Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, précieuses archives

dimanche 14 sept. 2014 | Marco Pierrard

Ouvert au public depuis le 10 septembre dernier, le nouveau siège de la fondation Jérôme Seydoux-Pathé expose ses trésors au public. Visite guidée dans les archives cinématographiques de l'entreprise fondée en 1896.

Créée en 2006, la fondation Jérôme Seydoux-Pathé œuvre pour la conservation et la valorisation du patrimoine historique de Pathé, la plus ancienne société de cinéma encore en activité dans le monde, après la Gaumont. En près de 120 ans, l’entreprise a accumulé une somme impressionnante d’archives, héritage de ses diverses activités de production, distribution et exploitation. Affiches, négatifs, photographies… le nouveau siège de la fondation abrite tous ces trésors et les expose au public. Certains d'entre eux en tout cas. 

Un navire retourné

Situé au 73 avenue des Gobelins dans le 13ème arrondissement, le nouveau siège de la fondation Jérôme Seydoux-Pathé, conçu par l’architecte Renzo Piano, impressionne. Le bâtiment de cinq étages, recouvert de 7 000 volets protecteurs opaques vus de l’extérieur mais laissant pénétrer la lumière, fait penser à la coque d’un navire retourné. La structure de 2 200 m², mélange de bois et d’acier, s’élève où se situait l’ancien Théâtre des Gobelins bâti en 1869  et dont subsiste encore aujourd'hui la façade, œuvre d’Auguste Rodin, classée aux monuments historiques.

Maquette du siège de la fondation Jérôme Seydoux-Pathé © photo Marco Pierrard / Citazine

Moteur… action !

Le premier étage de la fondation est réservé à une exposition permanente d’objets cinématographiques : les caméras y côtoient des projecteurs pour offrir un panorama complet retraçant l’évolution de ces appareils commercialisés par Pathé de 1897 aux années 80. Les deux cents machines réjouiront les spécialistes. Les néophytes ne seront pas non plus en reste grâce aux tablettes numériques mises à disposition pour expliquer le fonctionnement de ces vestiges devenus aussi rares que curieux à l’ère du tout numérique.

Exposition caméras fondation Jérôme Seydoux-Pathé © photo Marco Pierrard / Citazine

Une salle de projection consacrée au muet

Le sous-sol de la fondation héberge naturellement une salle de cinéma. Baptisée Charles-Pathé, la salle de projection de 70 places est dédiée au cinéma muet. A gauche de l’écran est installé un piano, présent pour accompagner ces films souvent tombés dans l’oubli. Les quelques extraits projetés lors de l’inauguration ont permis de constater le charme, désuet mais incontestable, que possèdent encore ces pellicules venues d’un autre siècle. Consacrée en priorité aux films muets produits par Pathé, la programmation de la salle prévoit de s’ouvrir à des cycles, des rétrospectives et des cartes blanches confiées à des personnalités du cinéma et à des cinémathèques.

Centre de recherche et de documentation

Situé au dernier étage, sous une coque en verre, l’espace de recherche de la fondation est dédié à l’histoire du cinéma. Mine d’informations pour les historiens, les enseignants et les étudiants, cet open-space, partagé avec les bureaux des salariés de la fondation, est ouvert à tous et permet de consulter sur rendez-vous l’intégralité des fonds Pathé constitués de plus de 4 500 ouvrages et 110 titres de périodiques. Sur le site Internet de la fondation, un moteur de recherche, assez sommaire, permet de consulter en ligne une grande partie des collections et de préparer sa visite au centre de recherche.

Les trésors de Pathé

Pour trouver les archives les plus précieuses de la société Pathé, il faut accéder aux entrailles de la fondation. Dans une pièce à la température et l’humidité contrôlées, sont regroupés plus de 4500 affiches, maquettes et dessins originaux, 500 000 photographies d’exploitation, de plateau et de tournage et plus de 30 000 documents imprimés (catalogues, scénarii, dossiers de presse, synopsis…).

Sur les étagères dorment les livres de comptes centenaires de la société, des archives que le directeur de la fondation lui-même n’ose pas manipuler par peur de les abîmer. Le plus émouvant dans cette salle aux trésors, les boites contenant les négatifs originaux des films produits par Pathé. Un héritage que la fondation préserve et restaure pour le mettre à disposition du public : Les Enfants du Paradis (1945) de Marcel Carné, La Dolce Vita (1960) de Frederico Fellini ou encore Le Guépard (1963) de Luchino Visconti ont ainsi récemment bénéficié d’une restauration et d’une ressortie en DVD et Blu-ray, pour le plus grand bonheur des cinéphiles.

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