Roy Lichtenstein, derrière le pop

lundi 8 juill. 2013 | Jean-Charles Dufeu

On connaît tous Roy Lichtenstein. Cet artiste américain, icône du pop-art, a marqué le siècle par ses peintures en formes de cases de bandes dessinées. Voilà ce qu'il faut savoir. Et c'est tout ? L'exposition du Centre Pompidou pourrait pourtant nous faire penser le contraire. 

Car, ce que le grand public a retenu de Roy Lichtenstein ne représente en fait que la partie émergée de l'iceberg artistique. Derrière les grands panneaux colorés, se cache une approche esthétique beaucoup plus complexe et riche que la naïveté apparente de ces toiles ne le laisserait entendre. Formé à l'école classique, Lichtenstein s'est d'abord fait un (petit) nom avec des natures mortes, des nus ou des paysages, qui lui permettent de parfaire sa technique picturale. Ce n'est que dans une seconde phase de sa carrière, poussé d'ailleurs par la nécessité, que l'artiste va tracer son chemin pour devenir l'une des figures tutélaires de ce qu'on appelle alors Pop Art. Autant par facilité que véritable analyse. 

Aux côtés d'Andy Warhol, dont il n'atteindra jamais la gloire, Lichtenstein se construit une notoriété de son vivant par d'immenses reproductions colorées de figures populaires de la culture américaine (Mickey Mouse, Donald Duck…) ou de personnages de comics. Très référencée (ses toiles font souvent des allusions aux maîtres du XXème siècle) et riche en interprétations, l'oeuvre ne lui vaut pourtant pas la meilleure des réputations. En 1964, le très respecté magazine Life publie un article au titre éloquent "Roy Lichtenstein est-il le pire artiste de toute l'Amérique" ? Beaucoup plus exigeante qu'elle n'y paraît, l'oeuvre de Lichtenstein pose un regard critique sur une société américaine qui lui rend la pareille. 

Après une escale à Chicago, Washington et Londres, l'exposition Roy Lichtentsein arrive désormais à Paris, accueillie par le Centre Georges Pompidou. L'occasion, d'y découvrir, derrière un kaléidoscope de couleurs, la personnalité d'un artiste singulier et complexe. 

> Roy Lichtenstein, du 3 juillet au 4 octobre 2013, centre Pompidou. 

> Le catalogue de l'exposition Lichtentention, Nathan Dunne, Hugo & Cie, juillet 2013. 

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