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RERO, le graffeur qui "défonce" le centre Pompidou

lundi 29 avr. 2013 | Ann-Flore Rammant et Laura Kotelnikoff

Dans les 90s, RERO s'inspirait de l'imagerie graff' américaine. Aujourd’hui il s'est converti au vinyle adhésif. Ce qui le branche, c'est de "faire réfléchir". Il est, jusqu’au 16 juin, au centre Pompidou pour une expo participative, Ex Situ.

> Article initialement publié sur StreetPress le 25 avril 2013

Jean, sweat-shirt, baskets sneakers avec quelques gouttes de peinture. C’est à la cool, un grand sourire vissé sur le visage que RERO nous accueille dans les sous-sols du centre Pompidou.

Rero au centre Pompidou. | Photo DR

À 30 ans, il a déjà une bonne notoriété dans le milieu du graff’ : le Parisien commence à être habitué aux interviews, sa diction est claire, décontractée, ponctuée de quelques mots d’humour.

Que fais-tu au Centre Pompidou ?

C’est une résidence participative. Les gens, surtout des jeunes, viennent dès le matin. J’ai choisi un mot au préalable, que j’ai posé sur le mur. On échange autour de ce thème. Ensuite, au fur et à mesure de la journée on le recouvre, en taguant et réécrivant par dessus. Et tout le processus est filmé.

L’important c’est ce que j’appelle « les déchets » : les vidéos, les photos, garder une trace du passage. Ce n’est pas figé, ce n’est pas une toile, c’est évolutif et en interaction. Il n’y a plus de distance entre l’œuvre et le public, ça casse la sacralisation.

Cette action se déroule dans une pièce, visible de l’extérieur. Une façon pour moi de questionner les limites intérieur/extérieur, public/privé, intime/officiel.

Qui est ton public au musée ?

C’est sûr qu’au musée on ne touche pas le même public que dans la rue. Au centre Pompidou il y a de tout, des gens qui ont souvent des a priori sur le graffiti. Ils perçoivent ça comme une agression avant de réaliser que c’est percutant. T’as aussi des graffeurs qui n’adhèrent pas forcément au truc.

Moi je suis content d’être ici. Ca a un côté éducatif : j’amène un premier rapport au graff, à l’art, à des ados qui comme moi ne se seraient peut-être jamais intéressés à l’art contemporain… L’art a vraiment nourri ma vie, c’est une forme de thérapie. Grace à ça, j’ai pu contrôler mon agressivité. C’est toutes ces valeurs que j’ai voulu transmettre aux autres.

Affiche de l'exposition Ex Situ.

Ca ne te manque pas l’adrénaline de la rue ?

À vrai dire, je ne ressens pas d’adrénaline à défoncer un train, ce n’est pas ce qui m’anime. Moi j’aime questionner le support. Je joue mais de manière polie et c’est ce qui me permet de rentrer dans des institutions et de faire réfléchir.

Au Bon Marché, si j’avais été agressif je n’aurai jamais pu mettre : "Vous ne trouverez pas ce que vous voulez ici" sur le bâtiment. C’est cela ma manière d’opérer, il faut rentrer un peu dans le système pour mieux l’éclater. Si tu es complètement en dehors, tu es anarchique, tu n’es pas considéré et tu ne permets pas de faire réfléchir. C’est comme en dessin, il faut connaître les règles classiques pour les éclater comme Picasso…

Mais le graff c’est un truc social, c’est donc les règles sociales qu’il faut connaitre pour jouer avec. Depuis que j’ai dénaturé l’esthétique du graffiti et que j’en ai juste gardé le coté intrusif et la notion de réappropriation de l’espace, on me laisse encore plus parler.

Comment as-tu commencé le graffiti ?

Lire la suite sur StreetPress 

> Ex Situ, jusqu'au 16 août au centre Pompidou. 

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