Comment on a succombé à la folie crossfit

jeudi 4 juin 2015 | Geoffrey Bonnefoy

En janvier dernier, Citazine poussait les portes d’une box de crossfit, une méthode de prépaparation physique intense qui a le vent en poupe. De fil en aiguille, d’haltères en kettlebell, on est devenu franchement accro. Récit.

(cc) Crossfit Fever

Souffrir oui, mais pour la bonne cause. Et le pire, c’est qu’on finit par en redemander. Depuis janvier, Citazine s’est mis à un sport qui a le vent en poupe depuis 5 ans : le crossfit. Une méthode de prépaparation physique très intense qui a déjà séduit les Américains et s’installe petit à petit dans l’hexagone.

Une à deux fois par semaine, on est donc allé en baver dans une box parisienne, une salle de sport au style minimaliste où les machines sont persona non grata. Et pour cause : la machine, c’est vous. A Paris, cinq box se tirent la bourre – on en trouve une cinquantaine dans l’hexagone – dans les 1er, 13e, 15e, 17e et 20e arrondissement. Autant dire qu’il y a (un peu) de choix.

Mais le crossfit, c’est quoi au juste ? C’est un sport, ou du moins une méthode de préparation sportive brandée, puisque "crossfit" est la marque d'une méthode qui mélange plusieurs sports : de l’haltérophilie, de la musculation, des sports d’endurance, un peu de course et un brin de gymnastique. Le crossfit n’est donc pas, et ne sera pas aux JO, et pour cause : ce n’est pas vraiment un sport, mais la combinaison de plusieurs. En revanche, il y a des compétitions aux USA, mais aussi en France.

Pour la partie historique, sachez que le crossfit vient de la west coast américaine, forcément, et a été imaginé par Greg Glassman, un ancien gymnaste, rapporte Libération, dans un (très) long papier que le quotidien a consacré à cette méthode d’entrainement. Greg Glassman a peaufiné sa méthode sportive au fil des décennies à l’exact opposé du bobybuilding. En 2001, il dépose la marque, convaincu du succès qu’elle allait rencontrer. La suite lui donnera raison. En mettant en ligne des tutos et des démos sur Youtube, le crossfit se démocratisera pour arriver, en 2015, à environ 10 millions d’aficionados. Comme le souligne Libé, outre-Atlantique, l’engouement est phénoménal : depuis 5 ans, on compte 50 % de nouveaux adhérents... chaque année.

Le crossfit, l’anti-fitness

Oubliez vos mauvaises expériences des salles de sports bondées, où chacun soulève sa fonte dans son coin et joue à qui aura les plus gros pecs ou les plus gros biceps. Au crossfit, on se la joue collectif dans des cours mixtes où tout le monde sue en même temps et en fonction de son niveau, pendant une heure. Un coup de mou ? Comptez sur vos équipiers pour vous rebooster à coups d’applaudissements et d’encouragements. Et si vous comptiez vraiment vous prélasser quelques secondes, mauvaise idée : les coachs vous ont à l’oeil, toujours partant pour vous remotiver en criant plus fort que tout le monde.

Comme le crossfit est transdisciplinaire, les exercices changent très régulièrement. Conséquence : il n’y a pas d’effet de routine. En outre, les WOD (pour work out of the day) s’enchaînent d’une semaine sur l’autre avec des variantes qui consistent soit à jouer sur le nombre de répétitions de l'exercice (avec plus ou moins de temps de repos), soit sur le poids à soulever, voire les deux. Bref, on oublie l’ennui, on enchaîne les squats et les tractions, les gainages et les soulevés de poids. Le tout en musique, s’il vous plaît, il faut bien motiver les troupes. Outre le heavy metal, très stimulant, la musique classique se révèle tout aussi efficace. Qui l’eut cru ?

Objectif de la séance : souffrir, évidemment, et se dépasser. Car c’est bien un des objectifs du crossfit : trouver ses limites et essayer de les franchir. La seule personne avec qui vous êtes en compétition, c’est vous-même. On redécouvre ainsi le sens du mot "suer", soit transpirer à flots continus et tremper littéralement son t-shirt. A la fin de l’heure, tout le monde se félicite à l'américaine des efforts fournis par une double tape dans la main. Certains trouvent ça surfait, d’autres pensent que ça contribue à renforcer l’esprit très communautaire qui règne dans les box.

Si vous voulez une idée de ce que peut représenter une séance, cette vidéo ci-dessous vous donnera un bon aperçu :

Un effort qui a un coût

Physiquement, après plusieurs mois d’entraînement, l’équilibre et la condition physique s’améliorent nettement, comme la pratique régulière de n’importe quelle sport le fait. A force de tirer ou de soulever des barres, vos mains se font, elles, plus rugueuses et de la corne apparait sur la paume (si, si). La crème hydratante devient alors votre meilleure alliée. Au bout de quelques mois, vous vous mettez même à ressentir une sorte de manque si vous ratez des séances, signe que ça y est, vous êtes accros.

Comme pour tout sport, le crossfit à un prix. Et il est assez onéreux : comptez en moyenne 90 euros par mois, 1.000 balles à l’année. Un ticket d’entrée assez élevé comparé aux salles de fitness low-cost qui se multiplient un peu partout à Paris et ailleurs – où l’abonnement sans engagement est proposé à 25 euros par mois mais, économies obligent, vous font payer la douche 50 centimes les 3 ou 4 minutes (vous avez bien lu). Ces 90 euros trouvent toutefois leur justification dans l’encadrement qui est fait. Du début à la fin de la séance, un coach vous suit, vous soutien, vous motive et/ou vous engueule. L’heure de souffrance est fournie clef en main, vous n’avez qu’à vous exécuter. Prêt à vous lancer ?

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