Jeoffrécourt, ville fantôme où s’entraîne l’armée

lundi 15 avr. 2013 | GB
L’armée française propose à ses militaires des entraînements en milieu urbain dans un village reconstitué grandeur nature. Bienvenue à Joffrécourt, une ville pensée par l’armée et pour l’armée.

Ne cherchez pas la ville sur une carte, elle n’existe tout simplement pas. Du moins, administrativement parlant. Ni maire, ni habitants réels - même si la population pourrait être estimée entre 3.000 et 5.000 âmes - encore moins de monuments historiques à visiter. Pour les Journées du patrimoine, ce n’est pas “the place to go”. Le village a été construit de toute pièce par l’armée pour entraîner ses militaires à des combats en zone urbaine.

Bienvenue donc à Joffrécourt, dans l’Aisne, jusqu’à coté de Sissone, au nord de Reims. Une ville 100 % factice qui a commencé à sortir de terre en 2004.

Factice peut-être, mais tout y est, ou presque, pour coller à la réalité et récréer l’ambiance urbaine. Et à l’échelle s’il-vous-plaît. Joffrécourt, sa gare, ses barres d’immeubles, ses routes, son quartier pavillonnaire, mais aussi son (faux) cimetièrre et son (faux) lieu de culte, sa boucherie chevaline ainsi que “ses trottoirs, son éclairage publique, [ses] portes et volets qui claquent” explique, sur son site, le ministère de la Défense. 

Chaque année, aucun touriste ne fait de détour pour s’arrêter. En revanche, près de 10.000 hommes, de toutes armées (infanterie, génie, artillerie…), y passent pour s’y former. Et affronter des adversaires suréquipés, explique 20minutes.fr, qui y a consacré un reportage en décembre 2012. 

Pourquoi s’entraîner en milieu urbain ? La guérilla urbaine sera le mode de combat le plus usité du XXIe siècle, assure le site francetvinfo.fr. Ainsi, Joffrécourt concentre les scénarios des conflits récents, du Kosovo jusqu’à l'Afghanistan.

Le village fantôme a fasciné le photographe Guillaume Greff qui y a consacré un ouvrage, paru le 14 mars dernier aux éditions Kaiserin : Dead Cities. ”Alors que jadis on pouvait [...] se contenter des campagnes ou de zones sauvages, l'omniprésence du fait urbain (y compris dans la réalité des conflits modernes) a conduit à créer des villes ou des fragments de ville qui seraient comme une maquette grandeur nature du théâtre des opérations [...]” lit-on le site de l’éditeur.  Les photos montrent un espace urbain, désert et silencieux, aux allures de ville fantôme. Inquiétant....
 

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