Le quiz des casseroles aux fesses

samedi 4 juin 2011 | Vincent Le Doeuff et Dorothée Duchemin

Pas une semaine sans son lot de casseroles qui s’entrechoquent aux fesses de nos dirigeants. Georges Tron a léché trop d’orteils, alors que le nom de MAM résonne encore avec émotion dans nos esprits. Eric Woerth ne sait plus quoi faire de ses journées et Brice Hortefeux… Qui donc ? Six ministres virés du gouvernement en un an pour cause de casseroles insurmontables. Et qui veut parier sur l’avenir de Gérard Longuet ? L’accessoire de cuisine, si cher à nos dirigeants, est à l’honneur cette semaine. Place au quiz des casseroles aux fesses !

Question 1 :

Né en 1916, je fais des études de lettres, de droits et de sciences politiques à Paris où je milite avec les Croix de Feu. Je suis mobilisé pendant le seconde guerre mondiale. Emprisonné, je m'évade et rentre comme contractuel dans le gouvernement de Vichy. J'y reste peu de temps mais obtiens la Francisque dont je me serais bien passé. Puis hop je rentre dans la Résistance en 1943, pour brouiller les pistes. Plus tard, j'essaierai de cacher cette partie de mon histoire personnelle. Je suis ?

Question 2 :

Femme politique française, je suis également extrêmement croyante. Candidate à l’élection présidentielle de 2002, j’ai presque réussi à atteindre 2% des voix. Réputée pour mes prises de position contre l’avortement, l’euthanasie, le droit à l’adoption pour les couples homosexuels, mon principal fait d’arme est ma diatribe contre le PACS. L’Assemblée Nationale a vu mes larmes roulées, la bible brandie à bout de bras. Et je me bats pour une politique sociale de la prison. Je passais pour une réactionnaire, mais une réactionnaire droite et intègre. J’ai déçu tout le monde quand, l’année dernière, le Canard Enchaîné a découvert que je cumulais une retraire de député et conseillère générale de 8600 euros à un salaire de 9500 euros. Ma mission : « étudier les conséquences sociales de la mondialisation ». La polémique a enflé et, sous les quolibets, j’ai renoncé à mon salaire, mais poursuivi mon travail. Je suis toujours considérée comme une réac, moins comme un exemple d’intégrité. Je suis ?

Question 3 :

Duc de Clarence et Avondale, je n’ai jamais pu monter sur le trône puisque mon père, le roi Edouard VII, ne m’a pas fait le cadeau de mourir avant moi. Tant pis, on a parlé de moi pour d’autres raisons. Réputé intellectuellement lent, à la vie privée dissolue, j’ai été impliqué dans le scandale du Cleveland Street en 1889. Un bordel où on fournissait de jeunes télégraphistes à une bande de débauchés de la haute. Stupre, maison close, homosexualité et personnalités mises en cause, dont votre humble serviteur, ça a jazzé dans Londres. Ensuite, accrochez-vous, j’ai été soupçonné d’être Jack l’éventreur et l’assassin de ces prostituées. Une fois de plus rien n’a jamais été prouvé, mais je vous laisse imaginer ma réputation après tout ça. J’ai fait une pneumonie et je suis mort. Ma vie fut très chouette. Je suis ?

Question 4 :

Né à Edimbourg en 1671, je suis condamné à mort à 23 ans pour avoir abattu mon adversaire en duel. Je fuis alors à Amsterdam et étudie les métiers de la banque. Je parcours l'Europe et m'intéresse aux techniques bancaires vénitiennes. En 1715, j'arrive en France, le Régent recherche des idées pour résoudre l'endettement et réactiver l'économie. Je propose alors la convertibilité papier/or, c’est plus pratique. Ma méthode est très vite un succès et je suis nommé Contrôleur Général des Finances. Mais la Banque Royale émet plus de billets que d'équivalent or et une inflation se pointe. Mes ennemis s'en rendent compte et lancent une spéculation à la hausse qui fait effondrer le système et ruine 10% de la population. Je me réfugie alors à Venise. Je suis ?

Question 5 :

Ma casserole à moi : j’ai dépensé une somme folle dans l’un de mes péchés mignons. Problème : cette somme folle, c’est mon secrétariat d’Etat au Grand Paris qui l’a prise en charge. Somme en jeu : 12 000 euros… En 2010, j’ai été rattrapé par ce satané Canard Enchaîné qui n’en finit plus de nous traquer et de nous épingler. J’ai remboursé 3 500 euros, trop peu pour calmer la politique. Alors j’ai démissionné à la demande de mes amis Fillon et Sarkozy. J’affirme être presque tout blanc dans cette affaire et j’accuse mon directeur de cabinet de m’avoir enfumé et manipulé ! Moi, je suis coupable de ne pas avoir pris garde à tous ces cubains que je me tapais. Si j’avais su… Je suis ?

Question 6 :

Né en 1926 en Allemagne, je passe l'ENA et deviens Inspecteur Général des Finances. Je suis nommé ministre des Finances à 35 ans et après avoir montré mes mollets sur le gazon de Clermont, je suis élu Président de la République à 48 ans. Je modernise la fonction présidentielle en allant dîner chez mes concitoyens (en leur offrant par la même occasion, mes talents de mélomane) et pour compenser, je poursuis la politique de la Françafrique en entretenant de sympathiques relations avec l'empereur Bokassa. Pas chien, ce dernier m'envoie quelques diamants, trois fois rien je vous assure, mais assez pour me déstabiliser avant les élections de 1981 que je perds dans l'honneur. Je suis ?

Question 7 :

Je suis né en 1841 à Mouilleron-en-Pareds. Après des études de médecine réussies et avoir enseigné aux Etats-Unis, j'entame une carrière politique en France. Je me fais connaître en devenant maire du XVIIIème arrondissement sous la Commune. En 1892, je suis suspecté d'avoir joué un rôle dans l'Affaire de Panamà, une affaire de corruption de parlementaires pour obtenir un financement de fonds public. Bien que blanchi par la justice, je suis accusé de corruption en plein hémicycle par Paul Déroudèle qui me provoque en duel. Habiles tireurs, nous tirerons chacun trois balles qui ne toucheront pas leur but. Plus tard, je deviendrai pourtant "le Premier flic de France". Je suis ?

Question 8 :

Dans la famille casserole, je suis le père ! Mais je suis aussi un phénix, car si je suis toujours viré du gouvernement, j’y suis toujours rappelé. C’était la troisième fois cette fois-ci. De quelles casseroles pourrais-je bien vous parler ? Je vous les donne en vrac ! Une longue et belle amitié avec l’extrême droite, le financement occulte du parti républicain, la mise en cause dans une affaire de marché public, le financement d’un villa avec des timbres rares. Sinon j’ai dit ça : « c'est extrêmement réjouissant de savoir que l'on promeut en effet des formes nouvelles de sexualité dans l'école et qu'on combat en même temps la pédophilie… Il y a quand même un moment où il faut savoir sur quelles valeurs on s'arrête », à propos de l’homosexualité. Et quand Malek Boutih voulait être président de la Halde, j’ai estimé qu’il fallait mieux une personnalité du « corps traditionnel français » pour lutter contre les discriminations. Comme moi, tout blanc, sans mauvais jeu de mot. Plus récemment, un poêlon est sorti : mes vacances en Tunisie au frais de Ben Ali. « Ya pas que moi, comme on dit ». Je suis ?

Question 9 :

Je suis le roi de la débauche, empereur des spiritueux et grand chef des pires barbaries ! Réputé pour mes nuits de sexe et d’actes cruels, ce n’est pourtant pas la plus grande de mes casseroles. D’ailleurs, ce n’est pas une casserole, c’est un chaudron ! L’histoire ne dit pas si je suis vraiment coupable, mais le doute plane toujours à mon sujet. Ai-je voulu détruire Rome ? Suis-je réellement ce terrible incendiaire, empereur de l’Empire romain, qui a détruit sa ville pour la reconstruire à son image ? C’est vrai qu’un peu artiste, entre deux coïts, j’avais quelques idées pour faire de Rome la cité monumentale des Dieux. Mais de là à y foutre le feu ! En victime expiatoire, j’ai pris une bande de Chrétiens, en ai jetés un peu aux lions, en ai crucifiés certains et les autres, brûlés vifs ! Je suis ?

Question 10 :

Né à Athènes en 495 av JC, grand orateur, bien qu'handicapé par une vilaine déformation du crâne que je dissimule habilement par un casque, je grimpe très vite en politique, bien aidé par la richesse et la renommée de ma famille. Brillant stratège, j'élimine par ostracisme l'opposition intérieure, par la guerre les cités grecques opposantes et par traité de paix la menace perse. Malgré toutes ces victoires, je suis soupçonné de détournement d'or et de perversion sexuelle. Ma femme est une ancienne hétaïre (sorte de Geisha ou courtisane) et on la soupçonne de corrompre les femmes athéniennes afin d'assouvir mes pulsions. Je suis ?

 

 

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