La Louve, le supermarché en mode coopératif

lundi 16 juin 2014 | Geoffrey Bonnefoy

D’ici un an, La Louve, un supermarché coopératif doit voir le jour dans le 18e arrondissement de Paris. Contre une adhésion et un peu de bénévolat, les clients auront accès à des produits de qualité et moins chers que dans un supermarché classique. Une autre façon de faire ses courses. 

La Louve veut réinventer le supermarché. En septembre 2015, cette grande surface coopérative doit ouvrir ses portes dans le 18e arrondissement de Paris. Son concept, directement inspiré de la Park Slope Food Coop, un supermarché coopératif new-yorkais qui existe depuis 1973, est relativement simple : contre quelques heures de bénévolat – aux alentours de 3 heures consécutives par mois – vous pourrez acheter des produits bio, éthiques et locaux (mais pas que) 20 à 40 % moins chers que dans un supermarché classique. 

3h de bénévolat par mois

L’engagement des membres prendra deux formes : d’une part, ils devront donner un peu de leur temps, pour effectuer des tâches spécifiques, et d’autre part, ils devront prendre un certain nombre de parts de la coopérative (10 € la part) en fonction de leur revenu. En contrepartie, ils auront accès, et eux seuls, au supermarché qui privilégiera les produits de qualité et limitera les intermédiaires. Les détails ne sont pas encore arrêtés et devraient l’être dans les prochains mois. 

Le supermarché doit s’installer à proximité du métro Marcadet-Poissonniers, au nord de l’arrondissement, sur 1.450 m2 répartis sur deux niveaux. Un tiers de la superficie sera consacré à la vente, un autre tiers au stockage des produits. Le reste de la superficie sera utilisée pour l’accueil des membres de la coopérative et l’organisation d’animations. 

Où La Louve s’implantera-t-elle précisément ? Les membres du conseil d’administration de la Louve préfèrent rester discrets sur le lieu exact, en attendant d’avoir les clefs en main : “Nous n’avons pas encore signé le bail”, explique Pierre, un de ceux-ci.

Un engouement à capitaliser 

Pour voir le jour, La Louve a eu recours à une campagne de sociofinancement via la plateforme kisskissbankbank. 32.000 euros demandés, 42.000 euros récoltés, que demander de plus ? "Il y a eu un très grand nombre de donateurs, analyse Pierre. L’opération a suscité un réel engouement". Prochain défi pour La Louve : transformer cet engouement en membres actifs de la coopérative. 

Car pour que la coop tourne, il faut qu’il y ait des membres, c’est-à-dire des clients qui sont, dans les faits, un peu plus que ça puisqu’ils prennent part à la vie et aux décisions de leur supermarché. À l’ouverture, La Louve table sur 3.000 membres, avec un seuil critique de 1.200. Vu l’enthousiasme qui se dégage autour du projet, les membres sont plutôt confiants même s’ils savent que rien n’est joué d’avance. Il leur reste un an pour convaincre de l’intérêt et de l’utilité de leur projet. En attendant, ils ont ouvert un petit local rue de la Goutte d’Or, toujours dans le 18e arrondissement. 

Comme le souligne le site d’informations locales dixhuitinfo.com, d’autres coopératives alimentaires existent dans l’arrondissement, mais ont des tailles plus réduites. 

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