Un contrat mais pas de papiers !

jeudi 16 déc. 2010 | Dorothée Duchemin et Anthony Renaud

A la Cité de l'immigration à Paris, des travailleurs sans-papiers grévistes sont toujours en attente de leur régularisation par la préfecture. Pour la majorité d'entre eux, ils sont soutenus par des employeurs, prêts à les embaucher dès que leur titre de séjour leur sera accordé. Pourtant, la situation s'enlise.

Depuis le 7 octobre dernier, des travailleurs sans-papiers, soutenus par la CGT, occupent la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, à Paris. En 2008 déjà, un premier mouvement avait été initié, sans grands résultats. En octobre 2009, une action groupée avait permis de mettre en lumière la situation de ces travailleurs sans-papiers. Leur point commun : travailler, cotiser et payer des impôts en France mais s’y trouver en situation irrégulière. Le plus souvent, ils travaillent dans le nettoyage, le BTP ou encore l’aide aux personnes. En tout, ce sont près de 6800 travailleurs 1 concernés à Paris et dans les départements alentours. Chiffre qui ne concerne que les travailleurs qui se sont fait connaître.
Après un accord obtenu le 19 juin 2010 avec le ministre de l'Immigration de l’époque Eric Besson, les grévistes avaient quitté leur piquet de grève, place de la Bastille. Le gouvernement s’était alors engagé à simplifier et à faciliter l’accès à la régularisation par le travail.

Un premier bilan a été dressé le 5 octobre dernier : sur les 1800 dossiers déposés en préfecture fin juillet, seuls 58 titres ont été adressés. Le 7 octobre, le mouvement renaissait et poussait les portes de la très symbolique Cité de l’immigration. Depuis cette date, les travailleurs sans-papiers n'ont pas quitté les lieux ; 1600 nouveaux dossiers ont été remplis puis déposés à la préfecture le 30 novembre dernier.
Deux ateliers ont été mis à la disposition des quelque deux cents sans-papiers qui, chaque jour, viennent pour s’informer de l’évolution de leur dossier. Ils croisent les classes de lycéens, les groupes d’enfants, les visiteurs lambda et le personnel de l’établissement. Rouverte depuis le 11 décembre, la Cité de l’immigration avait en effet décidé de fermer les portes au public depuis le 29 novembre dernier. Un accord a finalement pu être trouvé entre les grévistes et l’administration. L’endroit est désormais occupé de manière restreinte, de 9 heures à 19 heures.

Citazine a tendu son micro pour prendre la température, dans ce haut lieu de l’histoire de l’immigration en France.

 

  1. 1. Ces chiffres nous ont été fournis par la CGT.
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