La Mondaine, légendaire et sulfureuse

mardi 6 mars 2012 | Anthony Renaud

Deuxième acte de notre série sonore consacrée au 36 quai des Orfèvres avec l'immersion dans la brigade mondaine, la police des mœurs. Une brigade, à la mauvaise réputation, qui surveille et s'acoquine avec le monde du sexe et de la nuit. Parce qu'au début du XXe siècle, les renseignements utiles à la police abondent dans les maisons closes.

Après Alphonse Bertillon et sa méthode d'identification des délinquants, Citazine continue à mener sa petite enquête au 36 quai des Orfèvres à l'occasion de la sortie du livre Histoire du 36 illustrée, de Claude Cancès1 et Charles Diaz. Cette semaine, retour sur la Mondaine, « la brigade de toutes les turpitudes » comme l'a surnommée Roger Le Taillanter, commissaire, qui a dirigé cette institution entre 1970 et 1974.
La brigade mondaine, créée en 19012, ce n'est ni plus ni moins que la police des mœurs, qui lutte officiellement contre le proxénétisme : elle observe et surveille les maisons closes – qui se multiplient au début du XXe siècle – pour « pénétrer les milieux d'apparence élégante »3. Pour mieux surveiller les gens du Monde.

Dans le Paris nocturne, souvent glauque, elle contrôle la prostitution, strictement réglementée à l'époque. Un contrôle du Milieu qui fait de la brigade mondaine un véritable service de renseignements : dans ces fameuses "notes blanches", ses agents collectent et répertorient quotidiennement des informations sur les voyous, les hommes politiques et les financiers. Les informateurs ? Les proxénètes eux-mêmes, les prostituées. Les tenancières aussi sont des indicateurs et permettent la surveillance de la clientèle. Des renseignements qui sont autant de moyens de pression, la garantie de fermer les yeux sur certains agissements en échange d'une info.

Pour Citazine, Charles Diaz, contrôleur général à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), historien et ancien du "36" revient sur l'histoire de cette brigade pas comme les autres. Une brigade légendaire qui fréquente le monde du sexe et de la nuit. Un service à la réputation sulfureuse, souvent accusé d'être composé d'agents corrompus.

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« Les gars de la Mondaine doivent officiellement disposer d'un smoking pour participer à des soirées chics sans se faire remarquer »

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« Dans les années 60-70, avec l'arrivée en masse de drogues dures, la répression du trafic devient de plus en plus important »

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La Mondaine, un véritable service de renseignements pour la Police judiciaire ?

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Les "notes blanches", habituellement faites par les Renseignements généraux, sont aussi une particularité de la Mondaine...

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> Histoire du 36 illustrée, Claude Cancès et Charles Diaz, Editions Jacob-Duvernet.
> A lire (et à écouter), Bertillon, révolution et police scientifique, le 1er épisode.

> A lire également sur Citazine « Etat, Eglise, Bordel », sur les maisons closes.

  1. 1. Ancien directeur de la Police Judiciaire de Paris.
  2. 2. En 1975, la Mondaine devient la Brigade des stupéfiants et du proxénétisme (BSP), selon le souhait de Michel Poniatowski, ministre de l’Intérieur.
  3. 3. Propos de Xavier Guichard, directeur de la PJ parisienne (1930).
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