"Les Misérables", de véritables émotions

jeudi 14 févr. 2013 | Etienne Baiffer

L'adaptation de la comédie musicale a succès a été très mal reçue en France par la critique professionnelle. Une injustice. 

Une "diarrhée musicale", un "naufrage", un "pamphlet ronflant et prétentieux" qui "abat sa bondieuserie"... Si l'accueil aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne (territoires disposant d'une forte culture du musical) des Misérables fut très majoritairement enthousiaste, les critiques français ont descendu en choeur le film de Tom Hooper. Un déluge de critiques acerbes, parfois de mauvaise foi, souvent injustifiées. Car il ne faut pas perdre de vue que nous sommes ici en face d'une adaptation cinématographique d'une comédie musicale elle-même adaptée du roman de Victor Hugo.

Les misérables. Universal Pictures International France

Une oeuvre de cinq tomes qui suppose donc d'emprunter des raccourcis, de passer par des simplifications et des ellipses pour la transposer sur scène (et sur grand écran) en un spectacle d'environ 150 minutes. Si l'on ne regarde ce film qu'en s'appuyant sur la fidélité par rapport au matériau original, il y a de fortes chances d'être déçu puisque, si l'essentiel de la trame et des personnages (Jean Valjean, Javert, Fantine, Cosette, Marius, Eponine, les Thénardier, etc.) figurent au générique, il a fallu tailler dans la prose hugolienne.

Des sentiments exacerbés

Les thèmes de la justice, de la rédemption, de l'individu exploité, des conflits de classes, de l'engagement insurrectionnel, tissent cette intrigue qui se déploie sur une trame musicale, rythmée par des chansons emblématiques telles que "I dreamt a dream" ou "On my own". L'amour, passionné ou filial, répond lui aussi présent.

Les misérables. Universal Pictures International France

Les Misérables est un film pompier, certes, mais son souffle épique, son lyrisme et les prestations de son casting cinq étoiles (Anna Hatthaway, Hugh Jackman et Eddie Redmayne se distinguent particulièrement) emporteront le spectateur qui acceptera de laisser son cynisme de côté pendant un peu plus de deux heures et trente minutes. Tom Hooper signe un film populaire, au sens noble du terme, rendant accessible à un large public un monument de la littérature française qui n'avait pas vocation à s'adresser uniquement à l'élite.

Les Misérables de Tom Hooper, 2012, Grande-Bretagne (2h30) 

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