rôles et inversement dans une spirale qui rend son identité insaisissable. Plongée dans l’héritage de l’actrice, l’exposition de la Cinémathèque française permet de rassembler quelques pièces du puzzle Monroe, iconiques ou plus intimes, pour tenter de dialoguer avec Norma Baker.

Infos pratiques :
Exposition Marilyn Monroe
Du 8 avril au 26 juillet 2026
La Cinémathèque française
51 Rue de Bercy
75012 Paris

Plein tarif : 14 €
Tarif réduit : 11 €
18-25 ans : 11 €
Moins de 18 ans : 7 €
Libre Pass : Gratuit

Horaires
Lundi : 12h – 19h
Mardi : Fermé
Mercredi à vendredi : 12h – 19h
Samedi à dimanche : 11h – 20h

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