Justice : un plaidoyer dans la rue

mercredi 30 mars 2011 | Dorothée Duchemin et Anthony Renaud

Les professionnels de la Justice étaient mobilisés, hier à Paris, pour une manifestation nationale. Leur revendication ? Davantage de moyens pour l'institution judiciaire. Avec toujours en tête, la provocation de Nicolas Sarkozy, en février, mettant en cause les magistrats après un fait divers. Citazine a tendu son micro pour saisir l'ambiance.

Avocats, greffiers, éducateurs, gardiens de prison ou conseillers d’insertion et de probation. Pour la deuxième fois en deux mois, les professionnels de la Justice étaient dans la rue, hier, pour dénoncer le manque de moyens de l’institution judiciaire1. Après la contestation inédite de février qui avaient vu une très forte mobilisation et la suspension des audiences non urgentes dans de nombreuses juridictions, ils étaient 2 600 selon la police et 6 000 selon le Syndicat de la magistrature (SM) à défiler à Paris, entre le Palais de Justice et l’Assemblée nationale.

Et ce n’est pas l’annonce faite - le matin même - par le garde des Sceaux, Michel Mercier, de la création de 485 emplois supplémentaires (magistrats, greffiers et éducateurs) qui a atténué leur motivation. Au cœur de leurs revendications, la nécessité d’un « plan d’urgence pour la Justice », sur le long terme, afin d’améliorer les conditions de travail, de lutter contre le sous-effectif et la précarisation croissante du monde judiciaire.

En ligne de mire également, Nicolas Sarkozy, après sa prise de position et la mise en cause des magistrats dans l’affaire Lætitia2. Une mise à l’index systématique que ne supporte plus le personnel judiciaire et pénitentiaire. Rencontre avec les acteurs d’une profession qui doute.

 

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Vous pouvez également lire « La réinsertion, c’est du pipeau », une interview d'Arthur Frayer, jeune journaliste qui a infiltré le milieu carcéral français comme maton.

 

  1. 1. Le budget du ministère de la Justice, en 2011, est de 7,1 milliards d’euros, soit 2% du budget total de l’Etat.
  2. 2. Lors du discours prononcé à Orléans le 3 février dernier, Nicolas Sarkozy avait promis que les « dysfonctionnements graves » des services de police et de la justice qui ont permis la remise en liberté de Tony Meilhon, le principal suspect du meurtre de Lætitia Perrais, seraient sanctionnés.
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