Metropolitan & Bloody Mary

jeudi 9 juin 2011 | Aurélie Desmas

Après la fascination des Américains pour tout ce qui se mange et le difficile apprentissage des supermarchés, Aurélie nous dévoile comment fonctionnent les restaurants à l’américaine. Installée à New York, elle a pu constater de petits détails qui font la différence si on n'y prend pas garde...

Au royaume du hamburger, New York fait figure de tâche d’huile par sa diversité : c’est la ville américaine qui a la plus grande densité de restaurants au mètre carré et aussi le plus grand nombre de restaurants par habitant (et il y en a 8 millions, c’est dire). Vu la mixité de la population, il y en a en effet pour tous les goûts et toutes les cultures (contrairement au reste du pays où seul le "Chinatown" local propose des plats… chinois). Certains quartiers sont bien sûr dédiés à des communautés d’immigrants, mais il n'est pas rare de trouver également dans une même rue très fréquentée des endroits où manger sushis, pizzas ou encore des spécialités ukrainiennes ou éthiopiennes.

Ceci dit, il y a certaines règles particulières pour une sortie au restaurant, dignes d’un cliché à la Sex In The City (puisque tout le monde aura remarqué que Carrie Bradshaw et ses copines passent leur temps au resto). Pour commencer, il est courant que votre serveur se présente par son prénom en vous tendant les menus, puis vous amène des verres d’eau illico. Ces mêmes verres seront remplis régulièrement au cours du repas par celui qui porte le titre de busserboy (en presque deux ans, je n’ai jamais vu ce poste occupé par une femme soit dit en passant). Le busserboy est un genre de commis de salle en charge de vous apporter les plats trop chauds, de débarrasser lorsque vous avez fini (même si votre compagnon de repas n’en est qu’à la moitié), de remplir les verres d’eau – souvent discret, et travaillant rapidement, lui passer commande est parfois hasardeux : anglais approximatif et surtout, ce n'est pas de son ressort !

En conséquence, les serveurs, pour justifier de généreux pourboires tombant avec l’addition (en moyenne, 20 % de rigueur), redoublent d’efforts pour faire de votre dîner une expérience agréable, bien que parfois un peu compliquée (en particulier si l’anglais n’est pas votre fort). En effet, une fois que vous êtes prêts à commander, le serveur vous énonce alors les specials qui sont en fait les plats du jour – ce qui tend en général à remettre votre choix en question dans 80 % des cas et surtout fera gonfler l’addition (les plats du jour sont en général plus chers et l’on découvre leur montant une fois l’addition sur la table – aïe !).

New York, capitale du cocktail et des breuvages magiques

Une fois votre choix fait, il n’est pas rare non plus qu’il vous demande des précisions sur la cuisson, la sauce au choix, la vinaigrette – encore une fois, si votre anglais est chaotique, cela pourra vous mettre mal à l’aise… Par la suite, il viendra régulièrement vous demander si tout se passe bien, et ce, même si vous êtes en train de rompre avec votre petit copain, en avez plein la bouche ou racontez vos ébats à vos copines – expérience toujours intéressante.

Pour ce qui est des plats, peu de surprises sur la carte à part le fait que, parfois, elle ressemble à un livre de Zola tellement il y a de choix. Encore que si vous êtes habitué à l’anglais britannique, nombre d’ingrédients sont différents de ce côté de l’Atlantique (l'aubergine des britanniques devient eggplant, la courgette devient zucchini, le spring onion devient scallion, les prawns deviennent des shrimps, etc.). Ce qui s’appelle "Entrées" renvoie en fait aux plats principaux.

Du côté des boissons : il n’est pas rare qu’un serveur n’y connaisse RIEN en vin bien que les Etats-Unis exportent et produisent des vins intéressants depuis un peu plus d’une dizaine d’années maintenant. En même temps, New York est par essence la capitale du cocktail donc il est dommage de faire l’impasse sur un de ces breuvages magiques : la majorité des restaurants proposant les brunchs le week-end (maintenant très répandu en France aussi) offrent aussi par tradition un Bloody Mary (censé faciliter l’élimination des gueules de bois) ou un Mimosa (champagne et jus d’orange). C’est ce qui s’appelle guérir le mal par le mal.

L’incontournable Vodka Martini de James Bond est aussi au menu de tous les bars et restaurants ayant une carte des cocktails digne de ce nom et des variantes moins fortes sont souvent disponibles (puisque la Vodka Martini de James Bond est quand même très forte !). Et puisque la belle saison commence, beaucoup de restaurants sur Manhattan - où le prix au mètre carré est trop élevé pour avoir une terrasse ou un jardin - ouvrent à présent leur rooftop (avec air climatisé) d’où l’on peut admirer la vue sur la ville, l’Empire State Building ou Central Park. Leurs tarifs sont souvent un peu plus élevés mais quand on aime…

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