Domotique : la maison qui tweete toute seule

mardi 27 mai 2014 | DD
A Joigny, en Bourgogne, une maison passe ses jours et ses nuits à tweeter, toute seule. Un dispositif mis au point par son propriétaire, un passionné de domotique qui veut aussi mettre en garde contre cette nouvelle technologie.

« [En direct de la salle de bain] Trop humide par ici. J'aère un peu ! » « Y faut peut-être sortir la poubelle jaune » A Joigny, dans l’Yonne, une maison, première du genre en France, tweete toute seule. @Maisonquitweet, c'est le nom du compte Twitter de cette maison intelligente, créé le 20 janvier 2013 selon le blog Technologies du Monde.fr. Elle a tweeté 4350 fois à l’heure où nous écrivons ces lignes et compte 530 abonnés.

A l’aide de capteurs placés dans chacune des pièces, cette maison relève les changements de températures, le passage du facteur, les coups de sonnettes, les trop hauts niveaux d’humidité. Bref, tout ce qui pourrait intéresser ses propriétaires. Elle prévient aussi quand le facteur est passé. « Le facteur est passé ! (poke @KatSpi @Turblog) » Ou quand on sonne à la porte. « Un type tripote la sonnette. Ca me fait flipper ! Au secours @KatSpi !! »

"La maison qui tweete" abrite une famille, un couple et ses trois enfants. Elle, c’est la fameuse @KatSpi que la maison appelle régulièrement au secours. Lui, c'est @Turblog, Bruno Spiquel, celui qui a voulu faire twitter sa maison et a tout rendu possible en même temps qu'il la retapait.

Membre de la Quadrature du Net, l’association de défense des droits et des libertés des citoyens sur Internet, ce savant fou des temps modernes s’est d'abord laissé appâter par le défi technique, mais aussi par les avantages pratiques et écologiques d’une telle maison. La démarche vise aussi à interroger les consciences sur le respect des données privées alors que la domotique est appelée à investir nos maisons et notre quotidien. Ce bricolo-geek militant veut mettre en garde contre les équipements de cette nouvelle technologie. « La domotique en elle-même est un principe de flicage de base. Mettre de l’informatique dans sa maison génère un certain nombre de traces. La vraie question, c’est qu’est-ce qu’on en fait ? », déclare-t-il au micro de l’émission scientifique de France Inter, la Tête au Carré.

En créant ce compte public, en décidant de publier des informations sur sa vie privée, Bruno Spiquel veut interpeller et inciter les futurs usagers à remettre en question ces entreprises privées auxquelles on s’apprête à confier sa maison.  

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