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"Au bord du monde", la critique

jeudi 30 janv. 2014 | Clapmag

La semaine dernière, nous vous parlions de l'exposition du photographe Sylvain Leser, "Les Autres, voyage au pays des sans-abris". Une exposition sur les Autres, ceux qui ne rentrent pas le soir, ceux qui vivent dehors. Le photographe signe également les images du film documentaire Au Bord du monde, de Claus Drexel. La semaine dernière, nos amis de Clapmag en publiait la critique. Séance de rattrapage pour un film qui le mérite. 

> Article initialement publié sur Calpmag le 21 janvier

Le film documentaire au sens noble du terme ne trouvait aucun titre référence pour cette année 2013. Tantôt superficiels ou tantôt trop télévisuels, les documentaires présentés tout au long de l’année étaient soit emplis d’une autosuffisance détestable, soit d’un regard cinématographique propre (Blank City, La ruée vers l’art…). Il faudra finalement attendre le début 2014 et son froid hivernal pour découvrir une perle rare, et ainsi lever le voile sur une capitale majestueuse : la Ville Lumière. Quand ses honnêtes citoyens disparaissent derrière des portes cochères à la nuit tombée, des ombres se réveillent et envahissent une ville devenue froide et vide. Claus Drexel part à la rencontre de ces fantômes à qui personne ne prête attention, un petit peuple invisible pour le commun des mortels.

Au bord du monde, l'affiche.

Paris, la nuit. Les monuments sont abandonnés par une populace s’agglutinant telle des fourmis devant des blocs de bétons. La lumière omniprésente laisse alors place à l’obscurité. Dans le reflet des boutiques de luxe, des grands magasins, les poubelles se vident. Dans ce cadre figé se révèlent alors des personnages hors du monde, dépossédés de tout bien, essayant de survivre à des conditions inhumaines. Plus ou moins laissée pour compte depuis la disparition de l’abbé Pierre et de Coluche, cette population souterraine essaie de vivre (ou de survivre), délaissée par une société consommatrice et intransigeante. Sûrement trop faibles ou tout simplement seuls, ces « êtres » se rattachent à leurs domiciles précaires, cherchant toujours la chaleur naturelle et humaine.

La caméra de Claus Drexel se pose dans ce décor. Amenant ce contact dont les SDF ont tant besoin, ces hommes et femmes oubliés en profitent pour se confier, pour partager leurs sentiments de la vie et du monde auquel ils appartiennent. Au fur et à mesure des témoignages, la caméra s’efface, laissant place à un portrait d’hommes et de femmes attachants et pleins de vie. Ils nous emmènent dans des territoires inconnus de la majorité ; des lieux que l’on arpente pour la plupart tous les jours, qui montrent ainsi leur face cachée, sous nos yeux soudainement naïfs.

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