Le quiz des films polémiques

samedi 19 nov. 2011 | Dorothée Duchemin et Vincent Le Doeuff

L'Ordre et la morale, dernier film de Mathieu Kassovitz, provoque une vive polémique. Et permet à toute une génération de se souvenir de Bernard Pons, à une autre de le découvrir. Bernard Pons, lui au moins, pourrait remercier le réalisateur. On le croyait tous mort et il a parlé toute la semaine ! « J'étais ministre de l'Outre-Mer au moment des faits. Non, ça ne s'est pas passé comme ça. » Passons. Ce quiz ne porte pas sur la renaissance de Bernard Pons mais sur les films qui ont suscité la polémique à leur sortie en salles.

Question 1 :

Dans la nuit du 22 au 23 octobre, un incendie se déclare dans un cinéma de Saint-Michel, à Paris. L’attentat est revendiqué par un groupe d’intégristes proche de l’Eglise de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Au début de l’enquête, on s’imagine que les motivations étaient dues aux positions un peu trop lascives de Jean Mineur. Que nenni ! C’était pour protester contre la diffusion de quel film ?

Question 2 :

Peut-on critiquer un film que tout le monde a adoré et qui est tellement chouette que même le Président a droit à une diffusion dans son palais pour montrer qu’il est proche du peuple ? C’est ce que s’est demandé Serge Kaganski, figure fondatrice des Inrockuptibles et critique dans la rubrique Cinéma, en beurrant ses cracottes un mardi matin. Le fameux journaliste écrira une critique décrivant ce film comme une carte postale idyllique et pittoresque teintée de lepénisme latent. De quel film parlait-il ? 

Question 3 :

Film tiré d’un bouquin symbolisant à la perfection l’adolescente perverse et séductrice, je fais scandale à ma sortie dans les milieux puritains. Ce qui agace beaucoup le réalisateur qui trouvait qu’il s’était déjà bien autocensuré et qu’on ne l’y reprendrait plus. Je suis ?

Question 4 :

Film critique jusqu’au-boutiste de la société de consommation, je fais scandale au Festival de Cannes de 1973, et me fais copieusement huer. Le gros Noiret répondra aux critiques par « Nous tendions un miroir aux gens et ils n'ont pas aimé se voir dedans. C'est révélateur d'une grande connerie ». Je suis ?

Question 5 :

« Mais que vient faire ce communiste européen ? ». Voilà ce que se disait Bruce, comme nombre de ses compatriotes, un soir dans un bar du Wyoming. Bruce, citoyen lambda choisi au hasard pour les besoins de ce quiz, n’était pas très content qu’un Grec vienne s’amuser à mettre en lumière dans son film, le rôle du gouvernement américain dans le coup d’Etat de Pinochet en 1973. Mais quel est ce film qui agace Bruce ?

Question 6 :

« Je ne vais pas faillir à la réputation. Sachez que si vous ne m'aimez pas, je ne vous aime pas non plus. » Cette phrase prononcée par Maurice Pialat lors du quarantième anniversaire du Festival de Cannes est, depuis, entrée dans la légende. Palme d'or de cette édition, le réalisateur avait reçu sa palme sous les sifflets de nombreux mécontents. Ils voulaient voir gagner Les Ailes du désir, de Wim Wenders. Tant pis pour eux. Avec quel film Pialat a-t-il obtenu la consécration ?

Question 7 :

Ce film a provoqué en 1992 de vives réactions de mécontentements de la part du comité American Arab anti-discrimination. En cause, l'une des chansons du film. Un passage en particulier où il est dit, au sujet des personnes du Moyen-Orient : « ils vous coupent l'oreille s'ils n'aiment pas votre visage ». Après réclamation, les producteurs ont finalement accepté de revoir leur copie : « Où c'est plat et immense et la chaleur est intense », était-il dit cette fois au sujet du Moyen-Orient. De quel film s'agit-il?

Question 8 :

J'ai bénéficié, en l'an 2000, d'un visa d'exploitation classique durant trois petits jours seulement. Ensuite, après la saisie du Conseil d'Etat par l'association d'extrême droite Promouvoir, j'ai été classé X et interdit aux moins de 18 ans pour pornographie et incitation à la violence. Ces déboires ont parfois fait de moi un film culte, pourtant je n'en valais pas tant. Je suis ?

Question 9 :

J'ai réuni du beau monde, sur la croisette, le 21 mai 2010. Sur les pancartes, sous mon titre, « palme du mensonge », pouvait-on lire. Menée par le député UMP Lionnel Luca, la bronca réunit des harkis, des anciens combattants, des paras, des sympathisants du Front national... Pas mal de vieux cons à vrai dire (mais que je respecte, cela va de soi). Entre les racistes et ceux qui ne supportent pas que je présente les activistes du FLN comme des résistants et non des terroristes, même entre eux, c'était la bisbille. Je suis ?

Question 10 :

« J'ai le sentiment d'avoir raconté l'histoire d'un type qui a protégé un juif dans sa cave, en 1943. » Qu'avait osé déclarer mon réalisateur ? Aller comparer les réfugiés, heu non, pardon, les immigrés clandestins afghans de Sangatte aux juifs traqués de la France vichyste ! Insupportable pour le Ministre de l'intérieur, l'inénarrable Éric Besson. De film s'agit-il ?

 

 

 

 

 

 

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