Quels transports pour la ville de demain ?

vendredi 22 août 2014 | Dorothée Duchemin

Des rues saturées par les voitures, des bus, des tramways et des métros bondés de voyageurs. La ville ne respire plus. Ou alors du mauvais air. Comment assurer la mobilité des habitants alors que les transports publics sont insuffisants ? Voici plusieurs projets qui pourraient bien incarner la mobilité urbaine du futur. 

Le Skytran

Quand la circulation est trop dense, le mieux est encore de passer par-dessus. C’est ce que promet Skytran, une capsule magnétique qui devrait voir le jour à Tel-Aviv en 2015. Les capsules sont suspendues à un monorail à 10 mètres au-dessus du sol selon une technologie de lévitation magnétique. Imaginées par le centre de recherche de la NASA, les cabines du Skytran, propulsées par un champ magnétique, mènent leurs passagers à plus de 100 km/h. 

Le Skytran, équipée d’un moteur électrique, est capable d’enjamber n’importe quel obstacle, là où ça coince pour les voitures. Deux à quatre passagers peuvent prendre place dans l’habitacle, ils choisissent ensuite leur destination via un tableau de bord. En France, Toulouse ou encore Bordeaux seraient intéressées par ce tramway des airs ultrasophistiqué et presque 10 fois moins cher qu’un tramway classique.

Une révolution à laquelle s’intéresse de très près Aéroports de Paris, à la recherche d’un moyen de transport pour acheminer les voyageurs jusqu’au centre de la capitale. Il est certain que voler au-dessus des embouteillages est plus accueillant que de subir la lenteur et la moiteur du RER B.

L’Hyperloop

Avec son Hyperloop, Elon Musk, patron de Tesla, constructeur de voitures électroniques, et de SpaceX, constructeur de fusées, crée un futur qu’on ne croyait pas si proche. L’Hyperloop devrait se déplacer à une vitesse de croisière de 1.200 km/h et sera ainsi capable de relier Los Angeles à San Francisco en 30 minutes. Comment ça marche ? Dans un tube en acier, les voyageurs prennent place à bord de capsules, propulsées par un champ magnétique généré par des moteurs à induction, placés tout au long du tube et alimentés par des panneaux solaires.

Chaque capsule pourra accueillir 28 passagers et lévitera sur un coussin d’air pressurisé. Le projet se veut une alternative à celui des trains à grandes vitesses présentés par les autorités californiennes et dont le coût s’élèverait entre 70 et 100 milliards de dollars. Elon Musk estime le coût de construction de l’Hyperloop entre 6 milliards de dollars, 7,5 milliards si on prévoit aussi de transporter des marchandises. Le petit prodige de la Sillicon Valley voudrait proposer un premier voyage entre Los Angeles et San Francisco, séparées de 650 km, à 20 dollars le ticket. Il prévoit de construire le tube sur des pylones au-dessus du sol qui suivrait le tracé de l’Interstate-5, la route la plus importante et sans doute la plus encombrée de Californie. Reste encore à imaginer les terminaux d’embarquements et de débarquements, mais Musk se dit prêt à financer le premier Hyperloop qui pourrait voir le jour en 2020.

Le téléphérique

Loin des pistes de ski, le téléphérique pourrait bien s’imposer comme le transport urbain le plus réaliste du futur. S'ils se développent un peu partout dans le monde, en France toutefois, les projets de transports par câble, ou métrocâble, restent isolés même si, dès 2015, on pourra survoler en téléphérique la rivière Penfeld qui traverse la ville de Brest. Quant au Val-de-Marne, il vient de donner son feu vert pour la construction du Téléval qui reliera Créteil à Villeneuve-Saint-Georges. Lyon, Bordeaux, Bagnolet, Nantes... l'intérêt français pour le transport par câble a été tardif, mais il semble bien là.

En Colombie, Medellin, la deuxième ville du pays, accueille déjà deux téléphériques. Le troisième devrait bientôt voir le jour. Il permet de réinvestir et désenclaver des quartiers pauvres situés sur les hauteurs  de la ville. Là où le bus s’arrêtait au bas des pentes raides. Même chose pour une douzaine de favelas de Rio, autrefois isolées et depuis 2011 et l’inauguration téléphérique, reliées entre elles et au centre-ville. Finalement pas très futuriste puisque le funiculaire de Montmartre a été installé en 1900, le téléphérique, écologique et économique, reste une alternative qui, ajoutée aux bus, tramway et métro, complèterait à moindres frais une offre de transports publics de moins en moins suffisants dans les grandes villes. 

Pédaler, l’avenir de l’Homme ?

Même dans le futur, pédaler reste  une valeur sûre. Geoff Barnet a imaginé le Shweeb, soit une capsule suspendue à un rail, là encore capable d’enjamber n’importe quels ravins, rivières, embouteillages ou camions de livraison. Une capsule transparente, suspendue à un monorail, accueille un voyageur en position semi-couchée. Là, il pédale pour avancer le long du rail. Si l’huile de genoux ne suffit pas, une assistance électrique pourrait prendre la relève.

Une invention très écologique qui a valu à la société de Geoff Barnet, un coup de pouce de Google d’un million de dollars en 2010. Tester pour l’instant dans un parc-aventure de Nouvelle-Zélande, le projet pourrait s’installer sur des campus ou dans des quartiers d’affaires.

Dans un style plus conventionnel, le ThirtyOne31 pourrait bien faire de l’ombre à notre bon vieux velib’. La société ThirtyOne, basée à Saint-Gaudens et spécialisée dans le vélo haut de gamme vient en effet d’équiper la ville de Vannes de vélos en libre-service. Particularité du ThirtyOne31 ? Ils bénéficient d’une assistance électrique. Une particularité qui permet de ne pas arriver en sueur au travail, le visage couleur pivoine. Soit une journée qui commence bien. Installé en Bretagne depuis le mois de mai dernier, le ThirtyOne31 pourrait prochainement débarquer dans plusieurs grandes villes de France. 

Cette bonne vieille voiture

La voiture pourrait aussi faire figure de transport urbain du futur, pour peu qu’on change notre manière de l’utiliser.  Autopartage, covoiturage, l’usage collaboratif de la voiture semble être une tendance qui s’installe durablement. En Europe, d’après une étude réalisée par l’Observatoire Cetelem de l’automobile, 73% des personnes interrogées voient l’autopartage et le covoiturage comme l’avenir de la voiture, soit une nouvelle offre urbaine de transport en commun. Pourquoi ne pas combiner ce nouveau rapport à la voiture avec les dernières avancées technologiques ? Prenez trois de vos voisins un matin et emmenez-les au travail au volant de votre TF-X, développée par la société Terrfugia. Elle pourrait bien être la première voiture volante mise en vente. Hybride d’une voiture et d’un petit avion, la TF-X est capable de décoller et d’atterrir à la verticale. Elle pourrait arriver sur le marché dès 2015 ou 2016 pour la modique somme de 279 000 dollars. Grâce à un moteur à propulsion hybride essence/électrique, elle affiche une autonomie de 800 km/h. Volez au dessus des embouteillages du périph’ avant de vous poser en douceur, elle évitera les obstacles pour vous. Ensuite, elle redevient une voiture plus traditionnelle. Déposez vos collègues. Vous êtes dans le futur.

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