Ceci est un clitoris

mercredi 9 oct. 2013 | Dorothée Duchemin

"Vive le clito" est un tout jeune blog lancé en début de semaine. L'objectif affiché  : démocratiser le clitoris. Et faire en sorte qu'hommes et femmes se familiarisent avec cet organe sexuel féminin, méconnu et négligé. 

Lors de ses déambulations sur les réseaux sociaux, Citazine est tombé nez à nez avec un clitoris, surmonté de cette phrase “Ceci n’est pas une voiture”. Forcément non, puisqu’il s’agissait d’un clitoris, cet organe du sexe feminin, qui manque encore trop souvent de reconnaissance.

Vive le Clito est un blog lancé dans la nuit du 6 au 7 octobre par Louna, une jeune graphiste, dont vous pouvez découvrir le travail hors clitoris sur son site dondonjoyeux.com.

A l’origine de cette nouvelle propagande pro-clito, un tweet de @proseFTW : “Imaginer un monde où on taguerait sur les murs et les tables de cours des clitoris entiers à la place des bites.”  “En partant de là s'en est suivi une discussion faisant le constat que peu de gens pourrait reconnaître un clitoris en son entier en voyant un dessin de ce dernier, contrairement à un graffiti de pénis même très simpliste", raconte Louna.

L’objectif du blog : democratiser le clitoris. Car s'il en est un dont on fait bien peu de cas, c'est le clitoris, l'organe négligé. “Notre but est de faire en sorte que n'importe qui puisse finir par reconnaître un clitoris en voyant un graffiti même très simplifié à l'instar de son collègue masculin. Paradoxalement, ça serait un premier pas vers une saine curiosité sur le sujet et ça, c'est toujours bon à prendre”, explique la jeune femme. 

La voici la bonne idée, pour habituer l’homme et la femme au clitoris il faut les y confronter, comme on est souvent confronté à son “pendant” masculin. L’internaute achète sur le blog une vingtaine de stickers pour 5 euros, il les reçoit et peut alors disséminer le clitoris dans son quartier; son village ou les toilettes de son rade préféré. Cette somme devrait couvrir les frais de port et d'impression. En cas de bénéfices, ils " iront en soutien à La Mutinerie un bar qui se décrit comme "un espace festif, culturel et politique, un lieu féministe ouvert à tou-(te)-s, par et pour les meufs, gouines, trans', queers" et qui est malheureusement menacé de fermeture pour des raisons d'ordre techniques et financiers. En tant que femme, en tant qu'individu, je souhaite que ce lieu puisse vivre encore longtemps." 

Avec son blog, Louna espère titiller la curiosité avec ces stickers humouristiques qui seraient abandonnés ça et là par ceux qui veulent qu’enfin que le clitoris émerge. "Vive le Clito" est aussi un espace participatif, chacun peut ainsi donner sur le blog son interpretation artistique du clitoris.

Montrer le clitoris pour le démocratiser

Le sticker montre un clitoris dans son intégralité physique surmontée de la mention "ceci n’est pas une voiture". En référence au “Ceci n’est pas une pipe” de Magritte et à un article du parodique Gorafi, Sondage : 89% des hommes pensent que le clitoris est un modèle de Toyota. “On s'adresse bien évidemment aux hommes autant qu'aux femmes, les femmes n'étant pas forcément plus au courant de la forme interne de cet organe.” Louna, 33 ans, avoue d’ailleurs n’avoir “appris l'existence de la véritable nature du clitoris à 27 ans passés”.

Louna n’est pas seule dans son combat pour la reconnaissance du clitoris. On se souvient bien sûr de la campagne Osez le Clito, du collectif Osez le féminisme. Ou du livre engagé de la gynéco-obsétricienne Odile Buisson, "Qui a peur du Point G" (2012, éd. Jean-Claude Gawsewitch). Parce que le clitoris a bien besoin de soutien : alors que le sexe de l’homme avait déjà été l’objet de toutes les attentions, ce n’est qu’en 1998 que des chercheurs australiens parviennent, il était temps, à donner une description juste et precise du clitoris. En 2011, Odile Buisson expliquait à Citazine : "il y a un tabou sur la sexualité féminine tout simplement parce que le clitoris est dédié aux plaisirs féminins et n’a pas de rapport avec la reproduction, contrairement à l’érection. Alors qu’il serait étudié de manière intensive s’il avait un rapport avec la reproduction. C’est comme si les femmes n’avaient pas droit au plaisir et à la jouissance sexuelle. Or, on sait qu’une mauvaise fonction sexuelle entraîne des troubles psychiques et des troubles dans le couple.”

Avec Vive le Clito, Louna veut montrer le clitoris. Et contribuer à la reconnaissance de cet organe par les femmes, les hommes, les chercheurs, les acteurs de l'éducation… "Vive le Clito", une initiative d’utilité publique. 

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