La Recyclerie réveille la porte de Clignancourt

lundi 18 août 2014 | Dorothée Duchemin

Restaurant, bar, café, ateliers DIY et bientôt ferme urbaine, la Recyclerie est un nouveau lieu multi-fonctions installé dans l'ancienne gare Ornano, porte de Clignancourt, dans le 18e arrondissement de Paris. On vous fait visiter ?

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Vue depuis la terrasse. | Photo Dorothée Duchemin Vers les quais. | Photo Dorothée Duchemin Vue de la mezzanine. | Photo Dorothée Duchemin Vers la ferme urbain. | Photo Dorothée Duchemin Des chèvres sont attendues. | Photo Dorothée Duchemin Le futur jardin aromatique. | Photo Dorothée Duchemin Le vert dans la ville. | Photo Dorothée Duchemin Vue des quais. | Photo Dorothée Duchemin 150 mètres de quais réservés à la clientèle de Recyclerie. | Photo Dorothée Duchemin | Photo Dorothée Duchemin Un plat pour 12 euros. | Photo Dorothée Duchemin Les cuisines. | Photo Dorothée Duchemin Tous les meubles ont été chinés. | Photo Dorothée DucheminLa circulation se fait autour du bar. | Photo Dorothée Duchemin Au-dessus du bar se trouve la mezzanine. | Photo Dorothée Duchemin Des sucreries sur le comptoir | Photo Dorothée Duchemin le coin de René. | Photo Dorothée DucheminLes amis de la Recyclerie font vivre le lieu. | Photo Dorothée Duchemin Vue de la mezzanine. | Photo Dorothée Duchemin Vue de la mezzanine. | Photo Dorothée Duchemin Vue de la mezzanine. | Photo Dorothée Duchemin La salle et la mezzanine | Photo Dorothée Duchemin Devant la baie vitrée. | Photo Dorothée Duchemin Dans les toilettes. | Photo Dorothée Duchemin

Aller jusqu’à la porte de Clignancourt pour boire un verre, un petit événement qui pourrait bien devenir une habitude. Et qui l'eût cru ? Depuis le mois de juin, habitants du quartier, branchouillés locaux et autres bobos et écolos avoisinants convergent tous vers le même endroit : l'ancienne gare Ornano, dans le 18e arrondissement de Paris.

Fermée en 1934, après 70 ans de bons et loyaux services, cette ancienne gare de la petite ceinture était abandonnée depuis des années. Elle serait restée vide si l’équipe de Sinny & Ooko n’avait voulu lui faire un sort. Créatrice de lieu tels que le Glaz’art ou le Divan du monde, associée au lancement du Comptoir général et de la Machine du Moulin Rouge, l’équipe de Sinny & Ooko avait nombre d'arguments à faire valoir. En collaboration avec C-développement, déjà propriétaire de la Machine et du Comptoir général, elle a donc installé la Recyclerie dans la gare de la petite ceinture, en conservant intact l’esprit d'origine qui flottait dans ses murs.

« Les plans d’architecture étaient vraiment mauvais. On avait une idée très édulcorée du bâtiment. En arrivant on a démoli toutes les parois qui ne nous semblaient pas d’origine. Et là, ça nous a tellement parlé qu’on a décidé de ne rien reconstruire. On n’a pratiquement plus de murs », raconte Stéphane Vatinel, concepteur du lieu. L’ancien bâtiment voyageur de la gare, désormais nommée Salle des pas perdus, est un grand espace où les visiteurs circulent autour d’un îlot central, le bar de la Recyclerie. De hautes plantes vertes ont pris possession du lieu. Au-dessus du bar, la mezzanine, lieu d’observation privilégiée des éclairages industriels, accueille les ateliers organisés à la Recyclerie. Derrière le bar, des tables et des chaises récupérées, en formica pour la plupart, bordent une vaste baie vitrée qui ouvre sur les voies désaffectées de la petite ceinture. Le bâtiment enjambe les voies. Couvertes devant son entrée, elles sont restées à l’air libre derrière la gare. « Il nous a fallu négocier durant près de quatorze mois avec RFF pour qu’ils acceptent de nous louer les quais. » Et ça aurait été dommage de passer à côté de ses 250 mètres de verdure, dont 150 mètres sont réservés aux clients de la Recyclerie.

Les quais de la Recyclerie | Photo Dorothée Duchemin

Poules et chèvres bientôt locataires des lieux

Depuis la bouche de métro, le visiteur arrive d’une rue bruyante aux trottoirs bondés et où les voitures règnent en maître. Il traverse l’ancienne gare et pousse une porte à gauche de la baie vitrée. Une première terrasse l’accueille, elle surplombe les voies. Au fond un escalier, plutôt raide d’ailleurs, mène aux quais. En le descendant, on longe les futurs poulailler, abri aux chèvres et ce qui sera bientôt un potager urbain. En bas, finis les klaxons. Tout à coup, l’ambiance est différente, calme et apaisée. Rien à voir avec l’agitation alentour. On déguste son verre le long des voies de chemin de fer. De là, on a une vue imprenable sur la façade de la gare qui surplombe les voies.

Potager, poulailler, réhabilitation… « Je vote écolo depuis 20 ans, et enfin je pouvais grâce à ce lieu, joindre le geste à la parole », s’enthousiasme Stéphane Vatinel. Ici, c’est la religion des 3R qui domine : réduire, réutiliser, recycler. Trois mots qui s’affichent sur la page d’accueil du site de la Recyclerie. Programmateur de salle de musique des années, ici, c’est un peu la même chose. Stéphane Vatinel et son équipe programment des événements pédagogiques – réunions, conférences, spectacles, rencontres – pour apprendre à mieux consommer, ne plus gaspiller, ne plus jeter, réparer, apprendre à faire soi-même. Nouveau temple du Do It Yourself, la Recyclerie est un lieu multifonction. Apprendre le crochet avec du plastique, faire ses courses directement auprès du producteur avec La ruche qui dit oui, réaliser soi-même ses produits cosmétiques, participer à une brocante, et réparer soi-même son vélo grâce à Charles, spécialiste du 2 roues. Un coin de la gare est par ailleurs réservé à René et ses outils ; il répare vos trucs et machins cassés, mais surtout vous apprend à le faire vous-même. Plus question de jeter à la moindre petite panne.

Tout la déco du lieux est issu de la récup'

Des lavabos des toilettes à la machine à glace, en passant par les frigos, la peinture, les tables, les chaises et même les rideaux pour fermer la boutique, tout a été récupéré. « Et tout est à l’état brut, on a rien verni, affirme le gérant. Ca prend un temps fou de chercher et de chiner. »

La Recyclerie va cartonner, c’est certain. Le temps de boire notre apéro, bien mérité parce qu’on bosse dure pour un mois d’août, la Recyclerie se remplit d’une faune complètement hétéroclite. Hippies, bobo, hipsters, chineurs et ceux qu’on ne met dans aucune case. Il faut dire que c’est plutôt tendance la réutilisation, la réhabilitation et l’upcycling. N’est-ce pas Stéphane Vatinel ? « Vous avez le droit de le dire, moi je ne le dis pas. Nous, ça fait deux ans qu’on bosse sur le dossier. La volonté de départ, ce n’est pas d’être branché. Il y a un an, quand on disait qu’on allait porte de Clignancourt, on nous souhaitait bonne chance. C’est un énorme succès, mais je m’attendais à n’y voir que des gens du quartier. Surtout qu’on y mange pour vraiment pas cher. Devant chez nous, il y a des mecs assis qui vendent du maïs et des femmes qui vendent leur jus de bissap ! Non, on n’imaginait vraiment pas que ce serait un lieu branché. »

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