Petit Bain se jette à l’eau

jeudi 30 déc. 2010 | Amelie Roux
Le ponton imaginé par le collectif d'architectes Encore Heureux flotte désormais. Enfin ! Sa mise à l’eau a eu lieu au cœur du chantier naval de la Haute Seine (Val-de-Marne) où la barge était assemblée. Déjà présent lors des premières soudures, Citazine vous fait partager une nouvelle étape de ce projet atypique, fruit d’une étroite et longue collaboration entre le collectif et l’association La Guinguette Pirate.
Cliquer sur l'image pour agrandir le diaporama
Après l'assemblage et les premières soudures... | Photo Petit Bain... au chantier naval de la Haute Seine (94)... | Photo Petit Bain... la mise à l'eau a eu lieu sous l'œil attendif des porteurs du projet. | Photo Petit BainLa coque du ponton en métal accueillera principalement la salle de concert. | Photo Encore HeureuxSur cette coque reposera le restaurant habillé de bois... | Photo Petit Bain... dont la toiture sera, en fait, une terrasse végétalisée. | Photo Petit BainLes éléments dépassant six mètres de haut seront démontables... | Photo Petit Bain... pour pouvoir passer sous les ponts de Paris lorsque le ponton sera tracté. | Photo Encore HeureuxMise à l'eau réussie ! | Photo Encore HeureuxLe transport de la barge sur les berges de la Seine est programmé pour avril 2011. | Visuel Encore HeureuxLa barge sera amarrée au pied de la BNF. | Visuel Encore HeureuxUn restaurant, des concerts, des activités diverses... sur l'eau. | Visuel Encore HeureuxL'ouverture au public est prévue à l'été 2011. | Visuel Encore HeureuxUn échantillon de tôle. | Visuel Encore HeureuxUn échantillon du bardage. | Visuel Encore Heureux

Cela fait bientôt cinq ans que tous les acteurs du projet attendent ce moment. Depuis les prémisses, le collectif d’architectes Encore Heureux a toujours répondu présent. En 2008, alors que le projet était pratiquement finalisé, tout s’arrête. En raison de la crise financière, les subventions ne seront pas accordées. Ce n’est qu’en décembre 2009 que le collectif reprend la barre et espère aller au bout de cette traversée. Pendant ces cinq années, le projet n’a cessé d’évoluer, parce que ces acteurs ont évolué, eux aussi. Un seul mot pour qualifier l'évolution du projet Petit Bain : adaptation.

Une équipe soudée

Le premier projet réalisé par le collectif pour La Guinguette Pirate était une scénographie dénommée Sous les Zèbres pour un festival dans le Parc André Citroën à Paris, en 2003. L’installation ayant eu beaucoup de succès, ils sont de nouveaux sollicités l’année suivante et présentent Les ballons Miroirs. L’association et le collectif deviennent amis et forment une équipe inséparable en rassemblant des compétences diverses (graphistes, artistes, ingénieurs, acousticien, etc.). Ricardo Esteban, président de l’association, se tourne alors vers Encore Heureux pour qu’il dessine le futur bébé flottant.

Julien Choppin et Nicola Delon, créateurs de ce collectif en 2001, réalisent, après de petits projets, des installations éphémères, leur premier projet d’architecture. L’aventure commence. « L’association désirait récupérer un baliseur à Dunkerque pour qu’on le réhabilite », explique Nicola Delon. L’équipe se penche alors sur cette idée de récupération, chère à l’association. « Malgré le cachet du bateau, les contraintes étaient trop importantes et la fonctionnalité du programme ne rentrait pas dans le corps de ce bateau ». Le collectif arrive à les convaincre, au bout de six mois, que l’on peut créer une histoire dans du neuf et donner une âme au projet. « On part alors de l’imaginaire artistique pour créer un projet qui correspond à leurs attentes », complète son homologue Julien Choppin. L’idée du ponton est née : un bâtiment sans moteur, amarré dans le Port de la gare, le long des berges de la Seine, à Paris (XIIIe arrondissement).

Un ponton

Petit Bain connaît d’ores et déjà le programme et la destination de l’ouvrage. Mais il ne raisonne qu’avec deux strates, à savoir dans la coque et sur le pont. Encore Heureux leur propose le troisième niveau : une terrasse végétalisée. « Il était dommage d’être sur l’eau sans avoir un rapport direct à l’eau ». L’esprit général du projet est là : une coque en métal peinte, sur laquelle repose le restaurant habillé de bois dont la toiture (la terrasse) est accessible. On peut parler d’empilement. Reste à mettre les idées, l’organisation et la matérialité en forme. Une tâche confiée à Margot Cordier, chef de ce projet. « Le ponton a été pensé de l’intérieur vers l’extérieur ».
Dans la coque (dénommée "le niveau bas"), nous sommes sous le niveau de l’eau. Cet espace est principalement dédié à la salle de concert qui bénéficie d’une double hauteur : les loges se situent derrière la scène. Le studio de répétitions et les sanitaires s’organisent en face. Le bar court le long de la coque dans la salle de concert.

Le pont d’évacuation regroupe la cuisine de réinsertion (celle-ci bénéficie d’une grande surface car elle doit accueillir l’équipe et les apprentis), le restaurant (qui offre une vue sur la Seine et s’étend vers l’extérieur) ainsi que les bureaux. Ce pont s’organise également autour des circulations : les deux passerelles d’accès -à l’avant et à l’arrière du ponton-, les escaliers permettant de descendre dans la coque et celui qui dessert la "toiture terrasse".
Ce dernier espace sera entouré de garde-corps recouverts de bois, des baignoires récupérées par le collectif seront agrémentées de plantes aquatiques et disposées sur la terrasse. « La volonté de ce projet n’était pas de construire un faux bateau, nous n’avions pas envie de prendre le langage maritime », le bâtiment flottant peut donc être sur terre comme sur l’eau. « La difficulté majeure, c'était la contrainte budgétaire, appuie Margot Cordier. Il a fallu, en effet, réduire la longueur du bâtiment de cinq mètres. De plus, les espaces sont réorganisés continuellement et les matériaux ne doivent pas demander d’entretien mais bien vieillir ». Pour ce faire, ils optent pour une déclinaison de peinture verte pour la coque et les éléments métalliques extérieurs, un habillage en contreplaqué brut pour le restaurant, des dalles de béton lissé pour les sols. L’unique matériau de luxe octroyé est le bardage extérieur en bois.

Et après ?

Tous les éléments dépassant six mètres de hauteur seront démontables. En effet, lorsqu’il sera tracté jusqu’à sa future adresse -la prochaine étape importante, prévue mi-avril 2011-, le ponton devra passer sous les ponts de Paris (six mètres maximum).
Depuis que ce ponton a été imaginé, le projet Petit Bain ne cesse d’évoluer. Il changera probablement à nouveau, même après son amarrage. C'est désormais un bâtiment flottant concret que les membres de l’association peuvent visualiser : ils souhaitent maintenant prévoir des espaces modulables pour que le lieu puisse se transformer et s'adapter selon les activités proposées.
De nouvelles idées murissent, des questions restent en suspend, comme celles concernant le mobilier. L’association commence à s’approprier son bébé flottant, ce que nous pourrons constater lorsqu’il sera fin prêt à être tracté au pied de la Bibliothèque nationale de France. Le transport de la barge sur les berges de la Seine est programmé pour avril 2011, l'ouverture au public à l'été 2011. Citazine vous fera vivre ces prochaines étapes. En attendant, vous pouvez redécouvrir, en images, les première soudures de la barge Petit Bain.

0 Commentaire

  • Avant de poster vos commentaires, merci de bien vouloir prendre en compte la charte des commentaires .
  • Il n'est plus possible de réagir sept jours après la publication de l'article.
  • Si un commentaire vous parait douteux (insultes, xenophobie, publicité ...) merci de nous le signaler en cliquant sur le lien "Alerter"

Vos réactions

Sur Facebook