Maison Gaïta.... dans l’air du temps

mercredi 9 mars 2011 | Amelie Roux
Assemblée en quatre jours sur l’Ile Saint-Germain à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) en avril 2010, la maison Gaïta ne remplit pas uniquement une fonction d’habitat familial. Alliant architecture et technologie, cette maison contemporaine à énergie positive abrite, entre autre, un système expérimental de ventilation, le Gaïta (Global Air Integrated Technology in Architecture).
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La maison Gaïta est située sur l'Ile Saint-Germain...  | Photo Luc Boegly... à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). | Photo Luc BoeglyLa maison a une superficie de 280 m². | Photo Luc BoeglyLa maison Gaïta allie architecture et technologie. | Photo Luc BoeglyLe bâtiment est équipé de brise-soleil en panneaux photovoltaïques. | Photo Luc BoeglyLa surface sud, coté jardin, a été vitrée à plus de 60%. | Photo Luc BoeglyLa maison produit plus d'énergie qu'elle n'en consomme... | Photo Luc Boegly... C'est une maison à énergie positive ! | Photo Luc BoeglyFace nord, les ouvertures sont plus petites. | Photo Luc BoeglyCôté rue, la peinture utilisée empêche le bois de chauffer. | Photo Luc BoeglyLa cour d'entrée. | Photo Luc BoeglyLe séjour... | Photo Luc Boegly... très lumineux. | Photo Luc BoeglyUne partie du travail a été effectuée dans un atelier en Autriche... | Photo Luc Boegly.... où le marché est très développé et plus compétitif qu'en France. | Photo Luc BoeglyLa structure de la maison a été acheminée par camion... | Photo Luc Boegly... puis assemblée sur place à Issy-les-Moulineaux. | Photo Luc BoeglyDe larges ouvertures... | Photo Luc Boegly... apportent un très bon niveau de confort visuel. | Photo Luc BoeglyLe bureau. | Photo Luc BoeglyL’organisation spatiale a été très étudiée...  | Photo Luc Boegly... comme le choix des matériaux. | Photo Luc BoeglyLa salle de bains. | Photo Luc BoeglyAu début, la maison devait être en béton...  | Photo Luc Boegly... mais l’empreinte carbone était plus élevée que celle du bois. | Photo Luc BoeglyLa structure en bois a été découpée et pré-assemblée en Autriche. | Photo Luc BoeglyLa maison a été conçue selon une démarche d’éco-conception. | Photo Luc BoeglySous la douche. | Photo Luc BoeglyLes fenêtres triple vitrages. | Photo Luc BoeglyPascal Gontier a beaucoup étudié la problématique de l’isolation des bâtiments... | Photo Luc Boegly... ce qui l’a amené à utiliser davantage de matériaux sains et naturels. | Photo Luc BoeglyCette maison contemporaine abrite un système expérimental de ventilation, le Gaïta. | Photo Luc BoeglyLe système de ventilation. | Visuel Pascal Gontier

Son concepteur et occupant, Pascal Gontier n’a pas attendu le Grenelle de l’environnement pour se poser les bonnes questions en matière d’écologie ni pour proposer à ses clients une architecture dite verte. Malheureusement, c’est loin d’être le cas sur le territoire français, résolument frileux lorsqu’il s’agit d’innover. Ces expériences s’avèrent pourtant nécessaires pour améliorer la performance du bâti et réduire son empreinte sur notre environnement.

Le développement durable, un cheminement

Dès le début de ses études d’architecture dans les années 80, Pascal Gontier s’intéresse aux questions de l’étalement urbain sur le territoire, aux limites de la ville. Il s’amuse même à évoquer ses années de scoutisme. « Très jeune déjà, j’ai constaté que pour construire il fallait détruire. Mais ce n’est que bien plus tard que je me suis demandé si c’était bien de construire. » Au cours de ses premiers stages, il est confronté à la problématique de l’isolation des bâtiments. « Une isolation qui, le plus souvent, s’effectuait avec du polystyrène, un matériau que je déteste », précise-t-il.

Cette expérience l’a amené à utiliser de plus en plus des matériaux sains et naturels. Désormais, la question du comment construire se profile. Ce parti pris s’est ensuite confirmé lors de voyages effectués d'abord au Mexique où il travaille sur le traitement des déchets, puis au Venezuela où il ressent physiquement l’appauvrissement architectural. « J’ai été très malade avec la climatisation. Je ressentais une sensation de claustrophobie dans ces bâtiments complètement vitrés où l’on ne pouvait pas ouvrir une seule fenêtre ». Des rencontres au cours de ces voyages vont le conforter dans l'idée de dessiner des bâtiments bioclimatiques, en adéquation avec leur environnement.

Maison Gaïta.... dans l’air du temps !  

En rentrant en Europe, il suit une formation en Suisse et en Belgique, pays déjà convaincus par ces questions environnementales. «  J’y ai appris à toujours avoir un regard critique, à faire des bilans écologiques sur la fabrication des matériaux. Cela m’a ouvert sur les nouvelles techniques de mise en œuvre ». Ce bagage en poche, il n’hésite plus à proposer à ses clients d’aller plus loin dans le projet. Un projet classique deviendra BBC (Bâtiment basse consommation), un bâtiment BBC deviendra passif (normes d’isolation trois fois plus exigeantes). Et sa maison sera Gaïta.

Vers une nouvelle aire

Au début de ce projet, il dessine sa maison de 280 m² comme il l’imagine, même si son objectif final est de « créer la maison la plus performante de France ». De nombreuses discussions avec son épouse l’amènent à l’organisation spatiale actuelle : une cuisine ouverte sur le salon en rez-de-chaussée ; trois chambres, une bibliothèque et une salle de bain au premier étage ; et l’espace des parents au deuxième étage. C’est le choix des matériaux (structure, isolation, embellissement, bardage, etc.), du mode de construction, des systèmes énergétique et respiratoire qui se transformeront ou s’adapteront aux volontés formelles et spatiales des futurs occupants. « La technique a servi le projet architectural », insiste l’architecte.

Le terrain étant situé sur une zone inondable, il a d'abord fallu stabiliser la maison sur le bon sol : le choix s’orienta sur des pieux dit « énergétiques ». Pascal Gontier traduit : « à l’intérieur de ces pieux creux, nous avons fait passer les capteurs énergétiques de la pompe à chaleur géothermique (PAC). L’énergie de la terre est transmise au béton, captée par la PAC qui nous fournira le chauffage ». Cette pompe à chaleur géothermique a été installée au sous-sol de la maison. Cette machinerie nécessite, en effet, une pièce supplémentaire dans la maison ; on y trouve également la buanderie.

Maison Gaïta.... dans l’air du temps !

Le corps du bâtiment en bois a été découpé, pré-assemblé et isolé avec de la laine de bois et de la ouate de cellulose, selon les niveaux d’exigences d’une maison passive (28 cm). Un travail effectué dans un atelier en Autriche. « Les Autrichiens, contrairement aux Français, ont énormément développé ce type d’atelier. Les fenêtres triple vitrages ont également été fabriquées là-bas. Le marché, très développé, est plus compétitif, explique Pascal Gontier. Ils possèdent également des avis techniques qui n’existent pas encore en France. »

Elle fut ensuite acheminée par camion puis assemblée sur place. Là encore, la maison a évolué par rapport au projet initial. « Au début, la maison devait être en béton mais l’empreinte carbone (son taux de pollution lors de sa fabrication, NDLR) de ce matériau était plus élevée que celle du bois même si l’on y ajoutait le CO2 dégagé par l’acheminement par camion », précise l’architecte.

Une maison à énergie positive

La surface sud, coté jardin, a été vitrée à plus de 60%, « sans la volonté de faire du bioclimatique. Je n’aurais pas oser tant de vitrages ». Des brise-soleil en panneaux photovoltaïques ont été ajoutés, cela évite les surchauffes en été, agrémente la façade et produit de l’énergie. « Nous revendons cette électricité à EDF. Nous pensons avoir un retour sur investissement au bout de dix-sept ans ». La maison produit plus d'énergie qu'elle n'en consomme : voici une maison à énergie positive.
Coté rue, au nord, des ouvertures plus petites et un bardage en bois brut peint en noir : « la peinture utilisée a de petites particules métalliques qui évitent que le bois ne chauffe ». L’entrée de la maison se fait par une courette où s’élèvera bientôt un mur végétalisé appuyé sur un mur de bambou. « Il offre un agrément visuel à la rue et de biodiversité ».

Maison Gaïta.... dans l’air du temps !

En ce qui concerne la ventilation, le prototype Gaïta est toujours à l’étude donc nous n’en saurons pas beaucoup plus. L’idée étant de développer un système de ventilation naturelle. « Une maison a besoin de respirer, appuie Pascal Gontier. La ventilation dans les maisons passives se fait avec une machine appelée "VMC double flux". Le projet Gaïta a la volonté de proposer une ventilation naturelle. La maison n’est plus branchée à un appareil respiratoire. »

L'adage « les architectes sont les plus mal logés » ne s’applique donc pas à Pascal Gontier, qui confesse tout de même que construire pour soi n’est pas une mince affaire. « On travaille le projet quand on a le temps. Mais on a le devoir d’aller au bout de ses idées ». Depuis que le couple y habite avec ses trois enfants, tous s’y sentent bien. « Hormis des relevés que je fais tous les matins, on ne ressent pas la technologie. Le plus agréable, c’est la luminosité ». Ces techniques, alliées à une architecture bien pensée, permettront à terme de réduire l’empreinte écologique du bâtiment encore très élevée.

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