Accélérateur de particules : la peur du trou noir

Une citoyenne allemande a demandé à la justice de son pays de mettre un terme aux recherches du CERN. Elle craignait que les expérimentations scientifiques menées en Suisse ne détruisent la Terre. Elle a été déboutée.

Arrêter les recherches du Centre européen de recherche nucléaire (CERN) avant qu’il ne soit trop tard. Empêcher que la Terre ne soit avalée par un mini-trou noir. La demande est surprenante et pourtant, c’est bel et bien sur cela que le haut-tribunal administratif de Münster, en Allemagne, était appelé à statuer mardi 16 octobre.

L'accélérateur de particules. | Photo Cern  

La plaignante, une citoyenne allemande résidant en Suisse, a effectivement sollicité l’intervention de la justice pour que les recherches menées au sein du centre basé à Genève soient interdites. Au cœur de ses inquiétudes, il y a une machine : le plus puissant accélérateur de particules au monde. Un engin qui doit permettre aux scientifiques de découvrir quels sont les secrets de l’origine de l’univers, en recréant les conditions qui ont immédiatement suivi le big bang.
Si le sujet fascine toute la communauté scientifique, il suscite de multiples craintes chez l’intéressée. La plus grosse : que ces expérimentations ne dérapent et génèrent un trou noir dans lequel nous mourrons tous. La justice l’a finalement débouté, considérant que, « de l'avis d'une majorité de scientifiques, les recherches du CERN ne présentent pas de danger potentiel ».

Reste à savoir si elle en restera là : en 2010, comme le rapporte La Dernière Heure, elle avait déjà déposé un recours devant la cour constitutionnelle allemande pour les mêmes raisons. Sa "trounoirophobie" ne semble pas vouloir se calmer.