Google, le grand conservateur du street art

jeudi 19 juin 2014 | DD
L’institut culturel de Google a lancé son Street Art Project, une plateforme en ligne dédiée à l’art urbain. Sa mission : conserver et transmettre aux générations futures les œuvres éphémères du street art. Rien que ça.

« Partez à la découverte du street art. Un art urbain préservé pour les générations futures », le projet est ambitieux, on l’aura compris. La semaine dernière au Palais de Tokyo, l’Institut Culturel de Google lançait son Street Art Project, une plateforme gratuite, d’envergure internationale, dédiée à l’art urbain. L’objectif : conserver et exposer des œuvres appelées à disparaître. Google devient ainsi le consrvateur d'un vaste musée numérique, dédié à l'art urbain. 

Il aura fallu 10 mois de travail pour répertorier les milliers photos disponibles sur le site et les organiser selon les différentes catégories proposées. "Voyagez" via google map. "Entrez" dans des hauts-lieux du Street Art avec Street View. "Ecoutez " des témoignages d’artistes via YouTube. "Approchez" les œuvres en zoomant à l’infini.  "Témoignez" en postant vos propres photos via Google +. Et "visitez" des dizaines d’expositions organisées dans des galeries du monde entier. Grâce à ses technologies, Google propose à l’internaute une expérience inédite et interactive. Des fresques de Bogota, aux oeuvres de Banksy, en passant par Five Pointz, aujourd’hui effacé, ou le projet Lasco dans le sous-sol du palais de Tokyo, Street Art Project se visite depuis son canapé, des heures durant.

Le street art, chouchou du Web

L’institut culturel de Google, qui a inauguré son Lab a Paris en décembre 2013, « a vocation de préserver et promouvoir la culture en ligne ». Pour réaliser son Street Art Project, l’institut a mis en place des partenariats avec une trentaine d’acteurs internationaux de l’art urbain. Pour les artistes, les galeries, les organisateurs de festival, c’est une visibilité énorme. Pour Google, s’emparer d’un des piliers "cool" du Web, c’est un moyen de passer pour autre chose que le grand dictateur de la Toile. Street art et Web sont par ailleurs étroitement imbriqués, le Web ayant largement contribué à la mondialisation de l’art urbain.

Le projet s’inscrit dans une démarche globale liée à l’explosion de la culture numérique et des réseaux sociaux. Prendre des photos de murs, les partager en ligne, est une pratique qui n'est pas neuve mais qui prend aujourd’hui une tournure officielle et formelle. Divers projets du même type, de moindre envergure, ont vu le jour. Tous veulent pérenniser le street art, éminemment éphémère. On se souvient de Graffiti Général, une plateforme lancée par la boite de publicité BETC et qui reconstituait en 3D les magasins généraux de Pantin, temple du graffiti. Avant la destruction du lieu, et l’installation de BETC dans ces locaux refaits à neuf, l’agence a voulu conserver les œuvres et les pérenniser, en ligne. Idem pour la plateforme dédiée à la fameuse Tour Paris 13, aujourd’hui détruite, mais dont les fresques y sont conservées. Des projets désormais visibles sur la nouvelle plateforme de Google. Pour la postérité.   

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