Au Comic con, "la culture geek devient mainstream"

mercredi 3 juill. 2013 | Marie Desgré

La grande fête des geeks commence ce jeudi et jusqu'à dimanche soir. Le Comic con, cinquième du nom, s'installe au parc des expositions de Paris-Nord Villepinte en parallèle de Japan Expo. Le salon dédié au manga, au jeu vidéo et à la culture japonaise s'est adjoint depuis quatre ans un jumeau avec le Comic con, petit frère du festival américain dédié à la culture geek. Une culture qui ne cesse de s'élargir à l'image de sa communauté, devenue peu à peu une forme de culture populaire.

"Le point commun entre ces deux cultures, c'est la passion pour la high tech et les gadgets", explique Thomas Sirdey, co-fondateur du Comic con Paris, organisé pour la cinquième année en parallèle de Japan Expo. Pour les organisateurs, qui attendent sur les deux salons quelque 230.000 visiteurs, jumeler les deux événements était comme une évidence. La culture geek, fortement liée à Japan expo depuis sa création en 1999, avait besoin de développer son festival, sans pour autant enlever l'identité japonaise du premier festival.

Ses fondateurs ont donc eu l'idée de lui accoler une version française du Comic con organisé chaque année aux Etats-Unis. "La version américaine du Comic con est très tournée vers les créations américaines. Nous sommes peut-être un peu moins tournés sur la science-fiction et plus le fantastique. Surtout, en organisant le Comic con à Paris, nous pouvons dédier une large partie du festival à la BD franco-belge, et à tout ce qui touche à la culture geek", poursuit Thomas Sirdey.

"Le mot 'geek' n'est plus péjoratif"

Mais au fait, qu'est-ce qu'un geek, exactement ? Pour Thomas Sirdey, "les geeks sont les personnes qui se laissent guider par les cultures de l'imaginaire. Cela comprend la fiction sous toutes ses formes bien sûr, mais aussi la technologie. Etre geek, c'est regarder vers l'avenir et accepter le progrès scientifique".

Utilisé à tort et à travers pour qualifier le moindre utilisateur de nouvelles technologies ou de réseaux sociaux, le terme, semble désormais définir tout le monde, et personne à la fois. Galvaudé, le terme de geek ? "Peut-être, mais c'est toujours intéressant d'entendre qu'on l'utilise. Ce qualificatif n'est plus péjoratif, le fait de l'utiliser beaucoup l'a rendu mainstream", se réjouit-il.

Le téléchargement a changé la donne

Outre les comics (l'invité d'honneur est David Finch, passé par Marvel et DC Comics), les jeux vidéos et la BD, le Comic con fait la part belle aux séries télé. En invitant notamment Simon Astier pour Hero Corp, des acteurs de Buffy contre les vampires, l'un des scénaristes de Dr Who… Fabrice Gobert, créateur des Revenants viendra parler de la série à succès de la fin de l'année dernière. Des webséries comme Noob et Le visiteur du futur seront aussi à l'honneur.

L'accès aux séries françaises comme étrangères via le téléchargement (légal ou non) aurait-il aussi sa part dans la banalisation de la culture geek ? "Cela a forcément joué. La possibilité de télécharger fait l'instantanéité, et crée l'addiction", analyse Thomas Sirdey. "On a accès à tout, on sait que l'on aura pas à attendre que la série passe à la télé. Cet accès au volume a changé la donne".

Culture populaire

"En devenant une culture dominante, la culture geek ne perd pas forcément en qualité. Notre rôle, à travers Comic con, est justement de rendre compte de ce qui se passe dans cette culture, d'être dans les tendances et de les appréhender un peu. On essaie de montrer des choses hyper pointues pour les ultra-fans, mais aussi des choses plus accessibles pour que chacun puisse trouver son compte dans ce festival", explique Thomas Sirdey.

Démonstrations de robots, conférences en tous genres, tournois de jeux vidéos, projections de séries et séances dédicaces de leurs auteurs ou acteurs… Et à l'heure où les sites de rencontres spécialisés par communautés se multiplient, le Comic con organise même sa version du speed dating avec, pour la deuxième année, un "Geek dating" organisé avec Geek me more. "C'est encore une preuve que la culture geek se popularise : car tant que vous êtes dans une communauté fermée, il est impossible d'organiser ce genre de rencontres !" 

Morgan Spurlock, acteur et réalisateur surtout connu en France pour son film Super size me, viendra présenter Comic-Con, Episode IV : A Fan’s Hope. Dans ce documentaire, il décrypte le succès de la "maison mère" du festivall, le Comic Con de San Diego, passé de quelques centaines de fans dans les années 1970 à des dizaines de milliers aujourd'hui. Une véritable mise en abîme du festival qui s'offre ici un formidable miroir. Mais où s'arrête la culture geek et où commence l'analyse sociologique ? Pour Thomas Sirdey, "Spurlock fait tout à fait partie de la culture geek. Il la personnifie bien car il interroge la société, l'avenir".

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