Le quiz des pleurs politiques

samedi 15 oct. 2011 | Vincent Le Doeuff et Dorothée Duchemin

Ségolène Royal, meurtrie par une défaite cinglante, nous a tous beaucoup émus le soir du premier tour de la primaire socialiste. La larme politique n’est pas si fréquente ! Encore bouleversé par les sanglots d’un échec cuisant, Citazine a voulu rendre hommage aux pleurs des hommes et femmes politiques. Parce qu’eux aussi ont un petit cœur qui bat, derrière la carapace.

Question 1 :

Né dans un bidonville de Nanterre, je me fais pour la première fois connaître en créant une sorte de communauté, style Kibboutz, dans le Dauphiné pendant l’Occupation. Social chrétien, je fus un temps député juste, après la Seconde Guerre mondiale. Je lutte continuellement contre le mal logement et préconise l’habitat individuel. Autoproclamé « candidat des chiens battus », je m’effondre en larmes pendant une allocution télévisée. Je suis ?

Question 2 :

Mon dieu, quelle horrible journée ! C’était un dimanche noir de 1993. Il était mon mentor, mon pygmalion, le Président Mitterrand. Si j’ai réussi à conserver ma circonscription poitevine, ce ne fut pas le cas pour nombre de mes amis. Mon camp avait perdu les législatives et moi, je m’effondrais, en pleurs, dans les bras de mon mentor, mon pygmalion, mon Président. Je suis ?

Question 3 :

Débat sur le Pacs, des séances d’Assemblée nationale à couteaux tirés, un Premier ministre fatigué exaspéré par l’opposition et surtout par l’une de ses représentantes, moi. « Une députée marginale (…) et outrancière », hurle-t-il dans l’hémicycle. Je fonds en larmes avant de descendre vers l’accusateur, prête à en découdre. Les huissiers me retiennent. Je vitupère alors violemment, à grand renfort de gestes théâtraux, quitte l’hémicycle avant de rejoindre les journalistes dans le couloir. Yeux gonflés et joues rougies. Je suis ?

Question 4 :

Né à Pau en 1553, je reçois une éducation calviniste assez stricte et me lance très vite sur les champs de bataille. Si je fus détesté par la population avant mon règne, j’ai eu une super image par la suite. Car comme le dit la légende, je n'en avais pas moins un cœur d’or et versait une larme à chaque naissance de mes enfants. Quand on sait que j’ai eu dix-huit enfants, dont douze illégitimes… Je suis ?

Question 5 :

Je suis le résident le plus célèbre de l’île de Ré. On m’a senti toujours très amer dans la défaite et j’en ai subi une bien grosse qui m’a fait renoncer à toute vie politique. Mais j’aime bien dire ce que je pense quand même quand on me le demande. Et donc quand je me suis retrouvé devant tous les jeunes du MJS à la Rochelle, je sentais que je la tenais ma rédemption. Alors, pudiquement, je me suis mis à pleurer. Parce que c’est quand même dégueulasse, que je vaux mieux que tous ces guignols qui sont au pouvoir et à la tête du PS. Je suis ?

Question 6 :

Surnommé le Géant Noir, je suis né en 1930 en Rhénanie et me lance très tôt dans une carrière politique. De ce côté du Rhin, on me connaît surtout pour mes aventures romantiques avec François, nous tenant main sur la main dans les prairies de Verdun. Alors c’est très ému, qu’on m’a vu dans la cathédrale Notre-Dame pour les funérailles de François. On a vu un géant pleurer. Je suis ?

Question 7 :

Né à Levallois-Perret, je me lance très vite dans la politique en rejoignant SOS Racisme. Je monte un syndicat CGT à Shopi puis rejoins les rangs de l’extrême gauche. Défenseur des droits de la Palestine, je suis attaqué sur le plateau de Thierry Ardisson par Roger Cukierman qui me traite d’antisémite. Et ça, ça fait mal, (c’est un peu comme recevoir une carte crevaison quand on joue aux Mille Bornes et qu’on est à 950 km), je n’arrive pas à retenir mes larmes. Je suis ?

Question 8 :

Janvier 2008, mémorial de l’Holocauste à Jérusalem, je prédis un accord de paix entre Palestiniens et Israéliens d’ici fin 2008. Une fois de plus, j’avais tort. Une kippa vissée sur la tête, je prononce un discours qui m’a ému pratiquement jusqu’aux larmes. Mais je me souviens que j’avais davantage pleuré le jour où je me suis étouffé avec un Bretzel. Je suis ?

Question 9 :

Ce jour-là, devant la commission des finances en septembre 2008, j’ai réussi à garder mes larmes dans ma gorge. J’avais la voix chevrotante. Mon honneur et mon nom étaient en jeu. Pour être tout à fait sincère, je ne voulais pas non plus qu’on me retire mes 45 millions, au nom du préjudice moral que nous avions subi ma femme et moi dans l’affaire de la vente d’Adidas par le Crédit Lyonnais. Christine Lagarde, non plus, ne voulait pas qu’on me les reprenne. Si une femme de cette trempe le dit… Je suis ?

Question 10 :

C’était en 1994, j’étais l’invité du journal télévisé de Bruno Masure. Il m’a interrogé sur mes réticences à voir défiler l’armée allemande le 14 juillet. Et puis crotte, j’ai répondu sans détour qu’étant lycéen, ça m’avait moyennement plu d’entendre les bottes et les chants des Bosch sous mes fenêtres. Mon langage était bien sûr plus policé. J’étais en tout cas empli de sanglots quand j’ai prononcé le célèbre : « ça m’émeut » avant de poser superbement une main sur ma joue attristée. Je suis ?

 

 

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