Le code a changé ?

jeudi 3 mai 2012 | Fabien Randanne

Si American Pie 4 reprend tous les ingrédients du teen movie sans vraiment les accommoder à la sauce trentenaire, La Cabane dans les bois s’amuse avec les poncifs et passages obligés du cinéma horrifique.

American Pie 4

American Pie 4 | © Universal Pictures International France

Ils sont devenus adultes. Ou presque. Treize ans après le premier volet, American Pie 4 joue la carte de la réunion d’anciens élèves. Jim, Michelle, Oz, Stifler… aucun ne manque à l’appel. Ils sont mariés, bien installés dans le monde du travail ou ont bourlingué autour de la planète mais ils ont choisi, le temps d’un week-end, de retourner à leurs années lycée. Le scénario ne se soucie guère de se doter d’une réelle progression dramatique, il carbure surtout à la nostalgie et aux autoréférences. Du coup, il s’adresse en priorité à ceux qui goûtent sans rechigner aux gags potaches et bas du front et qui ont gardé quelques souvenirs des American Pie précédents.

Les séquences s’enchaînent avec une logique toute relative en tentant de remplir le cahier des charges attendu (le moment gênant avec le père de Jim, les débordements de Stifler, les filles sexys et la MILF…) tout en offrant à chaque personnage son instant de bravoure. Les seconds rôles d’hier ont aussi droit à leur petit moment sous les projecteurs quitte à les faire apparaître comme un cheveu sur la soupe (ou un poil dans la tarte). Pour la finesse, il faudra bien évidemment repasser. American Pie 4 aurait pu être bien plus consistant s’il avait creusé la piste, qu’il se contente de frôler, de la prise de conscience par les personnages du fait qu’ils ont vieilli. Le film ne s’appesantit pas là-dessus, préférant conclure en suggérant que, peu importe l’âge, on reste toujours un peu le lycéen qui tente d’emballer sa target au cinéma.

La Cabane dans les bois

La cabane dans les bois | © Metropolitan FilmExport

Autant le spectateur dénichera dans American Pie 4 ce qu’il s’imaginait y trouver, autant il ira de surprises en surprises avec La Cabane dans les bois. Le film de Drew Goddard l’installe d’abord dans le cadre familier du slasher movie à tendance survival. Tous les codes du genre sont là : la bande d’étudiants (une blonde aguicheuse, un sportif teubé, l’intello sainte-nitouche…) qui s’apprête à passer un week-end dans une cabane (forcément) isolée, le garagiste redneck un brin sociopathe…

Le public est donc à priori en terrain connu. Sauf que l’étrange scène d’ouverture, montrant deux hommes au look d’expert-comptable discuter autour d’une machine à café, indique que le scénario n’est sans doute pas si prévisible. Ce qui ne tardera pas à être confirmé. Les pièces du puzzle s’assemblent peu à peu emmenant le film là où on ne l’attendait pas. Inutile d’en dire davantage pour ne pas gâcher le scénario coécrit par Drew Goddard et Joss Weddon (réalisateur de The Avengers et papa de Buffy, la chasseuse de vampires). Si les films d’horreur sont votre truc, allez-y sans hésitation ! Les vingt dernières minutes, complètement WTF, sont purement jouissives.

> American Pie 4, réalisé par John Hurwitz et Hayden Schlossberg, Etats-Unis, 2011 (1h54)
> La Cabane dans les bois, réalisé par Drew Goddard, Etats-Unis, 2011 (1h35)

 

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