En avion, les trous d’air vont se multiplier

mardi 9 avr. 2013 | GB
Vous redoutez les turbulences en avion ? Mauvaise nouvelle : leur fréquence et leur puissance pourraient augmenter dans les prochaines décennies. La faute au réchauffement climatique... un brin alimenté par les avions.

“Mesdames et messieurs, ici votre commandant de bord. Je vous prie de bien vouloir regagner votre place et d’attacher votre ceinture.” “Quoi, encore ?!” Ce dialogue devrait devenir de plus en plus fréquent sur les vols transatlantiques, dans les prochaines décennies. La faute au réchauffement climatique, largement entretenu si ce n’est accru par les avions eux-mêmes.

C’est ce que révèle une étude publiée dans le Nature Climate Change du 8 avril, et centrée sur l’Atlantique Nord, qui explique qu’en raison du réchauffement de la planète, les turbulences traversées par les avions pourraient fortement augmenter.

D’après leurs travaux, basés sur la simulation de modèles climatiques, les professeurs Paul Williams et Manoj Joshi de l’université d'East Anglia, au Royaume-Uni, estiment que l'espace affecté en permanence par d'importantes turbulences pourrait doubler d'ici 2050

Pire, d’après les chercheurs, leur force moyenne pourrait augmenter de 10... à 40 %.

CC_FlickR_Alexis Martin

Comment est-ce possible ? Dans leur étude, les deux chercheurs écrivent que “les turbulences au sein du corridor transatlantique changent de manière significative lorsque la concentration en dioxyde de carbone dans l'atmosphère double".

Et le problème de ces turbulences est double. Le premier, évidemment, c’est que c’est désagréable, voire dangereux. Des passagers sont blessés chaque année, plus ou moins gravement. En outre, les turbulences coûtent des dizaines de millions de dollars aux compagnies aériennes car elles causent des dommages structurels aux avions.

L’autre problème, c’est que les turbulences sont invisibles, tant pour les pilotes que pour les radars. Et ne peuvent donc être évitées.

Si vous êtes un peu craintif en avion, arrêtez votre lecture à la fin de la deuxième phrase : pour mémoire, les “trous d’air” - la forme la plus spectaculaire des turbulences - ne sont pas réellement des trous, mais des variations des courants atmosphériques, qui changent brusquement et provoquent une perte (temporaire) de portance de l’avion. Et la sensation de tomber en chute libre qui va avec. Sur le site easyvoyage.com, un commandant de bord assure que les variations engendrées peuvent aller “jusqu’à 40 mètres”. L’équivalent d’un immeuble de 13 étages.

On vous avait dit de vous arrêter à la deuxième phrase.

 

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