Les petits coins nippons…

Les petits coins nippons…

Les petits coins nippons…

Les petits coins nippons…

21 février 2011

Difficile d'être au Japon sans remarquer... les toilettes ! Les lieux d'aisance japonais sont célèbres pour leur gadgétisation. La plupart des toilettes sont, en effet, équipées d'un nombre parfois impressionnant de fonctions. Gaëlle nous raconte son expérience.


La première fois que j’ai eu à utiliser des toilettes publiques, j’ai d’abord été surprise par la propreté qui régnait dans les lieux. Aucune odeur qui ne donne envie de faire demi-tour (comme souvent en France…), aucune marque douteuse sur le sol. D’une manière générale, la propreté dans les lieux publics est surprenante.

Même dans les lieux très fréquentés, rien ne traine, tout est propre. Je pensais à tort qu’elle était due au grand civisme des habitants de ce pays. J’ai pu constater, depuis, qu’elle était bien plus liée au grand nombre de personnes employées au nettoyage. Un papier à peine jeté négligemment sur le sol est aussitôt ramassé par un membre du personnel, qui surgit, armé de sa pelle et son balai. Ils doivent être postés un peu partout, à guetter le moindre débris.

Une fois entrée dans le petit compartiment privé, j’ai fait une découverte fort agréable, dont la valeur ne sera peut-être pas appréciée de la même manière par les hommes et par les femmes. Un crochet. Oui, un crochet, sur la porte, permettant de suspendre son sac (et éventuellement sa veste). Ici, on pourrait manger par-terre ; mais quand même, l’idée de poser son sac sur le sol de toilettes publiques n’est jamais très engageante. Voilà un petit détail fort simple qui, personnellement, me change la vie ! Et jusqu’à présent, je l’ai trouvé dans toutes les toilettes que j’ai visitées.

Un autre aspect qui embellit aussi ma vie : il y a toujours du papier-toilette dans les W.C. publics. Toujours !
En rentrant la première fois dans la petite pièce, un bruit d’eau ruisselant s’est fait entendre suite à un de mes mouvements. Mais qu’est ce que c’est que ça ??? Qu’est-ce que j’ai fait ???
Un dispositif est installé contre le mur, et si l’on passe devant (sa main ou, involontairement ici, une jambe), le ruisseau se met en route. C’est un bruit d’eau destiné à camoufler le bruit de l’urine coulant sur l’émail et "glougloutant" dans l’eau. Hummm… Un bruit d’eau qui ruisselle pour camoufler… un bruit d’eau qui ruisselle ?

Peu importe, l’essentiel est que ce son caractéristique et similaire à toutes les toilettes de l’archipel soit bien identifié par les personnes alentour comme le bruit de la machine et non comme un bruit émanant de notre corps. Il paraît que cela a été mis en place pour convaincre les jeunes femmes d’arrêter de tirer la chasse sans discontinuer lorsqu’elles étaient aux toilettes, pour qu’on "n’entende rien". Les pertes en eau étaient très importantes et ce stratagème électronique a été substitué à la méthode jusque-là utilisée.

Dans la plupart des toilettes, deux choix s’offrent à nous :
– Le japanese style, sorte de W.C. à la turc mais conçus de manière à ce qu’il ne soit pas possible de s’éclabousser. Le réceptacle est creusé dans le sol.
– Le western style, dont le dessin sur la porte nous explique qu’il s’agit de toilettes classiques en France.
Western style ? Really ? Le style occidental s’est vu, quand même, bien arrangé à la sauce nippone, et propose énormément de fonctions inconnues à l’ouest ! Plusieurs jets d’eau sont proposés, mais j’avoue ne jamais avoir essayé. Une amie occidentale a tenté, mais n’a pas voulu exposer son derrière à l’opération inconnue. Prudence est mère de sûreté. Elle a donc appuyé sur le bouton en restant debout, pour observer ce qui allait se passer… et elle s’est retrouvée avec le pantalon trempée. Quand on sort des toilettes, c’est toujours élégant !


La première fois que j’ai utilisé le western style, je suis restée perplexe quelques secondes en cherchant la chasse d’eau. Mais où est-elle ?? Serait-ce ce truc là ? Faut-il pousser ? Allez, je pousse. Psssshittt ! Voilà le sol aspergé d’un liquide transparent sentant fortement le désinfectant. La grande majorité des toilettes est équipée de ce petit produit dont on peut asperger un morceau de papier en tissu pour essuyer et désinfecter la lunette avant de s’y asseoir.

OK, maintenant je le sais. Mais ça ne me dit pas où est la chasse d’eau  ! Cherchons encore. Après quelques secondes d’investigations, je l’ai trouvée. Là encore, il s’agissait d’un dispositif sur le mur, devant lequel il faut passer sa main. Le détecteur de mouvement enclenche la chasse d’eau. Encore fallait-il le savoir !

Aux toilettes en petits chaussons

Une fois l’affaire faite, je sors et vais me laver les mains. Ensuite, je me retourne à la recherche du séchoir. Mais où est le séchoir ? Il n’y en a pas. Cela est très fréquent. Mais comment je fais moi, avec mes mains trempées ? Le mieux est d’observer la population locale et de les imiter. Les Japonais, hommes et femmes, ont presque tous dans leur sac une petite serviette éponge, avec laquelle il s’essuie donc les mains dans cette situation, mais s’éponge aussi en été lorsque la chaleur moite nous fait un peu dégouliner. Je sais désormais que les sèche-mains électriques sont très rares et qu’il vaut mieux être personnellement équipé !

Chez les particuliers ou dans les ryokan (auberge japonaise), les toilettes sont presque toujours à la western style, mais elles ont aussi leur particularité locale : le bec au-dessus du réservoir. Un robinet permet de remplir la chasse vidée, tout en se lavant les mains. Ce petit lavabo en haut des toilettes est très souvent décoré avec des galets, des canards en plastique, des fleurs artificielles… Tout un univers se révèle lorsqu’on visite les toilettes de ses amis.

Certaines toilettes sont même ultra-équipées. La première fois que j’ai utilisé les commodités chez l’un de mes étudiants, j’ai vécu toute une aventure ! D’abord de petits chaussons sont réservés à cette pièce. On n’y rentre pas avec les pantoufles ou les chaussettes avec lesquelles on traine dans le reste de la maison ! On peut d’ailleurs trouver dans les magasins, au rayon entretien et serviettes de toilettes, des petits chaussons sur lesquels sont écrits toilet.

Ensuite, à peine mon séant posé sur la cuvette, le fameux "bruit du ruisseau" se fait entendre. Cela ruisselle dès qu’on s’assoit. A l’inverse, dès que je me relève, le bruit d’eau cesse mais la chasse d’eau se déclenche automatiquement. Si vous n’aviez pas fini de vous essuyer, tant pis pour vous, c’est trop tard !
J’ai ensuite passé de longues minutes à chercher le bouton manuel permettant de retirer un peu d’eau. En vain. Finalement, j’ai fini par décider de feinter la machine en me rasseyant sur la lunette quelques secondes puis en me relevant, pour redéclencher la chasse.
Je ne pensais jamais avoir tant de choses à dire sur des chiottes…

 

Photo page d’accueil : FlickR, CC, Gustty.