Recherche appartement désespérément

mercredi 4 janv. 2012 | Catherine Derieux

Catherine est partie vivre en Australie pendant une année entière et va nous faire partager son expérience sur place. Dans cette première chronique, elle nous fait part de ses difficultés pour trouver un toit pour dormir... Difficile de s'en sortir dans cette rude compétition immobilière.

Après vingt-trois heures de vol, deux escales et cinq plateaux-repas caoutchouteux, me voici enfin débarquée à Sydney avec mon homme. Venus passer un an en Australie avec un Working Holiday Visa1 en poche, c’est avec nos vingt kilos de bagages harnachés sur le dos que nous partons à la conquête de la ville… ou plutôt de notre auberge de jeunesse. À peine la porte de notre chambre ouverte et nos sacs jetés dans un coin, nous nous crashons lamentablement sur le lit, épuisés par le voyage interminable, et sombrons dans un sommeil réparateur.

Backpackers hostel : une cohabitation difficile

Nous avons réservé une chambre double en auberge de jeunesse pour une semaine, le temps de trouver une colocation et de remplir quelques formalités (ouverture d’un compte en banque, obtention d’un numéro de téléphone australien et du Taxe File Number, sésame indispensable pour ne pas voir un éventuel salaire partir en fumée d’imposition…).

Pendant ce laps de temps, il nous faut nous accoutumer à un mode de vie relativement spartiate. La salle de bain (que nous partageons avec une quinzaine de personnes) se résume à une cabine de douche et aux WC avec un lavabo tellement minuscule que s’y brosser les dents sans asperger la lunette des toilettes devient un geste de précision. Dans la chambre, le drap est fait du même tissu que les rideaux et je pourrais serrer la main à mon voisin d’en face en tendant le bras par la fenêtre ouverte. « Ce n’est que pour une semaine ! », pensons-nous.


Mais ce qui met réellement nos nerfs à rude épreuve, c’est la cuisine. Un peu partout, des affichettes sont placardées, intimant aux habitants de laver, sécher et ranger la vaisselle immédiatement après usage. Je crois que la majorité des backpackers présents sont illettrés. Comment expliquer autrement l’état de délabrement de la pièce ? Nous tentons malgré tout de dîner au milieu des cris et de déchets humains déjà bien imbibés à neuf heures du soir… Non décidément, il faut qu’on fiche le camp d’ici au plus vite !

Gumtree est notre ami

Gumtree.com.au, c’est un peu un passage obligé lorsqu’on arrive en Australie. Ce site est une caverne d’Ali Baba 2.0 où l’on peut trouver de tout : des offres d’emploi, un nouveau téléphone portable, des pièces détachées pour réparer son van, un compagnon de voyage et, bien entendu, des annonces immobilières !
Assez rapidement, nous tombons sur une annonce alléchante : une colocation dans un superbe appartement pour un loyer correct… C’est un petit peu loin du centre, à Camperdown, mais cela reste raisonnable. Je m’arme de courage, de mon meilleur accent anglais et j’appelle ! Rendez-vous est pris le jour même pour une visite. Nous nous précipitons vers le métro et sautons dans la rame…

Arrivés à Newtown (la station la plus proche de Camperdown), nous nous sentons un peu perdus. Le quartier est animé et sympathique mais nous ne savons pas trop quelle direction prendre. Avec l’aide de quelques passants et de notre précieux Cartoville, nous parvenons tout de même à trouver notre chemin. Nous arrivons finalement à bon port après vingt minutes de marche. Dans mon cerveau commence à germer l’idée que la localisation n’est pas idéale… puis je rentre dans l’appartement et cette pensée éclate telle une bulle de gaz dans un verre de soda. C’est le coup de cœur ! L’endroit est spacieux et clair, bien agencé. Il n’est pas encore meublé, mais le propriétaire nous assure qu’il le sera mardi prochain, le jour… de notre emménagement.

Oui, nous sommes emballés, nous voulons vivre dans cette chambre à la moquette moelleuse, donnant sur ce grand balcon, nous voulons profiter de cet immense salon et de cette cuisine ouverte. Même le fait qu’il n’y ait encore ni internet ni meubles ne parvient pas à ternir notre enthousiasme. Mais un autre couple semble convoiter notre chambre potentielle… Pas question. Banco, on signe ! Voilà, c’est fait : nous avons un toit.

Camperdown : la désillusion

Le mardi matin suivant, nous emménageons dans notre nouveau chez nous. Sauf que notre nouveau chez nous est plutôt vide. Nos sympathiques colocataires italiens montent gentiment notre matelas dans la chambre. Ils se sont également chargés du frigo, de la machine à laver et du canapé. L’ameublement s’arrête là. Pas de table à manger, pas de vaisselle, pas de draps… L’enthousiasme en prend un coup et ce n’est que le début. Tout le long de la journée, nous déchantons : nous réalisons que nous nous trouvons sous un couloir aérien, que le supermarché annoncé à cinq minutes se situe en fait à vingt minutes de marche, tout comme le reste du quartier sympathique et animé que nous avions repéré lors de notre visite.

À Camperdown, à part une route nationale, des magasins d’aménagement et un McDonald's, il n’y a pas grand-chose. Cerise sur le gâteau, nous apprenons à vingt et une heures que nous devons fournir nos propres draps, oreillers et couvertures, ce qui n’a jamais été mentionné. Résultat des courses : nous passons une première nuit glaciale, j’attrape froid et nous décidons de prendre le large !

De mal en pis…

Ayant déjà versé la première semaine de loyer (ici tout fonctionne à la semaine : le loyer, le salaire…) mais pas la caution, nous négocions avec le propriétaire : nous restons ici une semaine (et on nous prête des draps !) le temps pour nous de trouver un nouveau toit et pour lui un nouveau locataire. Nous passons donc une semaine assez morose entre ma toux carabinée façon "tank qui déraille" et la connexion assez aléatoire du McDo. Nous reprenons nos recherches mais malgré tous nos efforts, les portes se ferment : « désolée, déjà pris », « pas de couples ! » et parfois même silence radio…

Grâce à Gumtree, nous décrochons tout de même quelques visites. Cela va du taudis limite insalubre (nous filons sans demander notre reste) à l’appartement de nos rêves avec vue sur le Chinese Garden, piscine et spa (on s’est malheureusement fait doubler). Finalement, aucune visite n’aboutie positivement, la semaine touche à sa fin et nous sommes bredouilles. Je tousse de plus belle et nous sommes assez démoralisés.

Changement de plan

Face au mur et à la rude compétition immobilière, nous décidons de changer nos plans. Obligés de quitter l’appartement de Camperdown, nous réservons de nouveau une chambre dans une auberge de jeunesse pour une semaine. Mais cette fois-ci, l’objectif est totalement différent : profiter un maximum avant de quitter Sydney. Au lieu de nous acharner, nous avons décidé d’aller nous ressourcer pendant trois semaines dans une ferme écolo (autrement dit, nous allons nous essayer au wwoofing). Nous faisons nos adieux à la ville en bonne et due forme, en passant notamment une journée mémorable au Sydney Opéra House, puis sautons dans le train qui nous emporte vers d’autres horizons…

  1. 1. Le visa "vacances-travail" permet aux jeunes de 18 à 30 ans de passer jusqu'à un an dans un pays étranger, en associant tourisme et travail rémunéré pour financer une partie de leur séjour.
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