"Radio Lee Doo" de Kim, en live

Kim a sorti, en octobre, Radio Lee Doo. Retrouvez l'ensemble des titres de cet album interprétés chez lui, dans son espace cosy, à Paris.

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Live à domicile : Don Lee Doo
mercredi 23 nov. 2011
Neuvième et avant-dernier morceau de l'album : Don Lee Doo, qui emprunte le titre au premier disque de la trilogie.

Après The Sunlights never came enchaîné avec The Candidate, voici Don Lee Doo à l'omnichord.

 

Peut être-est ce compliqué de comprendre que la neuvième chanson de mon nouvel album Radio Lee Doo s'intitule Don Lee Doo, c'est-à-dire exactement comme le titre de mon album de 2008. Comme je l'ai expliqué plein de fois, mes trois derniers albums fonctionnent ensemble car c'est une trilogie : Don Lee Doo en 2008, Mary Lee Doo en 2009, et Radio Lee Doo en 2011. Pour boucler cette trilogie, j'avais prévu de revenir au fur et à mesure de Radio Lee Doo sur des similitudes avec l'album de 2008. Ainsi, The Candidate ressemble beaucoup à When the river turns around (deuxième chanson de l'album de 2008), et Don Lee Doo emprunte le titre au premier disque de la trilogie. Une sorte d'arsis thesis conceptuel et discographique.

Car en plus de renvoyer au titre de l'album de 2008, Don Lee Doo renvoie aussi à la première chanson de la trilogie, Don Lee Doo on Belly Bay par son rythme, sa mélodie et son harmonie, ainsi que par l'aspect sectaire de la chanson. Je voulais qu'on imagine une tribu. Un peu comme les dessins que j'avais fait pour l'album Don Lee Doo et que j'avais postés sur des blogs à l'époque. La tribu est illustrée par les sons de balafon et de flute. Il se trouve que j'ai pris cette partie là à une chanson que je n'ai pas finie. Je me dis qu'un jour, peut-être, je la terminerai et on entendra l'emprunt a posteriori. En tout cas, cette longue intro nous prépare à la chanson la plus tribale que j'ai pu enregistrer à ce jour. Après avoir joué des flutes et des balafons, j'ai enregistré le reste à CBE avec David Mestre à la console.

Pour cette chanson, j'ai joué deux batteries. Je n'avais pas fait ça depuis des années. J'adore jouer deux parties de batteries pour le même titre. Puis j'ai joué cette gamme asiatique au mellotron. Chez moi, j'ai joué la basse et les guitares reggae, puis j'ai chanté sur ce texte sectaire Don Lee Doo Wa. Ensuite, j'ai fait un solo de percussions pour la fin. Je m'étais entrainé sur un titre expérimental (que j'avais publié l'an dernier sur mon blog Coussinet) et j'avais apprécié la texture de certaines percussions étranges comme la tasse de café dans laquelle on jette une cuillère (et qui renvoie à mon album expérimental La cuisine selon certains principes de 2001) ou encore le sifflet, les saccades de syncopes aux tambours. Je voulais quelque chose qui rappelle le Brésil. Dans cette chanson, je voulais qu'on voyage le plus possible. On commence dans la jungle équatoriale, on part en Asie avec le thème, puis en Afrique avec le rythme, puis au Brésil.

Je me suis posé beaucoup de questions sur le métissage en musique

En 2008, pour la promotion de Don Lee Doo, j'avais été invité à une émission de radio sur France Culture dans laquelle il y avait Combas. J'avais expliqué que, dans mon album, j'utilisais des gammes asiatiques, des rythmes allemands, des harmonies bluesy américaines, des claviers new wave frenchy et un chant anglais pour que, discrètement, on écoute une musique world sans s'en rendre compte. Combas m'avait un peu calmé en rétorquant : "oui, mais quand on vous écoute en acoustique, ça sonne folk et puis voilà". J'avais expliqué que, d'après moi, il allait bientôt falloir ouvrir notre métissage car la world music allait devenir une grammaire et non plus un label garantissant l'exotisme. On avait beaucoup parlé hors antenne. Effectivement, je n'avais pas assez grossi le trait. Lorsque j'ai enregistré la chanson Don Lee Doo, j'ai repensé à Combas. J'ai fait des recherches sur beaucoup de musiques de beaucoup d'endroits du globe, les ai partagées sur Facebook et me suis posé beaucoup de questions sur le métissage en musique.

Dans les années 90, mon obsession du métissage était plus située autour des problématiques de timbres qu'autour des problématiques de mélodies. Je voulais, pour schématiser, mélanger le hip hop à la new wave, le hard rock à la folk, et tenter toute sorte de combinaisons pour trouver l'invariant émotionnel de toutes ces couleurs. Aujourd'hui, il me semble qu'au contraire, la démolition des chapelles se situerait plutôt dans l'apprentissage expert des différentes grammaires mélodiques du monde. Nous ne sommes plus en 1985, époque à laquelle Peter Gabriel et plein d'autres tentaient un passage en force teinté de messages politiques. C'est une époque que j'adore, mais je me demande quelle est la suite aujourd'hui. Mes récentes collaborations avec Ava Carrere qui chante en 5 langues, ou April Shower et leurs instruments du monde, me font me poser des questions. J'ai tenté quelque chose avec la chanson Don Lee Doo.

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