"Cold in July", imprévisible bain de sang texan

mercredi 31 déc. 2014 | Marco Pierrard

Intéressant

Richard Dane, paisible père de famille, est entrainé dans un univers de violence et de corruption après avoir abattu un intrus rentré chez lui par effraction. Servi par des acteurs impeccables, ce thriller sans concessions tient en haleine avec une intrigue aux rebondissements étonnants.

Fin des années 80, Richard Dane (Michael C. Hall), responsable d’un magasin d’encadrement, vit paisiblement au Texas avec sa femme et son jeune fils. Une nuit, il surprend un homme entré par effraction dans son domicile et, submergé par le stress, le tue. La police lui apprend que la victime était un délinquant du nom de Freddy Russel et lui assure qu’il ne sera pas inquiété pour son acte ayant agit en légitime défense.

Alors que Richard tente d’oublier cet incident qu’il a du mal à assumer, Ben (Sam Shepard), le père du jeune homme abattu, sort de prison et menace de se venger. Craignant pour lui et sa famille, Richard cherche protection auprès de la police et découvre que l’inspecteur chargé de l’enquête lui a menti sur l’identité de l’homme qu’il a tué. Son destin se retrouve lié à celui de l’inquiétant Ben, ensemble ils vont évoluer dans un monde très violent régit par la corruption et le mensonge.

© Cold in July // BSM Studio / La Cinéfacture – 2014. Tous droits réservés.

Let’s twist… again

Adaptation du roman éponyme de Joe R. Lansdale – à qui l’on devait déjà l’histoire délirante d’un vieil Elvis en maison de retraite en prise avec une momie égyptienne, adapté au cinéma en 2002 dans l’hilarant ovni Bubba Ho-Tep –, Cold in July est un thriller aussi noir que surprenant. Film de genre assumé jouant à fond l’ambiance des années 80 jusque dans sa cinématographie, ce nouveau long métrage du réalisateur Jim Mickle – jusque là habitué aux films d’horreur – part complètement en vrille lorsque Richard découvre que la police lui a menti, le mettant lui et sa famille en danger.

Bien décidé à trouver la raison d’un tel complot, il s’embarque dans une aventure dangereuse aux côtés de Ben, le père de sa supposée victime et Jim Bob (Don Johnson), un détective privé très curieux. Dans une ambiance plombée par des mensonges et des découvertes choquantes, les trois hommes vont explorer leurs propres limites avec en toile de fond le rapport père fils, point commun qui unit Richard et Ben. Se déroulant sur fond de musique électro qui sonne comme un hommage évident aux compositions de Pino Donaggio et Giorgio Moroder, cette virée à l’issue incertaine ne cesse de surprendre et réussit le pari de nous tenir en haleine jusqu’à son dénouement, notamment grâce au talent de ses interprètes.

Et un, et deux, et trois acteurs excellents

Pour son premier film avec des acteurs de renom, le cinéaste a frappé fort en s’entourant de trois valeurs sûres. Révélé dans le rôle de David Fisher dans la mythique série Six Feet Under (2001-2005) et devenu incontournable en incarnant le psychopathe attachant de Dexter (2006-2013), Michael C. Hall confirme tout le bien que l’on peut penser de lui avec ce rôle ambigu d’un père pacifique prêt à tout pour protéger sa famille, dévoilant au passage une part sombre de sa personnalité. Une ambivalence qui va décidemment bien à l’acteur, affublé pour l’occasion d’une coupe mulet – qu’il a lui-même proposé au réalisateur – et d’une petite moustache « so 80’s » qui met tout de suite dans l’ambiance. Renfermé et inquiétant, le mutique Sam Shepard excelle dans le rôle de Ben, mutique compagnon de route à la rage froide et déterminée. L’ex détendu se lance dans une quête dont il est loin d’imaginer les conséquences. Don Johnson complète de façon brillante ce trio qui donne du corps à cette histoire de vengeance et de corruption policière.

Détournant assez vite la menace que Ben fait peser sur la famille de Richard avec une problématique bien plus complexe, le cinéaste réussit un thriller d’une efficacité redoutable qui arrive à tenir sur la longueur, relancé constamment par de nombreux rebondissements. Sombre, froid et radical, Cold in July se vit comme un cauchemar sans fin où chaque nouvelle rencontre apporte son lot de mauvaises surprises, une virée éprouvante avec un réveil forcément difficile.

Cold in July, réalisé par Jim Mickle, États-Unis - France, 2014 (1h49)

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