Le street art sort de la rue

lundi 17 déc. 2012 | Marie Desgré

De la clandestinité des premiers graffitis à cette exposition très officielle de onze artistes mondialement connus, le street art a fait du chemin. Cette forme d’art désormais reconnue continue pourtant d’interroger, d’apostropher, et parfois de se cacher, à l’image d’un Banksy ou d’un Invader qui refusent toujours (peut-être plus que jamais) de se montrer.

C215 a créé une oeuvre spécialement pour l'exposition, un bel hommage au musée de La Poste.

Ephémère, l’art urbain ? Pas tant que ça. Si vous n’avez jamais vu les œuvres qui forment l’exposition Au-delà du street art au musée de La Poste à Paris, vous reconnaîtrez au moins la patte des artistes, des petits carreaux d’Invader aux silhouettes féminines de Miss. Tic. Au-delà du seul style des artistes, il y a aussi les matériaux propres à la rue. Les oeuvres sont taillées à même la pierre, collées clandestinement sur les murs ou graphées sur les objets qui dessinent le paysage urbain. Il y a encore la plume que choisissent ces poètes de la rue : acrylique, pochoir, mosaïque, peinture aérosol…

Regard sur la ville

Surtout, on reconnaît la diversité des regards et des discours qui font du street art cette discipline si particulière, bien au-delà du graph déposé comme un baiser volé sur les murs de la ville. Ces œuvres sont à elles seules une histoire, racontent toujours quelque chose. Elles militent parfois, ou donnent à voir la société telle que l’artiste l’a observée au moment où il foulait les rues de la ville.

Dran,

Dran exprime d’un trait qui rappelle les illustrations des livres pour enfant tout le cynisme que lui inspire la société contemporaine, comme dans Ville propre, où un employé municipal chargé de repeindre les murs tagués fait disparaître, du même coup de pinceau, le SDF qui se faisait déjà tout petit. De Shepard Fairey, on retient la critique sur le matraquage des messages publicitaires, et l’omniprésence des caméras de surveillance dans la ville.

De la rue au musée puis à Internet et... à nouveau à la rue

Tous les artistes présentés dans cette exposition sont depuis longtemps passés de la rue au musée. Ils exposent, font l’objet de documentaires (notamment Banksy), certaines de leurs œuvres font même partie des images les plus connues au monde. C’est le cas de Shepard Fairey, aussi connu sous le nom d’Obey… dont le célèbre portrait de Barack Obama intitulé Hope a fait le tour de la planète, jusqu’à devenir un mème sur Internet mais également, comble de son succès… détourné et affiché dans les rues.

Scultpure de Vhils sur mur de briques, créée spécialement pour l'exposition.

Pourtant, vous ne reconnaîtrez pas toutes les œuvres présentées dans cette exposition. Certaines ont été créées pour l’occasion, réalisées sur place, comme le portrait sculpté par Vhils dans un mur de briques. Et parce que le temps et les conditions de la création racontent un chapitre supplémentaire de l’histoire de ces œuvres urbaines, des vidéos montrent la plupart des artistes à leur (chef d')œuvre, dans leur environnement naturel. Magie du street art, en sortant du musée la tête remplie de poésie et de critiques de la société, il suffira de lever les yeux pour continuer l’exposition, cette fois grandeur nature au hasard des rues de Paris.

> Au-delà du street art - L'adresse Musée de La Poste, 34 boulevard de Vaugirard, Paris XV - Jusqu'au 30 mars 2013.

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