"Les Nouveaux Héros", aventure pour geeks émotifs

mardi 10 févr. 2015 | Marco Pierrard

Intéressant

Surfant sur l’attrait du public pour l’univers Marvel, Disney adapte les aventures de l’équipe de super-héros Big Hero 6 dans un film d’animation porté par un robot tout mou très attachant. Entre gros câlins et bastons contre l’inévitable méchant, ces nouveaux héros remplissent leur mission.

Orphelins élevés par leur tante Cass, Hiro, jeune génie de 14 ans, et son grand frère Tadashi sont tous deux passionnés d’informatique. Alors que le plus jeune des deux frères fabrique des robots destinés à des combats clandestins, son ainé, plus posé, a mis au point un robot infirmier nommé Baymax, un "compagnon personnel de soins" ressemblant à une grosse guimauve destiné à améliorer le quotidien de millions de personnes. Motivé par Tadashi, Hiro décide d’abandonner des combats de robots et travaille sur un projet lui permettant de rejoindre son frère à l’Institut Technologique de San Fransokyo, ville futuriste fusionnant influences occidentales et orientales. Alors que l’invention du jeune surdoué – des micros robots contrôlés par l’esprit capable de prendre tous les formes imaginables – lui ouvre les portes de l’institut, Tadashi disparait dans un dramatique incendie. Enfermé dans sa douleur, Hiro s’isole de tous jusqu’au jour où Baymax réapparait par surprise dans sa vie. Devenus inséparables, le robot soignant et le jeune prodige vont se retrouver intégrés dans une équipe de super-héros à la pointe de la technologie.

Les Nouveaux Héros © Walt Disney Animation Studios // Walt Disney Pictures

Le robot qu’il vous faut

C’est automatique, chaque adaptation Marvel entraine invariablement des critiques de puristes sur les libertés prises avec l’œuvre originale, et dans ce cas Disney n’a pas hésité à s’approprier complètement les personnages pour en livrer sa version. Créée en 1999, l’équipe de super-héros Big Hero 6 peut être considérée comme un pendant au Japon de ce que sont les Avengers aux États-Unis. L’inventaire des différences entre les justiciers de la bande dessinée et ceux du film serait trop long à établir, voici un élément, parmi d’autres, pour donner une idée du grand écart effectué par le studio d’animation : dans la version d’origine c’est Hiro qui met au point Baymax et non son frère, mais surtout, celui-ci peut se transformer en… dragon ! On est très loin de l’image du gros robot chambre à air confortable qui fait penser au Bibendum d’une célèbre marque de pneus. Les adeptes de la BD d’origine risquent d’être perturbés par cette histoire aux personnages repensés, pour tous les (nombreux) autres qui n’avaient jamais entendu parler de Big Hero 6 avant que Disney ne s’y intéresse, Baymax – version grosse guimauve – a tout pour plaire. Ce robot pataud possède un capital sympathie évident et son entrainement pour devenir un combattant tout en armure capable d'affronter Yokai, un mystérieux homme masqué qui a volé les micros robots de Hiro, est une source de gags qui fonctionnent plutôt bien.

Deuil et vengeance, dans ta face

Film de super-héros plutôt conventionnel, cette adaptation se démarque cependant par la présence de thèmes sombres comme le deuil, évoqués de façon très directe pour un film destiné avant tout aux enfants. Déjà orphelin, Hiro se retrouve sans frère et sa souffrance n’est pas édulcorée même si l’arrivée de Baymax lui permet de rebondir et évite au film de tomber dans le mélo. Les recommandations du robot infirmier qui tente de "soigner" la peine de Hiro sont d’ailleurs troublantes car elles proviennent indirectement de Tadashi qui avait programmé toutes les fonctions de son assistant de santé, prolongeant ainsi le lien entre les deux frères avec des conseils du défunt au survivant pour faire son deuil. Le film retrouve des chemins plus conventionnels lorsque Hiro s’entoure d’une équipe de justiciers pour découvrir l’identité de l’énigmatique Yokai avec des séances d’entrainement et de combats indispensables dans tout film de ce genre. L’exploration du sentiment de vengeance que porte en lui Hiro est également un autre élément intéressant dans le film. Le jeune créateur de robots, entrainé par sa rage, peut se faire justice lui-même – une situation habituelle pour un super-héros – mais ici la question de la légitimité d’un tel comportement est posée, d’autant plus que l’outil de sa vengeance est Baymax, un androïde initialement prévu pour faire le bien. Le film reste évidemment un divertissement très grand public mais il est intéressant de noter la présence des thématiques du deuil et des représailles traitées de façon assez explicites, faisant de ces nouveaux héros un film plus mature et profond que Les mondes de Ralph (2012), par exemple, première plongée de Disney dans l’univers geek, côté jeux vidéo.

Les Nouveaux Héros, adaptation très libre de l’univers Marvel par Disney, joue sur la corde sensible de façon peu subtile mais efficace et peut compter sur son robot aussi maladroit qu’attendrissant pour conquérir les spectateurs les plus réservés. Il est conseillé aux geeks absolus de rester jusqu’à la fin du générique pour une petite surprise.

Les Nouveaux Héros (Big Hero 6), réalisé par Don Hall et Chris Williams, États-Unis, 2014 (1h42)

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