Street Art, le dernier souffle de la Tour 13

mardi 1 oct. 2013 | Dorothée Duchemin

A partir d’aujourd’hui, la Tour 13 ouvre ses portes au public. Une tour de neuf étages entièrement dédiée au Street Art, de la cave au grenier, où près d’une centaine d’artistes se sont pressés du monde entier pour l’investir. Avant démolition.

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Maz. | Photo Dorothée Duchemin Deyaa. | Photo Dorothée DucheminMeryam. | Photo Dorothée DucheminSambre. | Photo Dorothée DucheminJulien Colombier. | Photo Dorothée DucheminAlexöne. | Photo Dorothée DucheminLiliwenn. | Photo Dorothée DucheminKan.| Photo Dorothée DucheminNilko. | Photo Dorothée DucheminEn haut des escaliers, au 9 ème étage. | Photo Dorothée DucheminDan 23. | Photo Dorothée DucheminDavid Walker. | Photo Dorothée DucheminJimmy C. | Photo Dorothée DucheminUriginal. | Photo Dorothée DucheminDabro. | Photo Dorothée DucheminEl Seed. | Photo Dorothée DucheminShoof. | Photo Dorothée DucheminStink Fish. | Photo Dorothée DucheminInti Castro. | Photo Dorothée DucheminHerbert Baglione. | Photo Dorothée DucheminDans l'appartement des Brésiliens. | Photo Dorothée DucheminFlip. | Photo Dorothée DucheminEthos. | Photo Dorothée DucheminNano. | Photo Dorothée DucheminJaz. | Photo Dorothée Duchemin2 Mil. | Photo Dorothée DucheminStew. | Photo Dorothée DucheminSeth. | Photo Dorothée DucheminTore. | Photo Dorothée DucheminKatre. | Photo Dorothée DucheminJB Brock. | Photo Dorothée DucheminBaudelocque. | Photo Amélie Roux+ -. | Photo Amélie RouxLudo. | Photo Dorothée DucheminLa Tour vue du pont. | Photo Dorothée DucheminAu pied de la Tour Paris 13. | Photo Dorothée DucheminPhoto Charles Vandame

Façade orange flashy, elle se dresse sous un ciel gris aux côtés de tours tout aussi grises. On ne voit qu'elle, la Tour Paris 13, située au 3-5 rue Fulton. Voulue par la galerie Itinerrance, voici la plus grande exposition de street Art jamais organisée. Plus de 100 artistes venus du monde entier ont investi les 9 étages, les caves, 4500 m2, 36 appartements. Sans aucune limite, ni exigence, ils n'avaient qu'un ordre de mission, saturer les lieux, les remplir de street art.  Du sol au plafond, et partout sur les murs. Des oeuvres en trois dimensions dans lesquelles pénètre, littéralement, le visiteur. 

Une tour saturée de Street Art

Street Art dernier souffle de la Tour 13

Toilettes, baignoires, canapés, radiateurs, chauffe-eau, éviers… pas de doute on se trouve dans un ancien lieu d'habitation, voué à la destruction, sans doute au début de l’année 2014. Mais avant d’en arriver là, le bailleur a accepté d’y laisser entrer les street artistes qui s’en sont donné à cœur joie.

Rentrer dans un appartement, c’est découvrir pièces et pans de murs en enfilade, une succession de fresques en colocation. Ils jouent avec le mobilier, les éléments domestiques, le papier peint d’un autre âge. Et surtout avec la lumière qui arrive de l’extérieur à travers des fenêtres de toutes tailles. On s’attendait à sentir l’odeur de peinture. C’est finalement l’odeur des vieilles bâtisses qui l’emporte. 

Street Art dernier souffle de la Tour 13

A l’origine de ce projet hors-norme, Mehdi Ben Cheikh et la Galerie Itinerrance. Déjà initiateur du projet Hors les Murs avec la mairie de Paris du XIIIè, il veut sortir les œuvres de la galerie. « Je me dois de sortir de la galerie parce que je suis galeriste de Street Art et ce n’est pas n’importe quel mouvement. Le travail de galeriste est à revoir à chaque mouvement. Il faut s’adapter au mouvement qu’on défend et s’y adapter de la manière la plus judicieuse qui soit. Ce n’est pas être marchand, ce n’est pas prendre une toile et la vendre. C’est accompagné les artistes et leur mouvement, leur obtenir ce dont ils ont besoin le plus : des supports d’expression, y compris à l’extérieur. »

Un mouvement universel

Un superbe terrain qu’ils ont pu façonné dans ce bâtiment HLM. Chacun avait sa pièce, son mur dédié. Iran, Mexique, Portugal, Luxembourg, Arabie Saoudite, Brésil, Luxembourg, Tunisie, Chili, c’est une véritable photographie du street art actuel dans le monde qu’on nous donne à voir. Ce qui frappe c’est l’universalité de ce mouvement qui mobilise des artistes dans le monde entier.

« C’est un mouvement totalement international grâce à Internet. Dans toute l’histoire de l’art, on n’a jamais vécu ça. C’est ce que je voulais montrer et aussi ce qui se passe ailleurs. A chaque fois qu’on a un nouveau mouvement, on le découvre à Paris, New-York et les autres lieux suivent 30 ou 40 ans plus tard. Aujourd’hui, tout le monde travaille en instantané. Tout le monde travaille partout dans le monde à la même problématique, le street art évolue en même temps aux quatre coins du monde. C’est impossible de faire le parallèle avec d’autres mouvements. »

Une expérience sans précédent

Ni une galerie, ni un squat. Ni un musée, ni une exposition… Les artistes ne se sont pas fait prier pour participer à une telle aventure. Le galeriste a fait venir ceux qui émeuvent la Toile, bien avant d’émouvoir les amateurs d’art. « On se fait connaître dans la rue, on prend une photo, on partage. Le soir même la photo est sur les réseaux sociaux. C’est le mouvement le plus démocratique qui soit. C’est une sélection naturelle. Le monde entier like, partage et choisit les meilleurs artistes. Les galeristes ne découvrent pas des artistes dans le fond d’une grotte en essayant d’en faire des stars. Dans le street art, ce sont déjà des stars sur le Net. »

Street Art dernier souffle de la Tour 13

L’interactivité tient d’ailleurs une place de choix dans le processus. La tour est ouverte au public et les internautes peuvent également se déplacer dans les étages et les appartements sur le site dédié, un parcours multimédia, vidéos, enregistrements sonores, informations sur les artistes, à découvrir en complément de la visite de la tour. A partir du 31 octobre, quand la Tour 13 fermera, les internautes auront 10 jours pour cliquer sur les œuvres qu’ils espèrent voir conservées. Celles-ci poursuivront leur existence numérique. Les autres disparaîtront à jamais.

Chronique d’une mort annoncée

Entre le premier coup de bombe et l’ouverture au public, il aura fallu sept mois pour parvenir à ce résultat complètement fou. Bientôt, il faudra les détruire. Mais Mehdi Ben Cheikh lui a prévu un superbe dernier souffle.

« La destruction même de la tour sera une performance artistique à elle toute seule. On a un réalisateur que j’ai mis en relation avec l’entreprise de démolition. La destruction va suivre un scénario. La Tour sera grignoté petit à petit. Plus on va grignoter l’extérieur, plus l’intérieur va apparaître. On va obtenir de très belles images. On installera des caméras à l’intérieur des pièces démolies. Et on aimerait que ce soit visible en ligne. »

D’ici là, visitez la Tour 13 et son dernier coup de peinture. Avant démolition.

> Tour Paris 13, 5, rue Fulton, Paris 13, Métro Quai de la gare. Du 1er au 31 octobre, du mardi au dimanche, de 12 heures à 20 heures. 

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