Défense d’afficher, lauréat du prix France 24-RFI du webdocumentaire

jeudi 6 sept. 2012 | Dorothée Duchemin

Défense d’afficher, entièrement consacré au Street Art, remporte le prix France 24 – RFI du webdocumentaire. Cinq continents, huit artistes dans huit mégalopoles, filmés par huit réalisateurs : au-delà du geste artistique, que nous apprennent-ils du monde et de la société dans laquelle ils vivent ?  

Défense d’afficher est le lauréat le prix du webdocumentaire France 24 – RFI du webdocumantaire. « On ne s’y attendait pas du tout », s'enthousiasme Jeanne Thibord coproductrice et coauteur avec Sidonie Garnier et François Le Gall, de ce webdoc entièrement consacré au street art. Une idée qu'ont eue Jeanne Thibord et Sidonie Garnier, grandes amatrices de graffiti : « On a eu envie de faire ce webdoc parce qu’on aime, durant nos voyages, regarder les murs des villes et découvrir ces villes à travers le Street Art. »

Huit artistes, huit réalisateurs, huit mégalopoles

Il aura fallu deux ans pour mettre en boîte ce parcours de mur en mur, dans le monde entier. Défense d’afficher présente huit artistes, huit réalisateurs et huit villes, Nairobi, New York, Bogota, Turku, Paris, Singapour, Athènes, Sao Paulo. « Puisqu’on on voulait dire ce que le Street Art raconte du monde, il nous fallait travailler avec des artistes qui vivaient tous dans des réalités sociales, économiques, culturelles différentes », explique Jeanne Thibord.

Pallo à Turku | Capture d'écran de Défense d'afficher

À Athènes, Bleeps dénonce sur les murs les ravages du capitalisme et la misère sociale qu’il a engendré.
Dans les rues de Bogota, Bastardilla peint les minorités, ceux qui subissent la dureté d’une ville extrêmement violente, notamment pour les femmes.
À Nairobi, Bankslave veut se réapproprier son quartier, sale et abandonné par les pouvoirs publics.
Meres One se bat pour faire de 5pointz, à New York, le plus vaste atelier légal de street art au monde, dans cette friche industrielle.
À Paris, Ludo détourne les affiches publicitaires des grandes marques et les remplace par les mutants d’une nature qui prend sa revanche.
À Sao Paulo, Alexandre Orion est l’inventeur du reverse graffiti, un dessin obtenu en nettoyant la pollution sur les murs.
à Singapour, où le street art est très sévèrement réprimé, Trase One fait de la résistance civile avec ses pochoirs de skateurs qu’il pose sur les ombres de la ville, à la nuit tombée.
Quant à Pallo, à Turku, Finlande, il traîne derrière lui, avec ses monstres poilus, la dépression de la vieille Europe.

Huit causes, un langage universel

Trouver les huit réalisateurs pour filmer ces huit artistes fut une quête difficile. « On cherchait absolument des gens originaires de la même ville ou au moins du même pays que l’artiste. On voulait que les réalisateurs connaissent les lieux et surtout leurs problématiques », explique Sidonie Garnier. Des artistes, tous des militants, qui ont choisi le street art pour soutenir un engagement, agir.

Bastardilla, à Bogota | Capture d'écran de Défense d'afficher

Tous ont des problématiques différentes. Et pourtant dans les cinq continents, dans ces huit villes du monde entier, l’universalité du street art est très présente ; à travers les outils utilisés, le support qu’est le mur et surtout, cette énergie urbaine et sauvage, le pouls de la ville.

Et la prouesse du webdocu Défense d’afficher est de faire ressentir ce mouvement perpétuel à l’internaute. L’interactivité, les allers-retours propres au format webdocumentaire le permettent. Mais aussi, Défense d’Afficher a été pensé pour ça, pour que l’internaute ressente l’énergie de la ville. « Pour nous, dès le début, il s’agissait d’une immersion dans une ville imaginaire. Nous voulions qu’il découvre cette ville à travers les murs, hors des sentiers touristiques, qu’il soit guidé par le street art », affirme Sidonie Garnier.

Meres One à New York | Capture d'écran de Défense d'afficher

Défense d’afficher est une expérience originale, une déambulation aléatoire dans une ville inconnue. Un parcours intimiste qui parle de street art, mais aussi du monde et des rapports que l’homme entretient avec la ville. « Nous avons choisi ce webdocumentaire sur le street art car il parvient à lier les attraits de la navigation web et l’enquête journalistique. À travers un sujet culturel, les auteurs de Défense d’afficher proposent un regard original sur la société d’aujourd’hui. » a déclaré Guillaume Herbaut, président du jury, à l'annonce du lauréat.

> Défense d’afficher, ce que le Street Art raconte du monde, de Jeanne Thibord, Sidonie Garnier et François Le Gall, une coproduction la Maison du directeur et Camera Talk Productions.
 

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