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Les Safaris humains dénoncés

lundi 2 avr. 2012 | Cécile Cailliez

Survival International dénonce ces pratiques consistant à amener des touristes à la rencontre de peuples indigènes. Sans respect pour leurs modes de vie traditionnels.

L’affaire a commencé en janvier dernier grâce au site britannique The Observer. Un journaliste y avait alors publié une vidéo où l’on pouvait apercevoir les membres d’une tribu indienne danser presque nus sous les ordres des chauffeurs de taxis et devant les touristes. L’enquête a par la suite révélé qu’il s’agissait de membres de la tribu Jarawa, vivant dans les Iles Andaman, appartenant à l’Inde. Constitués d’environ 360 membres, les Jarawas ont refusé tout contact avec le monde extérieur jusqu’en 1998. Ils vivent sur un territoire appelé réserve qui est normalement interdit d’accès.

Seulement voilà, les autorités et la police locale ont ces dernières années ouvert la voie aux compagnies touristiques et autres chauffeurs indépendants qui emmènent les touristes voir les Jarawas. Ce cas a fait scandale dans les médias internationaux et mis sur le devant de la scène les dangers des « safaris humains », ces pratiques touristiques consistant à emmener des voyageurs à la rencontre des membres d’une tribu, généralement traités comme des animaux, sans aucune considération pour leurs volontés ni respect pour leurs cultures. L’ONG Survival International dénonce depuis 2010 ces pratiques irrespectueuses pour les peuples indigènes. Sophie Baillon, porte-parole de l’organisation en France, nous en rappelle les dangers.

 

Le cas des Jarawas a ému le Parlement britannique, Londres étant le siège de l’ONG Survival International. Les députés ont présenté une motion appelant le gouvernement indien à fermer la route illégale qui traverse la réserve des Jarawas. Cette condamnation internationale a contraint le ministre de l’intérieur indien à demander l’ouverture d’une enquête alors que les nombreux appels de Survival dénonçant ces pratiques étaient pour l’instant restés lettres mortes.

Mais les Jarawas ne sont pas les seuls à être menacés par les safaris humains. Cette pratique suscite également des inquiétudes au Pérou où certains voyagistes exploitent les tribus indiennes isolées de la forêt amazonienne. L'augmentation de l'activité économique et touristique dans le parc national du Manu, au Sud-Est du pays, s'est traduite par une multiplication des rencontres avec les Mashco-Piro, une des 15 tribus indiennes du Pérou n'ayant pas de contact régulier avec le monde extérieur (et l'une des 100 dernières dans le monde).

> Article initialement publié chez notre partenaire Kiagi.org. Pour lire la suite, cliquez.

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