Le congé solidaire, pour partir autrement

lundi 2 sept. 2013 | Amelie Roux

S'engager dans l'humanitaire, passé un certain âge, passé le choix de l'orientation professionnelle, c'est compliqué. Mais faisable. L’association Planète Urgence y a réfléchi pour vous et a rendu les choses plus simples. Elle vous propose de partir en congés solidaires.

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Cette année encore le timing des vacances était réglé comme du papier à musique. Une semaine pour faire le tour de la famille, une autre dans le Vercors pour enfin finir sur une plage en alternant pile face et châteaux de sable avec les mômes. On est bronzé, c’était sympa. Mais parfois, l’envie vous (re)prend de vous rendre utile et donner de votre temps plutôt que d’en consommer. Dans le cadre des congés solidaires, Planète Urgence vous permet de mettre vos compétences professionnelles au service de pays en voie de développement. 

De l’urgence au développement

Nous avons tous des images d’hommes et de femmes intervenant dans un contexte d’urgence de guerres, de famines, de campagne de vaccinations... Désormais le monde de l’humanitaire ou plutôt de la solidarité a un nouveau visage et génèrent de nouvelles initiatives. On parle maintenant de développement. Fort de cette évolution, le fondateur Hervé Dubois, ancien de l’ONG Médecins du Monde, remarque que de plus en plus de projets émergent dans les pays en voie de développement. Riches d’idées, les structures de ces pays manquent effectivement le plus souvent de moyens financiers mais aussi de compétences, de savoir-faire techniques. Lui vient alors l’idée de mettre en relation les compétences diverses du Nord avec ces nouveaux besoins au Sud.

Dès 2000, le projet se développe alors au travers d’une structure associative désormais rebaptisée Planète Urgence et qui vise à créer des partenariats entre des entreprises du Nord et des associations, des coopératives, des entrepreneurs du sud qui montent leurs propres projets. Qu’il s’agisse d’informatique, de comptabilité, d’artisanat... les besoins existent et comme Valérie Gauthier, partie cette année en Haïti, des individus de tous âges et de toutes professions ont à leur échelle des compétences qui peuvent servir. « Je cherchais un moyen d'agir, mais je ne suis pas médecin, pas infirmière. Je n'intéressais pas les associations humanitaires, c'était vers 2004. Quand je suis tombée sur PU, je me suis dit que c était la solution. »

Le congé solidaire, pour partir autrement

Un maillon de la chaine

Dès lors le projet s’affine et les "congés solidaires", dont l'appellation est propre à Planète Urgence, voient le jour. Des missions de 15 jours à 3 semaines sont proposés aux salariés de ces entreprises. Comment peut-on être utile en 15 jours ? C'est un comme une course de relai, avec un timing plus long. Une personne passe avant vous et une autre viendra après vous pour continuer. « Le transfert de compétences se fait avec un porteur de projet autonome qui existe dans la durée », insiste Pierre Ramel, directeur général de l'association. Le volontaire passe, le projet reste. Pour que ça fonctionne, la mission du volontaire est cadrée par des objectifs précis. A son retour, il remettra à PU un rapport de fin de mission qui permettra au suivant de continuer le travail entrepris. Pour se faire, Planète Urgence sélectionne des projets d’associations locales. « On étudie le projet global du prestataire et les réponses possibles, cela permet de calibrer le besoin de chaque mission et le nombre de volontaire qu’il faudra faire partir par mission ». Les besoins sont nombreux dans ses pays. L’association s'est fixée le but de « renforcer l’autonomie des populations du sud et la protection de l’environnement, explique t’il, autour de trois axes d’interventions : l’appui éducatif, la formation et la biodiversité ». En fin d'année, le volontaire pourra  prendre connaissance du « rapport d'impact, indique Pierre, qui permet au delà de la mission individuelle de chacun, de faire la synthèse sur la très grande majorité des missions effectuées dans l'année ».

Planète Urgence vous propose ainsi de suivre les oiseaux limicoles migrateurs sur la péninsule Valdès en Argentine, de former des artisans charpentiers en Haïti ou encore de faire de l’animation socio éducative à Madagascar.... Votre choix s’oriente vers le pays où vous avez toujours rêver d’aller ou comme Valérie selon votre domaine de compétence. « Je souhaite maintenant partir sur une mission plus technique sur laquelle je vais avais apporter mon cœur de compétence. Et j'ai de la chance, je viens d'en trouver une...! »

Le congé solidaire, pour partir autrement

Donnant Donnant

Pour partir en congés solidaires, l’entreprise s’acquittera d’un don pour chaque départ d’un de ses salariés. Prévoyez 2 200 euros hors déduction fiscale. Cela peut sembler surprenant de payer alors que le salarié donne de son temps mais contrairement à un autre type de don on sait exactement où va l’argent. Cette somme permet de financer les frais de gestion de l’association PU mais également la mission du salarié sur place ainsi que sa formation avant le départ. « Le bénéficiaire, précise Pierre, ne doit rien avoir à sa charge ». Par ailleurs, cette somme est défiscalisable à hauteur de 60%. Pour les entreprises qui acceptent de s'engager, elles peuvent ou non choisir de payer le visa du salarié, si besoin, les vaccins, le billet d'avion... Une somme déductible fiscalement qu'elle soit versée par le salarié ou l'entreprise.  

Au-delà de l'aspect financier, « les entreprises comprennent que l’engagement est différent » affirme Pierre. « Elles cherchent à rassembler leurs collaborateurs, à créer une unité, une cohésion au sein de l’entreprise, à décloisonner la hiérarchie, à développer les qualités d’adaptations...». Loin d'un week end sportif ou gastronomique, les salariés partagent leur expérience avec les collègues autour de la machine à café. Devenu très tendance dans les grosses boites pour unifier et fidéliser ses salariés, ce type d'action permet aussi à l'entreprise de mettre en avant ses valeurs et vendre une belle image de marque auprès de ses clients.

Souvent, les salariés de retour souhaitent déjà repartir sur une nouvelle mission et dans certaines entreprises la liste d’attente est longue. Une autre solution, mettre de l’argent de coté et partir sans l’aide de son employeur. Dans ce cas, le don s'élève pour le particulier à 1 645 euros, là encore déductibles, à hauteur de 66%. « Financer sa mission, forcément ça limite les possibilités de départ. De plus les coûts ne sont pas négligeables malgré les aides fiscales... Ma première mission était financée par mon employeur, la seconde par mes propres fonds. Ce qui explique que je sois partie si longtemps après. » explique Valérie. 

Le congé solidaire, pour partir autrement

Une expérience humaine

Que vous soyez prof, comptable, hôtesse d'accueil... peu importe le profil, c’est l’envie qui doit d’abord motiver. Valérie comme n’importe quel volontaire avant un départ avait des doutes. « Je craignais de ne pas être compétente, de manquer la cible. ». Parce qu'effectivement il faut tenter de remplir au mieux ses objectifs avec tous les aléas de la vie quotidienne de ces pays en voie de développement. Difficile de faire un cours d’informatique avec des coupures d’électricités récurrentes ! L’adaptation est de mise tout comme l’humilité, l’écoute et la patience. « Il faut venir en laissant ses principes d’Européens à l'aéroport. Les jours qui font la mission sont à mon sens les deux premiers. Ils fixent le positionnement vis à vis des bénéficiaires, c'est essentiel. On ne fait pas de la colonisation humanitaire. » précise Valérie. 

Pour Pierre, l’objectif est simple « le partenaire doit s’approprier les techniques du volontaire et les réutiliser pour devenir autonome ». Le volontaire est un appui, « il ne doit surtout pas faire à la place des bénéficiaires ». L’échange est donc essentiel autant pour le salarié qui doit transmettre et s’adapter à un contexte inconnu qu’aux locaux qui doivent apprendre et surtout s'approprier de nouveaux savoir-faire. Mais pas facile pour le volontaire d’évaluer l’impact de son intervention dans une mission. « Comme prévu, je n'ai pas changé le monde. C'est difficile de mesurer le bénéfice sur les missions que j'ai faites, car les missions sont tellement ponctuelles que l'on a vraiment besoin de se restituer dans le projet global. Je vois plutôt cela comme une mission de consultante : un coup de pouce dans un projet » constate Valérie. Pari gagné donc si l’on a bien conscience qu’on reste un maillon de la chaine.

Le congé solidaire, pour partir autrement

Rare sont ceux qui rentrent déçus. La majorité des volontaires partis en congés solidaires se sentent grandis et enrichis d’une telle expérience. Il s’agit « d’une belle mise en perspective » confirme Valérie. « Je pense que cela m'a apporté beaucoup de joie de vivre et de bonheur. Pour deux raisons : on relativise nos difficultés et on découvre l'incroyable dynamisme des populations que l'on accompagne. Cet enthousiasme est bien loin des images d'Epinal servies en boucle par nos journaux télévisés. Le plus intéressant est de voir le dynamisme local, mais aussi les difficultés. Ces immersions ouvrent l'esprit ». Un projet pour vos prochaines vacances?

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