Le Carreau du Temple renaît, encore !

lundi 24 mars 2014 | Amelie Roux

Le Carreau du Temple s'apprête à rouvrir ses portes après une cure de jouvence. Nouveau lieu polyvalent, la halle du 3ème arrondissement de Paris, témoin de l’Histoire, opère une nouvelle transition, celle du XXIème siècle.

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Paris change mais conserve. L’architecte des bâtiments de France rôde et travaille à la conservation du patrimoine. Dans cette optique, la halle du Carreau du Temple, l’un des emblèmes de l’architecture industrielle, s’est offert un véritable lifting. Au premier regard, elle ne semble pas différente. Il faut pénétrer à l’intérieur pour constater que sa nouvelle fonction est tout autre. 

Une histoire respectée

Alors qu’un nouvel édifice doit respecter l’environnement dans lequel il s’inscrit, la réhabilitation d’un bâtiment existant doit surtout ne pas oublier l’histoire dont il est chargé. Et en ce qui concerne la Halle du Carreau du Temple, classée monument historique en 1982, c’était loin d’être une mince affaire. L’architecte lauréat du concours, le StudioMilou, a donc étroitement travaillé avec Marie-Hélène Didier, conservateur général des monuments historiques (DRAC) et Sophie Hyafil, architecte des bâtiments de France (ABF). Une étude patrimoniale minutieuse a été menée car au-delà du bâti, se sont toutes les terres de six hectares situées entre le Marais et la place de la République qu’il convient de respecter. 

Petit mémo sur l’Histoire du lieu : propriété des templiers, l’enclos du Temple, une enceinte construite au XIIème siècle sur ces parcelles fût le témoin de l’âge d’or mais aussi des jours sombres du Grand Prieuré de France. La Rotonde du Temple, édifice important de l’enclos, fut bâti en 1788 pour accueillir de nombreuses échoppes. La tour du temple, le donjon de cette enceinte, dernière demeure de la famille royale pendant la révolution fût détruite sous l’ordre de Napoléon en 1808. Et pour rompre totalement avec la mémoire de la royauté, Napoléon décida d’y développer le commerce. La rotonde et les quatre halles en bois édifiées à ses côtés devinrent alors le premier marché couvert de textiles. C’est au coeur de cet ensemble, sur le carreau, qu’une bourse aux vêtements d’occasion vit le jour. L’histoire est en marche. 

Il faudra cependant attendre le règne de Napoléon III et l’époque des grands travaux d’urbanisation de Paris, pour se rapprocher un peu plus de la halle que nous connaissons aujourd’hui. En 1863, les quatre halles charpentées et la Rotonde sont démolies pour laisser place au projet de l’architecte Jules De Mérindol. Son intervention s'inspire largement du courant industrielle, en pleine expansion. Dans cette optique, la structure des six volumes de la nouvelle halle est édifiée en fonte et les façades largement vitrées. Dès 1905, quatre volumes sont démontés. Depuis, l’emprise au sol du Carreau n’a pas été modifié. Ce marché incontournable du textile désormais appelé le Carreau du Temple accueillit pendant toute la deuxième moitié du XXème siècle les friperies parisiennes. Contrairement au changement radical de sa  physionomie, sa destination est restée la même. Jusqu'à aujourd'hui.

Un usage concerté

Après la transition de la Révolution, place à celle du XXIème siècle. La friperie en déclin, la halle du Carreau du Temple est passé tout près de la destruction avant d’être classée. Par la suite, elle est devenue le garage des engins de nettoyage de la ville. Un bien bel écrin pour des machines. La ville de Paris, propriétaire de la Halle du carreau depuis 1897, décide de lui redonner vie . La mairie donne le ton : un autre usage pour le même visage. Afin de trouver la nouvelle fonction du bâtiment un concours d’idées est lancé auprès des habitants du quartier. Des 133 propositions, trois ont été soumises aux résidents du 3ème. Ils sont alors invités à voter. Un "bus-bureau de vote" sillonnait le quartier pour inciter et faciliter cette grande démarche de démocratie participative. La polyvalence l’emporte. Le souhait final s’oriente vers la création d’un espace pour tous alliant la culture, le sport et l'événementiel.

Ainsi, le studioMilou imagina la nouvel vie du Carreau du Temple avec une intervention minimale. La structure métallique est magnifiée tandis que les façades et la nef largement vitrées permettent de conserver un apport de lumière optimal. Afin de répondre à la pluralité du lieu, un étage dédié aux activités accueille un gymnase, un dojo, un espace de danse et un studio de son. Le rez-de-chaussée quant à lui est voué à accueillir des évènements avec l’auditorium pour les concerts et le choeur de la halle. Cet espace intérieur de 1800 m2 est agrémenté de parois et de gradins mobiles qui permettent d’organiser les espaces en fonction du programme. "L’espace public" est accentué par l’ensemble des vitrage du rez-de-chaussée qui s'ouvrent vers les trottoirs. Ainsi la limite d’espace intérieur et extérieur n’existera plus. 

Une architecture épurée sans surplus, ni fioriture, pour ce nouveau Carreau du Temple. Son identité a été respectée avec  la conservation de son enveloppe. Ne reste qu’à savoir si son entrée dans le XXIème siècle recevra le même engouement que lors de ses transitions passées. La réponse le 25 mars avec son ouverture au grand public et le lancement de ses activités dès le 26 mars et l'ouverture du festival du dessin contemporain Drawing Now

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