Une île au large de l'espoir

jeudi 1 sept. 2011 | Amelie Roux
Pour ce dernier volet des "nuits insolites" prenez le large ! Déconnectez dans un lieu où vous vous sentirez seul au monde. Un lieu entouré par la mer. L’île de Quéménès, ou préférez Kemenez en breton, est située dans l’archipel de Molène (Finistère), au large de Brest. Elle a été complètement réhabilitée avec deux objectifs majeurs : la création de l’activité humaine et la préservation de la nature.
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Un pied à peine posé sur le bateau que la sensation de voyage se fait déjà sentir. Après une première escale sur Molène, île principale de l’archipel, la croisière continue vers cette île de Kemenez. Et ce n’est qu’après 1h30 de roulis et de tangage que la cale de l’île est en vue. Uniques habitants et exploitants de l’île, Soizic et David vous accueillent d’avril à octobre dans une ferme qui propose des chambres d’hôtes. Mais ne vous y trompez pas, ici chacun est autonome et vaque à ses occupations. A une condition : respecter la nature.

Un équilibre reconstitué

Le rachat de l’île de 26 hectares, en 2003, par le Conservatoire du Littoral fut basé sur la volonté de préserver les richesses naturelles et patrimoniales de l’île. Dans le cadre d’un programme d’échange insulaire (ISLA) subventionné par l’Union européenne, un grand chantier de développement durable débute. Il va durer quatre ans. Le parti pris est de réhabiliter les bâtiments, d’installer des systèmes de productions énergétiques renouvelables et de restaurer l’harmonie de la faune et de la flore. Il allait de soi que la vie humaine présente sur cette île depuis la préhistoire devait perdurer.

Un appel à projet est alors lancé mais pas évident de correspondre aux critères et surtout de partir vivre seul sur une île. Parmi les candidats, Soizic et David présentent leur projet agricole et de chambres d’hôtes. « Nous souhaitions un vrai projet de vie et travailler chacun en lien avec notre domaine, David dans l’agriculture et moi, éducatrice dans le milieu marin. A aucun moment, nous ne nous sommes posés de questions sur l’isolement mais plutôt sur la viabilité du projet. » Leur idée est retenue et c’est en 2007 qu’ils prennent possession des lieux.

Avant leur arrivée, un travail de titans est engagé : le défrichage régulier, la rénovation du bâti et, en parallèle, un travail de protection des oiseaux et autres écosystèmes. Tous les matériaux et équipes sont acheminés par une barge. Et lorsque la cale cède, la problématique de la vie sur une île prend tout son sens. Elle sera reconstruite mais à l’abri du vent et des vagues.

Il ne s’agissait pas de venir sur cette île pour y vivre comme au néolithique ou de relier l’île aux sources énergétiques du continent : Kemenez devait être autonome en énergie. Ainsi l’eau courante provient d’un puits et de la récupération des eaux de pluie qui sont ensuite filtrées. L’eau chaude sanitaire est produite par les panneaux solaires. L’éolienne et les panneaux photovoltaïques se chargent de produire l’électricité. Dans un respect total de l’environnement, la gestion des déchets est traitée avec un intérêt tout particulier : l’eau sale est traitée par un bassin de phytoépuration, et des toilettes sèches sont installées. Petit à petit la nature reprend ses droits, les oiseaux nichent, les moutons s’abritent derrières les murets de pierres... Et l’homme débarque.

Une autarcie apparente

Lors de leur première année sur l’île, Soizic et David s’occupent exclusivement de l’exploitation. « La première chose à faire était de préparer les champs en vue de l’activité agricole », précise Soizic. Les premières récoltes de pommes de terre arrivées, ils les exportent sur le continent et obtiennent ainsi leur premier revenu. L’activité est en marche. Et c’est au printemps 2008 que le couple accueille leurs premiers hôtes. La formule est simple : trois jours et deux nuits sur l’île et chacun gère son activité. « Nous sommes là, on travaille, la maison est ouverte mais chacun est autonome on ne peut pas prendre les gens par la main. A cet instant précis, une famille est à la pêche, un couple bouquine sur la plage, une autre personne se baigne », observe Soizic. Le couple est cependant toujours disponible pour répondre aux questions concernant l’environnement marin, leur vie sur l’île, la faune, la flore, les équipements énergétiques... Et rien de tel pour communiquer que de partager un bon repas devant le feu de cheminée à la fin de la journée.

Au fil des années, Ils remarquent que leurs visiteurs n’ont pas de profils types. « Nous avons reçu des passionnés de pêche, de botanique mais également des agriculteurs intrigués par les énergies renouvelables et aussi des gens qui souhaitent juste prendre du temps pour eux. » D’ailleurs leur livre d’or parle de lui-même et les îliens de passage sont tous ravis de leur séjour. Vue de l’extérieur, leur vie peu sembler atypique, isolée. Soizic dément : « en fait, nous sommes rarement seuls, il y a toujours du passage que ce soient nos hôtes, la famille et les amis ». Il s’agit surtout d’une question de choix et d’organisation. En période estivale, les ravitaillements sur le continent s’effectuent tous les quinze jours et toutes les trois semaines en hiver. En cas d’accident, l’hélicoptère peut les rapatrier. Depuis an et demi, le couple, parent d’une petite Chloé, sait déjà qu’elle suivra des cours par correspondance.

Même s’ils ont conscience qu’ils ne pourront passer toute leur vie sur l’île, ils élargissent leurs activités avec de l’élevage et la revente d’algues alimentaires et profitent de chaque instant. « Ce ne sera jamais chez nous car nous sommes locataires. Le jour où on arrêtera de travailler, il faudra déménager. Mais en attendant, c’est Kemenez qui est venue vers nous, et nous avons la volonté de partager l’expérience avec le public et de maintenir ce patrimoine. » Il est venu le temps de vivre.

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