La Bulle au bond

Rencontres et découvertes au Festival International de la Bande Dessinée

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En préchauffe du Festival : Sandoval revient à Paris
mardi 24 janv. 2012
L'auteur de Doomboy expose des illustrations originales.

Faites trembler votre iPod avec un peu de metal scandinave empreint de lyrisme apocalyptique. Cachez vos yeux sombres sous une capuche, trempez-vous l'âme de mélancolie, et laissez vos pas vous guider à travers les touristes de la rue St-Louis en l'île. Pour la deuxième fois, la galerie Arludik accueille une exposition d’œuvres originales de Tony Sandoval, icône de la BD mexicaine, édité en français par les Suisses de Paquet.

Son dernier album, Doomboy, a été retenu pour faire partie de la sélection officielle du festival d'Angoulême. Dans ce bel objet en format à l'italienne, on découvre l'histoire d'un adolescent musicien, cachant sa timidité et sa peine derrière ses cheveux longs. Meurtri par la mort de son amie, il tente de jouer pour elle des solos de guitare qu'elle pourrait entendra dans l'au-delà - une réécriture du mythe d'Orphée façon Highway to hell, servie par le magnifique travail graphique de Tony, à l'aquarelle et à l'encre, où toutes les couleurs sont subtilement trempées de noir.

Tony Sandoval est un peu parent de Nicolas de Crécy pour le bouillonnement onirique, les pensées sombres, et le trait parfois faussement tremblé. A l'exposition, on trouve des illustrations originales à l'encre de Chine très proches de l'atmosphère de l'album, des illustrations au crayon graphite assez gore d'ambiance Lowbrow, des travaux à l'acrylique et à l'aquarelle... le tout en grand format. De très jeunes filles, au visage innocemment cruel, y jouent avec des monstres ou entre elles. Tout cela est à la fois inquiétant et doux.

On retrouve les jeux de métamorphoses qu'il avait explorées jusqu'à plus soif dans Les Bêtises de Xinophixerox, album qu'il avait publié l'an dernier chez Paquet et dont les planches avaient nourri sa première exposition parisienne en 2009. Un petit démon mégalomane y possédait la population de tout un village, ce qui donnait lieu à un florilège de transformations physiques aussi sauvages qu'incongrues - un bon délire graphique assumé, qu'accompagnait un délectable petit flip-book poursuivant le jeu des mutations du démon. Dans certains travaux, les pastels notamment, on retrouve un écho d'Odilon Redon. Enfance et magie, folie et poésie, innocence et nécromancie, l'univers de Tony est aussi fascinant que foisonnant.
A Angoulême, on le retrouvera sur le stand de son éditeur Esplanade du Champs de Mars, chapiteau "Le monde des bulles", stand CM12.

> Du jeudi 19 janvier au samedi 11 février 2012 :
Exposition gratuite à la galerie Arludik, 12-14 rue Saint Louis en l'Ile 75004 Paris. Du mardi au samedi de 14h à 19h.

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