En plateau !

lundi 12 sept. 2011 | Dorothée Duchemin

Hollywood, arrêt sur image, une exposition du photographe de plateau Stephen Vaughan, actuellement à la galerie Photo 12. De Blade Runner à Batman, the Dark Night, son nom ne vous dit rien, mais ses photos ont fait le tour du monde. Depuis 1978, il est à la recherche du bon angle.

Batman, Blade Runner, Rain Man, Pirates des Caraïbes pour ne citer qu’eux. Stephen Vaughan est photographe de plateau, sans doute l’un des plus prisés par les studios hollywoodiens, depuis 1978. Habitué à travailler dans l’ombre, le voici sous les projecteurs, depuis le 1er septembre et jusqu’au 22 octobre, à la galerie Photo 12. Une exposition qui se tient en parallèle du Festival du film américain de Deauville où est également exposé l’artiste.

Une première exposition, une dizaine de films et une quarantaine de clichés, pour celui qui a fait ses débuts au cinéma avec Ridley Scott, sur le tournage de Blade Runner, sans doute l’un des films les plus excitants et enthousiasmants des années 80. Sombre, dans une ville futuriste où il pleut continuellement, où le soleil ne se lève pas. Une lumière difficile à travailler mais dont Stephen Vaughan a su tirer le meilleur, en même temps qu’il devenait l’un des meilleurs photographes de cinéma.

Le photographe de plateau immortalise le tournage. Ces images servent pour la promotion du film, le dossier de presse. Entre deux scènes, il capte des moments de relâche, de concentration, de doute parfois. L’une des photos les plus marquantes de l’exposition montre Heath Ledger, acteur génial décédé en 2008, qui a explosé sous les traits du Joker dans Batman, the Dark Night.

Témoin de la cuisine interne de la machine hollywoodienne, il livre une anecdote sur l’affiche de Rain Man qui utilise l’un de ses clichés. Dustin Hoffman, sur la photo originale, se tient à droite de l'image. Ça ne va pas. Hoffman est la star du film, il doit apparaître avec son nom, sur la gauche. On retourne la photo et on a une affiche !

Les coulisses de tournages, que Stephen Vaughan accompagne de courts textes qui expliquent les conditions de prises de vue. Sur un plateau, il passe son temps à s’adapter. Il ne doit pas gêner le tournage, les déplacements, ne doit pas faire de bruit, mais doit, tout de même, faire des photos. Ainsi parvient-il à prendre une photo de Russell Crowe sur le tournage de Master and Commander, suspendu, dans une cage d’acier, à la grue qui portait la caméra. « Au moment où ils ont crié "Action", j’ai su que je n’aurais que quelques secondes pour saisir cet instant où Russell enjambe le canon et avant que la caméra n’entre dans mon champ de vision. »


Sur le tournage de Mr and Mrs Smith, il a dû batailler pour se faire accepter par les cadreurs, preneurs de son et assistants. Tandis que deux caméras tournaient à 360° autour du couple vedette, il a réussi à se déplacer en même temps que le reste de l’équipe et à prendre sa photo.
Réaliser une bonne photo ne consiste évidemment pas seulement à ne pas gêner les autres. Il faut savoir se placer, avoir l’œil pour capter le bon moment, et appuyer sur le déclencheur à l’instant précis où la photo sera réussie. Ainsi, saisit-il le camion qui se retourne dans Batman, à l’instant même où celui-ci se dresse à la perpendiculaire parfaite du sol. En prenant, au passage, des risques non négligeables.

Stephen Vaughan, parfois malgré lui mais le plus souvent volontairement, fait de ses clichés des constructions picturales aux allures de tableaux. Pour exemple, cette photo prise sur le tournage de Master and Commander. « La puissance du mouvement de recul du canon, mes personnages se tenant dans l’ombre, la fumée et le visage éclairé du Capitaine Jack se tenant dans l’escalier, tout contribue à créer un tableau. »  Le portrait de Scarlett Johansson, entre ombre et lumière sur le plateau du prestige, est de ce fait également remarquable.

Les étoiles d’Hollywood font de l’exposition une très belle rêverie de paillettes. Cependant, entre Harrison Ford et Denzel Washington, Stephen Vaughan donne une place aussi importante à des inconnus. Ainsi, des paysans mexicains, photographiés pendant le tournage de Man on Fire, sont également à l’honneur à la galerie Photo 12.

Hoolywood, arrêt sur image, à découvrir jusqu’au 22 octobre à la galerie Photo 12, 14, rue des jardons Saint-Paul, 75004 Paris.
 

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