Pourquoi les Anglais vont rater leurs JO

vendredi 27 juill. 2012 | Marie Desgré

Bien sûr, on devrait se réjouir. La grande fête du sport commence aujourd’hui, et en plus, c’est à Londres : on n’aura pas à se lever au milieu de la nuit pour regarder les épreuves et pleurer d’émotion en voyant les athlètes français sur le (ou à côté du) podium. N’empêche. Ces Jeux olympiques auraient pu se passer en France. On aurait vu des hordes encore plus nombreuses que d’habitude de touristes étrangers débarquer. On aurait grogné, on se serait moqué de leurs chaussettes blanches jusqu’à mi-mollet dans leurs sandalettes, mais au fond on aurait trouvé ça sympa, tout cet enthousiasme pour les JO. Chez Citazine, bien sûr, on partage les belles valeurs de l’olympisme. Mais on vous explique quand même pourquoi les Anglais vont rater l’organisation de leurs Jeux olympiques. Certifié 100% mauvaise foi.

Logo des JO 2012

Eliminé avant d'avoir essayé

Ils n’auront pas besoin de s’échauffer ni de défaire leurs valises : les JO n’ont pas officiellement commencé, mais plusieurs athlètes sont déjà éliminés. Mercredi, la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a annoncé la suspension de neuf sportifs pour dopage. Toujours dans cette discipline, une autre athlète a été exclue par son comité olympique : Voula Papachristou, championne grecque du triple saut, aurait peut-être dû méditer les paroles de Valérie Trierweiler et « tourner sept fois son pouce » avant de publier un tweet plus que déplacé. Elle a été sanctionnée pour « commentaires contraires aux valeurs et aux idéaux du mouvement olympique ». Autrement dit, un tweet raciste disant qu’ « avec autant d'Africains en Grèce, au moins les moustiques du Nil occidental mangeront de la nourriture maison ». L’athlète de 23 ans a ensuite effacé son tweet et fait ses excuses, indiquant « les Jeux étaient mon rêve »… trop tard.

Métro londonnien. l MD

Des transports inquiétants

Pour assister aux épreuves, encore faudra-t-il pouvoir s’y rendre. Pendant un peu plus de deux semaines, les touristes venus assister aux Jeux olympiques vont découvrir ce que les londonniens connaissent déjà bien : des transports en commun régulièrement saturés, des perturbations et des retards, quand il ne s’agit pas carrément de trains annulés. Mardi, les grilles de la station Kings Cross ont même été momentanément fermées car un trop grand nombre de voyageurs tentait d’y pénétrer. Et le javelin, la navette à grande vitesse reliant le centre de Londres au site Olympique de Stratford en 7 minutes, est tombé en panne pendant deux heures. S'attendant au pire, certaines entreprises ont même demandé à leurs employés de travailler de chez eux pendant la durée des jeux.

Du côté des taxis, ce n’est pas vraiment mieux puisqu'une cinquantaine de kilomètres de voies ont été réquisitionnés exclusivement pour les véhicules transportant les athlètes, les organisateurs ou les médias. Du coup, les black cabs risquent de subir les mêmes embouteillages que les automobilistes lambda. La bonne nouvelle, c’est que les sportifs, eux, sont à peu près assurés d’arriver à l’heure aux épreuves.

La gare St Pancras aux couleurs des JO. l Flickr - CC - Thom Mck

Finis les bikinis !

Les joueuses de beach volley auront-elles un public ? Les amateurs poussés vers ce sport par amour de la mode et de ses codes vestimentaires sont déçus : la Fédération internationale de volley-ball a annoncé au début de l’année la fin du port obligatoire du bikini pendant les compétitions de beach volley. Pire : d’après le Sun, le mauvais temps anglais pourrait pousser les joueuses à porter caleçons longs et t-shirts à manches longues. Manquerait plus que le public ne soit obligé de se concentrer sur les matches et pas sur les athlètes…

Match de beach volley féminin. l Flickr - CC - Jonas Merian

Les JO 2012 auraient dû être organisés à Paris

Comment oublier la réaction de Bertrand Delanoë, maire de Paris, à l’annonce par le CIO du nom de la ville désignée pour organiser les JO 2012 ? La capitale française partait pourtant grande favorite. On y croyait tellement qu’on avait même laissé à Luc Besson le soin de s’occuper de la vidéo de présentation de la candidature française. Hélas ! Ce film est désormais à classer dans la liste des bides du réalisateur. Peu après l’annonce du choix de Londres, c’est un Bertrand Delanoë ému qui intervient au journal de 13h de France 2, parlant d’une « défaite un peu inexplicable. (…) C’est curieux mais il faut l’accepter en tentant de sourire », indique le maire de Paris, évoquant à demi mots des soupçons de triche. « On ne s’est pas battus de la même manière ni avec les mêmes armes », estime-t-il.

Allez, soyons fair-play. Les JO, on souhaite quand même que Londres les réussisse, parce qu’une telle variété de sports à la télé française, on ne voit pas ça toute l’année. Parce qu’une fois encore, on sera tous polyglottes avec Nelson Monfort. Parce que pendant plus de deux semaines, on va tout de même en prendre plein les yeux, rêver et peut-être pleurer un peu… Et parce que cette année, Oscar Pistorius et ses lames de carbone sont selectionnés non seulement pour les paralympiques, mais aussi pour les jeux olympiques en 400m et en relais 4x400 m. Et ça, même à Londres, ce sera beau à regarder.

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