Peter Kurten, le vampire de Düsseldorf

lundi 25 juill. 2011 | Rémi Métriau

Troisième épisode de notre série de l’été "Crimes et malfrats", avec Peter Kurten, ce taré notoire qui a effrayé toute une ville allemande. A tel point qu’on a craint un soulèvement de la populace. Et pour cause. Homme, femme, enfant, tout le monde pouvait craindre et mourir de la manière la plus cruelle possible. Le tueur, également violeur, suceur de sang, mutilateur et pyromane, cumulait les casquettes et frappait au pif. Peter Kurten, c’est M le maudit, Peter Kurten, c’est l’innommable, Peter Kurten, c’est la bête humaine.

Juillet 1929, Düsseldorf respire, l’ignoble criminel est entre les mains des autorités. La police qui patinait dans la semoule souffle aussi. Il s’appelle Johann Stausberg, c’est un fou. Comment pouvait-il en être autrement ? Sans procès, « la bête » est internée dans un asile. Sauf que non. Le 23 août de la même année, les hostilités reprennent, c’est lui, il rôde encore. Les journaux le surnomme « le vampire de Düsseldorf », pour l’état civil c’est Peter Kurten.

Le 8 février 1929, le criminel viole et tue une fillette de 8 ans, en prenant soin de brûler son corps avant de foutre le camp. Le même jour, une femme est agressée, elle s’en sortira néanmoins. Sale état. Düsseldorf ne sait pas encore mais se doute déjà. Cinq jours plus tard, c’est à un mécanicien ivre et titubant dans les rues de la ville qui borde le Rhin que le tueur s’attaque.
Aux ciseaux, encore… Schlak. Schlak. Schlak. Schlak. Schlak. Schlak. Schlak. Schlak. Schlak. Schlak. Schlak. Schlak. Schlak. Schlak. Schlak. Schlak. Schlak. Schlak. Schlak. Schlak.

Kurten plante la lame de ces ciseaux à vingt reprises dans le corps du fêtard. Rudolph Sheer, c’est son nom, trépasse. Le tueur tape au hasard mais une fois encore, il semblerait qu’il ait voulu viser les tempes. Une marotte.

Un vampire agissant aux ciseaux puis au marteau

Peur sur la ville. La presse titre, « La bête des abîmes a encore frappé ». Puis plus rien ou presque. Peut-être quelques prostituées, on ne sait pas bien. La police qui a une petite pression fait alors main basse sur un fou qui avoue. Ouf. Mais fin août… trois personnes sont attaquées au couteau. L’homme prend tout de même le soin de leur souhaiter une « bonne soirée ». La politesse c’est important. Deux jours plus tard, ce sont deux sœurs qui ne gambaderont plus jamais dans les rues de Düsseldorf. Aux tempes, toujours. On sait. On sait pourquoi les tempes. Le criminel s’abreuverait du sang de ses victimes. Le tueur est aussi vampire. La chose s’ébruite.

Le lendemain, le galant accoste une nana façon « voulez-vous coucher avec moi ? », la donzelle décline. Kurten est colère. Il n’arrivera cependant pas à la tuer mais la blessera, tout de même. La capricieuse le décrira aux autorités comme « un homme engageant d’une quarantaine d’années ». Pour l’âge, elle ne s’est pas trompée. Septembre-octobre, viol-meutre, viol-meurtre. Certainement lassé de son outil de découpe, Kurten passe au marteau, agressant à tour de bras sans forcément toujours tenir le rôle de la grande faucheuse.

Le 7 novembre, c’est une petite fille qui disparaît. Le vampire envoie alors une missive à la police afin de lui indiquer où se trouve le corps. La fillette a été la victime d’étranglement et de 35 coups de couteau. Dans un élan de générosité tout relatif, Kurten envoie une lettre à la famille. Extrait : « J'offris des bonbons à votre fille, puis proposant de la raccompagner jusqu'à sa demeure, je l'entraînai dans un parc, à l'écart des lieux trop fréquentés. Je crois, Madame, pouvoir dire sans vanité que les derniers instants de votre enfant furent des plus agréables. Quelle enfant peut en effet se vanter d'avoir connu les plaisirs de la chair à cinq ans ? ». Charmant. La police redouble d’efforts mais le monstre leur échappe.

Un dernier deal avant l'arrestation

En mai 1930, Peter Kurten s’éprend d’une servante qu’il invite chez lui. Elle accepte mais ne veut pas vraiment faire la chose. Lui voit les choses un peu différemment alors il l’emmène dans un bois et la viole. L’étourdit oublie alors de la tuer, de lui pomper le sang et tout. Du coup, la victime va rendre une petite visite aux flics et leur filer un sacré coup de pouce. Kurten avait en effet ramené la fille dans son petit chez lui avant de la violer dans un bois. Pin-pon, pin-pon, il aperçoit les bleus et prend ses jambes à son cou et s’échappe.

C’est à ce moment qu’il avoue tout à sa femme. Pas sereine, la femme du vampire craint vite pour son avenir, et pas seulement professionnel. Certainement très attaché à cette dernière, Kurten lui proposa un deal. Qu’elle aille le dénoncer et ainsi elle échappera à toutes poursuites, tout en ayant la possibilité de toucher la récompense promise à celui qui permettrait l’arrestation du vampire. Elle s’exécuta et bientôt la police arrive pour arrêter celui qui a effrayé Düsseldorf pendant plus de deux ans. Fidèle à la promesse faite à sa femme Peter Kurten se laissa cueillir, pour elle. Une bête humaine…

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