Comme un homme, les Berling en plein drame

jeudi 16 août 2012 | Etienne Baiffer

 En faisant retomber son intrigue comme un soufflet, le nouveau film de Safy Nebbou ne tient pas toutes ses promesses.

Louis, 16 ans, aide son meilleur ami, Greg, à se venger du renvoi qui le menace en kidnappant leur professeur d’anglais. Ils séquestrent la jeune femme dans une cabane appartenant au père de Louis – qui est aussi le proviseur du lycée. Les deux garçons souhaitent simplement lui faire peur en la retenant prisonnière une nuit. Mais, le lendemain, ils se ravisent et décident de prolonger leur plan.

Les Berling, père et fils. Photo Diaphana Distribution

Cette adaptation de L’Âge bête, roman de Boileau et Narcejac, commence comme un film noir. En transposant l’intrigue dans un cadre contemporain et en tirant partie des possibilités offertes par le décor du marais poitevin, Safy Nebbou (Le cou de la girafe ; L’Empreinte ; L’Autre Dumas…), réussit son entrée en matière. Les scènes d’ouverture fonctionnent sur une économie de dialogues et sur la tension et le mystère trouble qu’elle infuse. Le charme androgyne d’Emile Berling, dans le rôle de Louis, intrigue. Ce personnage d’adolescent taiseux, qui semble ne pas avoir complètement fait le deuil de sa mère et n’arrive pas à communiquer avec son père, est un constant point d’interrogation : jamais on ne comprendra vraiment ce qui le motive à devenir le complice du plan de son ami.

Charles Berling. Photo Diaphana Distribution

Comme un homme dérive peu à peu vers le drame psychologique et débouche sur de l’anecdotique ; l’enlèvement est relégué en périphérie de la trame narrative, le sujet principal du film se révélant être le "mystère Louis" et son rapport au père. C’est Charles Berling qui incarne le paternel. Nebbou ne surexploite pas le réel lien de filiation de ses deux acteurs – et c’est plutôt un bon point que "Berling père et fils réunis à l’écran" n’ait pas été utilisé comme argument marketing – cependant, les échanges entre les père et fils de la fiction ne s’avèrent ni plus intenses, ni plus poignants. Il y a une certaine élégance discrète dans la mise en scène mais cela ne suffit pas à entretenir l’intérêt pour une histoire qui se dilue dans une résolution banale.

> Comme un homme de Safy Nebbou, France / Luxembourg / Belgique, 2011 (1h35)
 

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