Le retrogaming surfe sur la nostalgie geek

jeudi 24 avr. 2014 | Dorothée Duchemin

25 ans après sa naissance, la Game Boy n'a sans doute jamais été aussi populaire. Et elle n’est pas la seule : en 2014, nombre d'objets high-tech complètement dépassés et vieux de 10 ans, au moins, ont le vent en poupe. La preuve.

La Game Boy, une retraite dorée

La Game Boy vient de fêter son quart de siècle. Il y a tout juste 25 ans, le 21 avril 1989, alors que la NES cartonne, la Game Boy débarque dans les cours de récré et fait de l'oeil aux petits comme aux grands. En France, il faudra cependant attendre le 28 septembre 1990 pour que la console portable arrive dans l'hexagone. Prix de vente : 590 francs. Elle est vendue avec Tetris, le jeu de briques russe qui nous a tous rendus fous. Son succès est fulgurant, pourtant, elle n’était pas la première console portable sur le amrché : la Microvision de la Milton Bradley Company est sortie dès 1979. Mais la Game Boy a immédiatement suscité de la tendresse. Sans doute cet attachement est-il dû au gris douteux de sa coque, à son style monolithique, ou à son petit écran noirâtre et blanchâtre ? A moins que ce ne soit son prix abordable, sa petite taille, sa faible consommation de batterie ou encore les nombreuses pépites de sa ludothèque. 

 

Son papa, c'est Gunpei Yokoi, déjà inventeur des géniaux Game & Watch, jeux électroniques commercialisés par Nintendo et dont la Game Boy est la riche héritière. La Game Boy, et ses nombreuses déclinaisons – color, light, advance, etc. – se sont écoulées à plus de 200 millions d’exemplaires, avant d’être peu à peu évincées par la DS, sortie en 2004. En 2005, dernier soubresaut pour la Game Boy Advance, avec la Game Boy Micro, lookée comme les Game & Watch. La boucle était bouclée.  

Complètement dépassée technologiquement, elle reste la console portable de cœur des trentenaires et même des plus jeunes. Et pas seulement pour ceux qui regardent Game One avec un T-shirt estampillé Star Wars. La Game Boy a même su se diversifier et entame aujourd’hui une belle carrière dans la couture.

Et malgré sa retraite méritée, elle file des jours heureux sur eBay, Leboncoin et tous les sites de ventes d’occasion. La Game Boy est aujourd’hui l’une des figures de proue du retrogaming, cette passion immodérée que voue l’époque actuelle aux jeux vidéo du siècle dernier.

Les émulateurs de jeux vidéo, ou comment tuer votre productivité

Si les jeux vidéo sont de plus en plus performants, Mario, Doom et Mortal Kombat conservent un charme fou ! En juin dernier, les Pac-Man et Sonic prenaient le Grand palais pour une expo qui fleurait bon le temps passé "L’âge d’or des jeux vidéo" ; sur la toile, les plateformes d’émulation de jeu se multiplient.

L’émulation d’un ancien jeu vidéo est un programme qui permet d'y jouer en ligne, sur PC ou sur une console moderne. En mars dernier, le blog Golem 13 repérait la précieuse contribution sur Imgur de PancakeRiot. Il avait listé les 23 meilleurs jeux d’antan disponibles sur navigateur. De Prince of Persia, sortie en 1989, à Zelda en passant par Street Fighter II, Doom et Mario, les jeux sont disponibles pour la plupart sur deux des plus grosses plateformes d’émulation de jeux vidéo, Nesbox.com pour les jeux Nintendo, Ssega.com pour Sega. Notez que Doom est lui disponible sur Kongregate.com, proposant des jeux moins célèbres comme Burrito Bison Revenge. Vous connaissiez ?

L'âge d'or du retrogaming

Si certains se contentent de jouer entre midi et deux en croquant dans un sandwich, d’y rejouer dès que le boss a le dos tourné, et aussi quand ils ont besoin de faire une pause après 20 bonnes minutes de labeur, d’autres s’offrent carrément les consoles d'époque. Le site de vente d’occasion GameCash est fier d’arborer son onglet retrogaming. On y trouve des Game Boy, des NES, des Super Nintendo, des Megadrive et les jeux qui vont avec ! D'ailleurs, grouillez-vous si vous voulez une Game Gear : les prix flambent ! Comptez environ 448,10 euros, preuve que la portable rondouillarde de Sega est en voie d’extinction. Et que son extinction a un prix.

Avec une dose de créativité en plus, la boîte Lëkki, une société française désormais basée en Pologne, surfe aussi sur la tendance. Son truc à elle, récupérer les vieilles consoles d’occasion, les retaper, leur donner de jolies couleurs avant de les revendre. On y trouve la Super Nintendo, la Nintendo 64 et la Game Boy, en jaune, orange ou bleu.

 

Le Nokia 3310, indestructible, insubmersible, immortel

Lëkki fait aussi son fonds de commerce avec les vieux portables, « parce que trop de réseaux sociaux, trop de push, trop d’applis nous rendent esclaves de notre quotidien, Lëkki propose de revenir aux fonctionnalités et aux divertissements basiques. Simple mais efficace », lit-on sur le site de la société. Son coup de force du mois dernier ? Remettre en vente, avec les couleurs glossy dont elle a le secret, les célèbres Nokia 3310. Les internets se sont enflammés, il n'y en avait plus que pour le merveilleux, l'incroyable, l'indomptable Nokia 3310, sorti à la fin de l'année 2000. Mais ces jours-ci sur le site de Lëkki, pas de Nokia 3310 à l'horizon. Les liens des articles sont tous des liens morts. On a voulu en savoir plus, Lëkki nous a répondu être en rupture de stock et ne sait pas du tout quand le téléphone sera à nouveau disponible. 

Consolez-vous, Lekki.fr est loin d'être le seul site à vendre l'increvable 3310. On le trouve aussi sur le site trentetroisdix.com et même sur Amazon. 

Parce que le 3310, réputé indestructible et immortel, ceux qui l’ont eu entre leurs mains ne s’en remettent pas. Et Nokia l’a bien compris. Le 1er avril, la firme suédoise, aujourd’hui propriété de Microsoft, a collé sous antidépresseurs tous ceux qui ont cru à son génial poisson d’avril. Elle a annoncé dans un très sérieux communiqué de presse la réédition du 3310, mais avec un écran tactile, un appareil photo de 41 megapixels, disponibles en vert, bleu, rouge, vert. Un miracle rendu possible grâce à l’interface Windows phone 8. Mais en fait, non, c'était faux.

 

Le Tamagotchi, la fausse bonne idée

Le fabricant japonais Bandaï a lui aussi cédé à l’appel du retrogaming en ressortant son célèbre Tamagotchi. Mouais… Il s’agit d’un jouet en forme d’œuf, avec, au centre, un écran numérique ultra-pixellisé, en noir et blanc. L’animal qu’il ne faut surtout pas laisser tomber sous peine d’avoir sa mort sur la conscience, y apparaît pour réclamer des trucs de la vie quotidienne. Le jouet s’était vendu à 40 millions d’exemplaires entre 1996 et 1999. Depuis janvier, il est disponible en France pour 22 euros environ. Sachez qu’à Citazine, nous sommes très sceptiques concernant cette réédition. L’enfant qui n’était pas né en 1996 ne sera absolument pas nostalgique face au petit écran tout pourri du Tamagotchi. Et ses yeux pourraient se mettre à saigner.

Le problème avec cette nostalgie du passé, c’est qu’elle s’étend à des tas d’autres domaines que les jeux vidéo. Et c'est là que la tendance peut s'avérer dangereuse. Cet hiver il n’était par exemple pas rare de croiser des canards arborés fièrement dans le dos des doudounes Chevignon. Et cet été, ce sont les horribles salopettes qui sont de retour !

Et le phénomène ne s’arrête pas là ! Les Bakstreet Boys étaient au zénith en mars pour la sortie d’un nouvel album et les ados écoutent lovin’Fun pour s’endormir… 

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