Le Monde de Charlie, un teen-movie réjouissant !

jeudi 3 janv. 2013 | Etienne Baiffer

Si l'adolescence est un âge ingrat, Stephen Chbobsky n'oublie pas de lui redonner un peu de sa poésie et de sa beauté. 

On n'est jamais mieux servi que par soi-même : Stephen Chbobsky s'est ainsi chargé d'adapter son propre roman en scénario pour le grand écran, avant de le réaliser. Grand bien lui en a pris : le résultat est un film pop et sensible, qui balaie un large spectre d'émotions.
Nous sommes aux Etats-Unis, dans les années 1990. Charlie, entre en seconde, découvre le lycée, et n'a aucun véritable pote. Le seul ami auquel il se confie est celui, imaginaire, auquel il s'adresse dans son journal intime.

Photo DR

Adolescent torturé, il se résigne à raser les couloirs du bahut, à occuper ses déjeuners solitaires en comptant le nombre de jours qui le séparent de la fin des cours, et à ne recevoir de marque de sympathie que de son professeur d'anglais. Un jour, il finit par sympathiser avec deux "terminale" Patrick (le troublant Ezra Miller vu entre autres dans We need to talk about Kevin), et Sam (Emma Watson, qui négocie bien l'après "Harry Potter"). Charlie tombe immédiatement sous le charme de cette dernière, qui, comme lui, adore les Smith. Il ne tarde pas à rejoindre leur bande, qui va lui ouvrir de nouveaux horizons.

Initiatique et subtil

On entre dans le monde de Charlie par la voix du jeune homme qui nous raconte son histoire. Ce récit à la première personne est, à en juger par le synopsis, une énième histoire de roman d'apprentissage, de passage de l'adolescence à l'âge adulte. Ce qui n'est pas complètement faux, mais ce n'est pas pour autant qu'il faut s'en détourner en craignant le déjà-vu.

Photo DR

Le Monde de Charlie traite effectivement des thèmes de l'amitié, de l'amour, de la quête de soi, mais il le fait avec un ton doux amer et sans cet excès de guimauve qui plombe bien souvent la majorité des films traitant de l'adolescence. Mieux : il s'avère extrêmement sensible et plein de nuances et traite ses seconds rôles aussi bien que les héros principaux. Charlie est un personnage extrêmement attachant. Alors que l'on pense d'avance tout savoir de lui, mais il ne se révèle réellement au spectateur qu'à la toute fin du film, Chbobsky préférant lever le voile peu à peu sur ce traumatisme d'enfance qui gâche la vie de l'ado. Nul doute que le trio qui impose son rythme au film ramènera par instants le spectateur à ses propres souvenirs du lycée et à sa bande de potes. Le Monde de Charlie ne s'appesantit pas sur la nostalgie des années perdues et a le bon goût de quitter le public sur une note euphorisante. De quoi le booster dès le début de l'année !

> Le Monde de Charlie, de Stephen Chbobsky, Etats-Unis, 2012 (1h43)

 

0 Commentaire

  • Avant de poster vos commentaires, merci de bien vouloir prendre en compte la charte des commentaires .
  • Il n'est plus possible de réagir sept jours après la publication de l'article.
  • Si un commentaire vous parait douteux (insultes, xenophobie, publicité ...) merci de nous le signaler en cliquant sur le lien "Alerter"

Vos réactions

Sur Facebook

Articles du mois