"X-Men : Days of Future Past", le meilleur des mutants

mercredi 21 mai 2014 | Marco Pierrard

Excellent

Bryan Singer reprend les rênes d'X-Men, la saga des mythiques mutants et la porte au sommet. Un épisode jouissif et captivant, en équilibre subtil entre action, humour et émotion.

Ce nouvel opus de la franchise X-men débute dans un futur proche où mutants et humains sont décimés par les Sentinelles. D'abord créés pour éradiquer les mutants, ces robots géants ont fini par prendre aussi les humains pour cible. Magneto (Ian McKellen) et le Professeur X (Patrick Stewart), enfin réunis autour des rares mutants survivants, élaborent un plan de la dernière chance pour sauver la planète : modifier le passé. Wolverine (Hugh Jackman), seul capable de supporter le voyage, est envoyé par Kitty Pryde (Ellen Page) dans les années 70, une dizaine d’années après les évènements relatés dans X-men : le commencement (2011). Il va devoir convaincre les jeunes Magneto (Michael Fassbender) et Professeur X (James McAvoy) d’unir leurs forces pour éviter l’arrestation de Mystique (Jennifer Lawrence) qui projette de tuer le Dr. Bolivar Trask (Peter Dinklage), inventeur des robots anti-mutants. Entre les mains du gouvernement, l’ADN de la mutante bleue devient l’élément qui permet de faire des Sentinelles des armes invincibles. La mission de Wolverine s’avère d’autant plus difficile que le temps est compté. Dans ce passé en mutation, rien ne se déroule comme prévu tandis qu’au même moment, dans le futur apocalyptique, les Sentinelles prennent d’assaut le repaire des X-Men survivants.

© 2014 - Twentieth Century Fox

La concordance des mutants

Ce nouvel épisode de la saga sait tirer profit des films précédents qui ont dévoilé, parfois de façon un peu répétitive, la psychologie des personnages pour mettre à jour leurs faiblesses et révéler des facettes inédites de leur personnalité. Le jeune Professeur X va ainsi devoir surmonter la déprime qui l’accable depuis le départ de Mystique et retrouver l’espoir. Magneto doit mettre de côté sa méfiance envers les humains pour aider son meilleur ennemi dans cette tentative désespérée de modifier le futur. Mutante au centre de cet imbroglio temporel, l’évolution de Mystique apporte sa profondeur au film. Se sentant trahie par le Professeur X et se méfiant de Magneto, elle agit désormais seule et symbolise le rejet des mutants par les humains. Persuadée que ses actions sont bénéfiques aux mutants, elle a du mal à accepter qu’elle est la cause du désastre à venir. Confrontés à un futur désespérant et plongés dans un climat d’urgence permanente, les mutants doivent lutter contre leur propre destinée, ce qu'ils sont et vont devenir. Le nouveau personnage le plus réjouissant est Quicksilver, interprété par Evan Peters – repéré dans la série American Horror Story. Ce mutant ultra-rapide apporte fraîcheur et humour à cette histoire bien sombre. D’autres mutants, comme Bishop – joué par notre Omar Sy national –, sont bien plus discrets : juste quelques répliques pendant les batailles.

Chaos en parfait équilibre

X-Men : Days of Futur Past est terriblement efficace car les personnages impliqués ont tous quelque chose à perdre, y compris les humains, inconscients de la guerre totale qu’ils sont sur le point de déclencher. Pour les "mutants du futur", Wolverine doit mener à bien sa mission avant que les Sentinelles ne les attaquent. Comme dans un miroir, les mêmes personnages subissent également, dans le passé, le même ultimatum. Ce suspense, qui lie les protagonistes de chaque époque, nous tient en haleine jusqu'au dénouement, épique et stimulant bien que prévisible. Quelques scènes comiques, plus longues que les petites piques humoristiques habituelles, sont distillées habilement sans que jamais le rythme de cette mission de sauvetage ne soit perdue. La restitution des années 70 est impeccable et renforce l’ancrage des mutants dans l’Histoire, ainsi que l’attrait pour ces super-héros très humains. L’équilibre est parfait entre exploration des personnages, action pure et pointes d’humour qui se fondent dans un tout cohérent, malgré des actions parallèles à 50 ans d’intervalle : un exploit ! Certaines scènes rendent même la 3D utile, pour changer.

Basé sur un scénario envoutant qui tient ses promesses, ce nouveau X-Men dépasse les films qui l’ont précédé. Mais au-delà de sa valeur cinématographique, ce voyage de Wolverine a modifié le passé des X-Men dans les années 70, et donc leur avenir. Doit-on désormais considérer les trois films précédents sortis au début des années 2000 – ainsi que les deux films consacrés à Wolverine – comme une réalité parallèle ? La suite des aventures des mutants au cinéma va-t-elle repartir de ce nouveau point de départ ? Le spot de quelques secondes, caché à la fin du générique, semble indiquer que l’intrigue risque de remonter bien plus loin…

X-Men : Days of Future Past, réalisé par Bryan Singer, États-Unis / Royaume-Uni, 2014 (2h11)

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