Maison container, tu te multiplieras....

vendredi 4 mars 2011 | Amelie Roux
Il était une fois un container qui rencontra trois autres containers... D’un clic, l’architecte Clément Gillet les transforme en maison, la CrossBox. Ce projet pourrait être un "compte" de fée. L’idée est non seulement de proposer des éco-maisons de qualité, écologiques et économiques, mais aussi de redonner ses lettres de noblesse au lotissement dont l'image se dégrade depuis plusieurs années.
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La Crossbox l Javier CallejasL'heureux couple l Javier CallejasL'entrée l Javier CallejasLe salon l Javier CallejasL'espace repas l Javier CallejasUne multitudes de possibilités l CG ArchitectesLa maison patio l CG ArchitectesConstruction du prototype l CG ArchitectesFutur lotisement l CG ArchitectesBase identique résultat différent! l CG Architectes

La première CrossBox est habitée par Josué Gillet et Pauline Fonlupt. Elle est le prototype du concept que l’agence de Clément Gillet, CG architectes, développera au sein du futur lotissement de la commune de Saint-Gilles (Ille-et-Vilaine). Josué Gillet, également architecte au sein de l’agence, décortique un processus qui les a menés à créer une chaîne de production complète.

Concepteur, promoteur, constructeur

« L’aventure a débuté avec trois constats », indique l’architecte. « D'abord, que ce soit dans le logement social ou dans l’habitat haut de gamme, les futurs occupants ont, le plus souvent, le choix sur les finitions entre seulement deux revêtements de sols et deux couleurs de peintures murales. Deuxièmement, selon le Plan Local de l’Habitat (PLH), deux tiers de la population gagnent moins de 2500 euros par mois. Dernier constat : en France, c’est la course à la propriété. »

Place ensuite à la réflexion, avec une question fondatrice : où faut-il réduire les coûts pour proposer une maison moins chère mais avec une valeur ajoutée architecturale ? Modifier le mode classique de construction d’une maison permettrait de gagner du temps, de l’argent, mais aussi de la précision. Clément Gillet imagine alors une usine, B3 écodesign, regroupant tous les corps de métier et qui permettrait de construire une maison à la chaîne.

Le container est la structure métallique qui sera ensuite découpée, isolée, électrifiée et bardée pour créer les ouvertures. « Les containers sont fabriqués à la chaîne, leur base de dimensionnement fixe permet de travailler avec précision et rapidité », précise Josué Gillet. Une fois sortis de l’atelier, il suffit d’acheminer et d’assembler les containers sur le terrain. A terme, l'objectif est de construire les maisons en quatre mois et de les assembler en une demi-journée. Ce gain de temps et d’argent permet alors de réfléchir à de possibles déclinaisons d’assemblage mais aussi de choisir des matériaux plus performants pour faire des économies d’énergie.

Une infinité de déclinaisons spatiales

La CrossBox, le prototype, est un exemple de déclinaison de 100 m². Le coût s'élèverait environ à 125 000 euros. Ce prototype est composé de deux containers assemblés face-à-face pour le rez-de-chaussée et le niveau supérieur. Le "bloc étage" vient alors se poser perpendiculairement sur le rez-de-chaussée, créant ainsi une protection pour la voiture d’un côté et, de l’autre, une protection pour l’allée menant à l’abri de jardin. Les toitures des containers du rez-de-chaussée ont été végétalisées, faisant ainsi écho à la peinture verte utilisée à l’étage.

L’organisation intérieure est traditionnelle dans sa fonctionnalité : une buanderie, une cuisine et un salon de 32 m² au rez-de-chaussée ; deux chambres, une salle de bain et des WC à l’étage. A l’intérieur résident deux atouts importants : « on la chauffe très rapidement et elle est très lumineuse », détaille Josué Gillet. Il poursuit, enthousiaste : « on s’y plait beaucoup ».

Les containers neufs possèdent des tailles standards de 2,5 mètres par 12 mètres ou de 2,5 mètres par 6 mètres. Leur hauteur peut varier entre 2,60 mètres et 2,90 mètres. Ces dimensions sont donc la base de travail du cabinet CG Architectes. Josué Gillet s’en amuse : « Toutes les combinaisons sont possibles. C’est du lego adaptable à tous types de terrain ». On peut superposer quatre containers, on obtient ainsi la maison cube. Ou encore les organiser en carré de plain-pied : la maison patio se dessine alors...

Les maisons sont également modulaires. Au fur et à mesure des changements de la vie, les propriétaires adaptent en effet leur maison. Un jeune couple sans enfant partira sur une base de 100 m² mais peut, dès la conception, imaginer une insertion sur le terrain, permettant de greffer le moment venu, un autre volume pour accueillir les enfants.

Dupliquer différemment

Le plus marquant dans les lotissements qui nous entourent, c'est la ressemblance quasi-systématique entre les maisons. L’utilisation de containers donne le choix entre l’unité totale, l’unité formelle, l’unité de couleurs, de bardage ou, pourquoi pas, la différence totale. La diversité des textures applicables sur le container - comme la peinture, le bois, le polycarbonate - permet de donner une identité propre à chaque maison. « L’agencement est plus flexible et les choix de personnalisation sont multiples », insiste Josué Gillet.

Reste la question du vieillissement. La première maison du lotissement sera assemblée en juillet prochain. Pour savoir si l'ensemble vieillira bien, il faudra attendre plusieurs années. Mais l’architecte est confiant. Dans un port, et il est aisé de le constater, le container a une grande longévité. Dans le contexte plus clément d’un lotissement, il n’y a aucune raison pour que le container ne vieillisse pas aussi bien, sinon mieux.

Autre zone d’ombre : la réception du public face à ces drôles de maisons. Une chose est sûre, elles ne laissent personne indifférent ! Il faut dire qu’avec son architecture innovante et contemporaine, elle ne passe pas inaperçue. La CrossBox, a fait son effet, et non des moindres, auprès de ses nombreux voisins, dès son installation. « Les avis sont très tranchés. Soit les gens adorent, soit ils détestent », témoigne Josué Gillet. Les yeux et les esprits s’habitueront certainement à ces boîtes et ces angles droits lorsque viendra s’édifier un lotissement tout entier... Bientôt !

 

Mise à jour du 4 mars 2010 à 14h53 : deux tiers de la population gagnent moins de 2500 euros par mois et non pas un tiers de la population gagne moins de 1500 euros.

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