Reporters no(t) mad

Deux reporters expatriés à Juba, au Soudan, pour couvrir le referendum d'indépendance du sud du pays, le 9 janvier 2011.

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On voulait juste rentrer plus rapidement
vendredi 19 nov. 2010
Sociabiliser avec les locaux, c'est très bien, mais quand ils sont militaires, bof...

"Qu'est-ce que c'est comme bâtiment ? Ca appartient au GOSS (gouvernement du Sud-Soudan) ?" Oups, l'erreur ! Poser une telle question à un militaire armé d'un AK 47 n'est (peut-être) pas forcément la question la plus pertinente à poser. En effet, après nous avoir demandé pourquoi on posait cette question - genre plus soupçonneux que vraiment surpris - et qu'on ne devait pas poser ce genre de question, il décide de contrôler nos papiers. On les lui sort. Confiants.

Quelques jours auparavant, nous avions reçu le dernier papier pour compléter notre collection du "je suis journaliste-on a l'autorisation de tout le monde au GOSS pour faire notre travail-alors lâchez-nous un peu". Aparemment, pas encore suffisant pour notre soldat zélé. Il interpelle ce qui nous semble être un supérieur... Qui nous amène dans sa guérite.

Et dire qu'on est off duty. On revenait d'un rendez-vous reporté (une spécialité d'ici apparemment). On voulait seulement tenter de trouver un raccourci. Oui, mesdames et messieurs, maintenant nous sommes de vrais Jubaiens (Emilie penche pour Jubanais, mais c'est moi qui écrit, donc, c'est moi qui choisit aujourd'hui, na!). Et en tant que vrais Jubaiens, on en est à choper des raccourcis à travers les chemins de terre et tout et tout. Comme les vrais. Ok, ça fait beaucoup de "vrai" en un paragraphe. Promis, juré, j'arrête. Vrai de vrai.

Donc, je disais, avant d'être interrompu assez grossièrement par moi-même, qu'on tentait juste de trouver moyen de rejoindre notre campsite préféré le plus rapidement possible pour ne pas rater "En el nombre del amor" (qui fera l'objet d'un post, obligé) sur le câble kényan quand on est tombé nez à nez avec cette immense bâtiment neuf. "Immense" et "neuf", deux adjectifs suffisants pour titiller notre curiosité. enfin, surtout celle d'Emilie, plus réactive sur le coup. D'où la question. D'où les emmerdes.

Bon, finalement, le supposé supérieur nous a laissé rapidement tranquilles. Non sans avoir sorti son téléphone portable encore plus gros qu'un beebop cuvée 1995. Détail sans importance pour l'histoire, mais qui a failli nos coûter un bon fou rire sur le moment.

C'est bien joli tout ça mais c'était quoi comme bâtiment alors ? Et ben, on en sait toujours rien. Une sorte de quartier général du GOSS a priori. On vous tient au courant, si on en sait plus.

En tout cas, ici comme ailleurs, poser une question à un militaire n'est définitivement par la meilleure chose à faire. Tu m'étonnes qu'on surnomme l'armée "la grande Muette".

1 Commentaire

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taping

Paragraphe, tu veux dire.
Sinon, bon fou rire à vous imaginer.

 

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